Affaire Albioma : Maryse Etzol ne désarmera pas

Rubrique : Ze Niouz

La maire de Grand-Bourg de Marie-Galante et présidente de la Communauté des Communes est engagée dans un bras de fer de haut vol avec la Préfecture, Albioma et la multinationale La Martiniquaise. Malgré de nombreuses tentatives de déstabilisation, Maryse Etzol continue un travail d’information auprès des planteurs et ne compte pas s’écarter de sa ligne directrice. Pas de centrale thermique brûlant sans discontinuer du bois à Marie-Galante.

Ti Journal : Il y a dix jours, une partie des planteurs Marie-Galantais se mobilisait contre votre blocage du projet Albioma. Où en est-on actuellement ?

Maryse Etzol : Rien n’a bougé. En revanche, les planteurs comprennent de mieux en mieux l’escroquerie et la manipulation dont ils sont victimes. J’ai encore fait partir un courrier demandant au Préfet de libérer la somme 1,6 million dévolue à la sucrerie de manière à ce que la récolte commence dans les temps. Rien ne s’oppose à son démarrage à la date qui a été décidée. Entre temps, Maxette Grisoni, présidente de la fédération départementale des syndicats des exploitants agricoles (FDSEA) a assisté à Marie-Galante à l’une de nos réunions publiques pour dire aux planteurs de ne pas faire l’amalgame entre la récolte et le projet de centrale thermique. Elle a été soutenue par Félix Combes, président des jeunes agriculteurs qui a demandé aux planteurs de ne pas faire le jeu des sucriers. La récolte doit commencer et rien ne s’y oppose.

T.J. : En 2012, et vous l’avez dit, le projet tel qu’on vous l’avait présenté avait séduit les élus de la communauté des communes. Pouvez-vous préciser ce qui a changé entre temps ?

M.E. : En 2012, le président Selbonne président de la CCMG a acté une convention de 2012 à 2015 pour une centrale thermique adossée à l’usine sucrière utilisant une bagasse locale et, en cas de pénurie, un recours à de la biomasse. Il n’a pas été question, d’une usine sucrière surdimensionnée telle qu’elle est présentée actuellement, et encore moins, qu’elle importe 85% de ses besoins en biomasse. Le projet était à la base une centrale thermique pour faire tourner la sucrerie.

T.J. : Et on en est aujourd’hui à une centrale thermique qui pourrait revendre de l’électricité à la Guadeloupe. Pourquoi ce revirement de stratégie ?

M.E. : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que 2017 signe la fin des quotas sucriers. L’Union Européenne a donné un délai de dix ans, pour réorganiser la filière de façon à avoir une revalorisation des produits de la canne et une diversification agricole pour permettre de compenser le manque à gagner que va entraîner l’entrée en concurrence de leur sucre avec des sucres produits ailleurs par de gros producteurs et vendu moins cher. Donc, dans ce laps de temps, les sucriers se sont réorganisés.

Le seul sucrier exploitant de tous les DOM-TOM, c’est Jean-Pierre Cayard. Il est le PDG de la COFEPP plus connue sous le nom du groupe La Martiniquaise, dont la filiale à Marie-Galante s’appelle SRMG. Ce monsieur a organisé sa fin des quotas car il a adossé à toutes ses sucreries une unité de centrale thermique capable de revendre de l’électricité. Sa reconversion est donc assurée. Celle des planteurs, en revanche, ne l’est pas du tout.

Ces gens n’ont rien prévu sur les petits planteurs et je le dénonce fortement. Sans les subventions qui leur sont allouées et un sucre revendu moins cher, les petits planteurs vont se retrouver face à des sucriers qui font dire que cela ne rapporte plus et vont leur annoncer qu’ils se reconvertissent en vendeur d’électricité. Et nos petits planteurs qui nous ont fait confiance, vont se retrouver avec de la canne sur pied qui ne sera pas écoulée, car ces messieurs les industriels ne seront plus intéressés par le sucre, noyé dans le sucre mondial. Ils avait depuis 2006 à faire une chose et une seule : protéger le sucre des Antilles, en demandant, comme la Réunion, une Identification Géographique Protégée (IGP) et ils ne l’ont pas fait, car ils ne cherchent qu’à s’enrichir. A tel point que le propriétaire de la Martiniquaise est un actionnaire d’Albioma, à hauteur de 5% pour le national et 30% pour chacune des filiales des DOM. On comprend dès lors pourquoi il a dit ne plus vouloir assumer l’électricité des usines de canne.

T.J. : Une partie de la stratégie d’Albioma repose sur la mise en valeur du développement durable. Pourtant ils proposent un projet qui fait exploser la facture carbone de l’usine. Comment l’expliquez-vous ?

M.E. : Soyons clairs. Ce n’est pas seulement la facture carbone de l’usine qui explose. Mais celle de Marie-Galante. Et, il n’est pas question, à l’heure de la COP22, qui impose à tous les territoires insulaires d’être autonome à 100% d’ici 2030 et de limiter l’émission de CO2, que j’accepte un projet dont l’ambition et de brûler du bois 24h/24 et 7j/7. Pensez donc. Ce bois fait déjà souffrir les forêts de l’Amérique du Sud et du Canada, mais il faudra encore le mettre sur un bateau qui fonctionne au fioul pour le faire arriver à Marie-Galante. Il sera déversé dans des camions qui vont l’emmener jusqu’à l’usine, pour brûler toute l’année quand on sait que la centrale émettra des particules qui pollueront l’air dans un rayon de 98km. Partout où on place la centrale, c’est tout l’air de l’île qui est pollué. J’ai le choix de dire non et je le fais. L’Etat qui a autorisé l’épandage et donné des dérogations pour le chlordécone a déjà pollué notre terre et nos eaux. Avec les élus de Marie-Galante, je protégerai notre air. De plus, je dois présenter bientôt à Malte, le projet de Marie-Galante qui servira de pilote aux énergies renouvelables, validé par Ségolène Royal et profondément exemplaire.

T.J. : Que répond Albioma face à votre refus et vos exigences ?

M.E. : J’ai reçu M. Blanchard d’Albioma et je lui ai demandé de revoir sa copie pour répondre aux exigences de la loi française de limitation des énergies fossiles. Et il a refusé de le faire, en présence des élus, et s’est justifié en disant que son objectif est de vendre de l’électricité à la Guadeloupe et de faire entrer de l’argent pour ses actionnaires. Je lui ai donc répondu, qu’en effet, nous n’avions pas les mêmes intérêts.

En tout cas, le dossier est désormais entre les mains du cabinet de Ségolène Royal qui doit reprendre contact avec nous et trancher. Je lui ai présenté de nouveau le dossier, car les lobbys des sucriers avaient présenté un projet reposant entièrement sur la bagasse pour une usine tournant toute l’année, alors même que la récolte est saisonnière. Entre temps nous ne céderons ni au chantage de la préfecture qui avait fait pression en annonçant que le Ministère de l’Environnement avait tranché, ce qui était faux, ni aux sucriers. Rien n’empêche non plus au préfet de verser l’argent à la sucrerie, 1,9 million, acté depuis 2012 dans la convention et absolument pas remise en question.

Virage à 90° pour Marie-Galante

Rubrique : Analyse et décryptage

Autonomie alimentaire, autonomie énergétique, nouvelle filière vinicole… ce projet Compagnie nationale du Rhône pour Marie-Galante n’en fini pas de nous surprendre.

Dans le cadre du programme opérationnel des fonds européens, Marie-Galante bénéficie depuis 2014 d’un investissement territorial intégré (ITI) c’est à dire la possibilité d’obtenir des financements européens pour développer son territoire et tout particulièrement en matière de développement durable. C’est ainsi que la Grande Galette a répondu à l’appel à projet « Démonstrateurs industriels pour la ville durable » et a été retenue. Celui-ci viendrait remplacer le projet Albioma, dont la convention, selon la présidente de la communauté de communes Maryse Etzol, a expiré en décembre 2015. Ce projet pilote devrait être un modèle de savoir-faire européen dans la Caraïbe… rien de moins.

Dans cette initiative, quatre partenaires : la communauté de communes de Marie-Galante, Vinci construction, la compagnie nationale du Rhône (CNR) et le cabinet Maryse Coppet. Et s’il inclut la création d’une centrale de production électrique à base de biomasse, ce projet inclut des ambitions pas forcément réalistes comme atteindre 100% d’autonomie énergétique, d’ici 2020 ! Par ailleurs, il s’accompagnera d’une dimension nautique visant à développer un port de plaisance et de pêche. Pour répondre à cette évolution une hôtellerie de taille moyenne sera soutenue en même temps que le concept « tourisme durable à la ferme ». Dans cet esprit, le projet prévoit de créer un vignoble marie-galantais et même en faire une nouvelle filière agricole. La demande de plantations sera déposée début mars est-il écrit dans le projet. Le projet vise à terme l’autonomie alimentaire de l’île.

L’ensemble de ces projets ne pourra être lancé que si une zone franche de l’innovation est créée à Marie-Galante et qu’une assistance technique de l’Etat est assurée. Rien n’est moins sur.

Un bâtisseur de savoir

Rubrique : Grands Bâtisseurs

Jacques Portecop a beaucoup oeuvré pour son pays mais toujours discrètement, sans effets de manche.

Né en 1940, à Grand-Bourg de Marie-Galante, il effectue ses études supérieures de biologie à l’Université de Bordeaux où il obtient successivement une licence et un DESS en 1962, puis un doctorat de 3ème cycle en Phytobiologie Agro-Sylvicole en 1964. Enfin, c’est à l’Université scientifique et médicale de Grenoble qu’il décroche son Doctorat d’Etat en 1978. Mais sa carrière universitaire débute effectivement, à Bordeaux en 1964 comme assistant délégué, puis à Grenoble comme collaborateur technique jusqu’en 1967. Elle se prolonge en Martinique comme VAT puis assistant au CESS de Fort-de-France. En 1969, il est nommé maître-assistant au CUAG en Guadeloupe, puis professeur à l’UAG en 1984. Il y enseigne la biologie et la physiologie végétales ainsi que l’écologie, du premier cycle jusqu’au troisième.

Devenu Professeur Honoraire de Biologie et d’Ecologie Végétales de l’Université des Antilles et de la Guyane, dont il sera un moment le président, et également docteur en phytobiologie, il fut l’un des premiers botanistes locaux. A ce titre, il a naturellement toute la sympathie du Docteur Henry Joseph dont il a été le professeur de botanique à l’université et a beaucoup influencé les choix de l’étudiant qu’il était alors. « Il m’a accueilli dans son laboratoire et m’a formé ». Passionné du patrimoine floristique local, le conservatoire botanique a décidé d’honorer ce pionnier, en 2015. Car sans jamais avoir fait de politique, comme il aime le dire en plaisantant, sa démarche professionnelle l’a amenée à rencontrer des personnalités comme le président cubain de l’époque Fidel Castro et de nombreux scientifiques de grande renommée. Le chercheur, autant universitaire qu’homme de terrain, est arrivé à un niveau de compétence internationale dans le domaine de la biologie. Néanmoins, c’est bien en Guadeloupe qu’il a souhaité travailler et développer ses investigations pour ensuite les partager avec les enseignants ou encore avec les aînés en transmettant sa connaissance des savoirs sur les plantes traditionnelles entre autres.

Son parcours a fait de lui le premier président du Parc national de Guadeloupe entre 1989 et 2002. Des fonctions dont il s’est servi pour que l’Unesco reconnaisse la Guadeloupe comme patrimoine de l’humanité du fait de sa biosphère exceptionnelle et unique dans l’ensemble des Petites Antilles. C’est un membre fondateur du conservatoire botanique des îles de Guadeloupe et un membre actif de l’Aplamedarom qui organise chaque année le colloque international des plantes aromatiques et médicinales. Il a naturellement rédigé de nombreuses cartes sur la végétation et autant d’ouvrages notamment sur les arbres des Antilles, sur la mangrove, les plantes alimentaires ou encore les fruits. En 2015, il change de genre en publiant sa biographie sous le titre « BILL ou le parcours d’un Marie-Galantais » aux éditions Nestor. Il y raconte son parcours, souvent avec humour, mais fait part aussi de son analyse sur de nombreux sujets de vie de notre époque.

Inlassablement avec le même enthousiasme, Jacques Portecop continue à diffuser son savoir, pour que chacun comprenne pourquoi protéger notre biodiversité, c’est protéger notre avenir.

Deux poids deux mesures ?

Rubrique : Gwo kamo

Les élections de la CCI sont annulées, toutefois l’équipe en place se maintiendra dans ses fonctions car elle saisit la cour d’appel de Bordeaux. La contre-attaque est légitime. Ce qui pose interrogation, c’est de comprendre pourquoi le T.A. de la Réunion le 19 janvier 2017 a rejeté une demande d’annulation des élections de la Chambre au motif que la parité n’était pas respectée. On a du mal à imaginer que d’un océan à un autre la législation nationale diffère à ce point. Le T.A. de la Réunion s’appuie sur un texte de loi : « …le principe de parité qui s’applique aux élections des membres des chambres de commerce et d’Industrie de région n’est pas applicable à l’élection des membres de la CCI de la Réunion qui est une CCI Territoriale… ». Comme celle de la Guadeloupe en principe…

Pourquoi ici, le T.A. a pris une position diamétralement opposée ? Alors que le préfet de Guadeloupe, en octobre 2016, confirmait par écrit que la Chambre Consulaire Territoriale, n’était pas soumise à la parité pour ses élections. Et… qu’en est-il pour la Martinique et la Guyane ?

Ras le filet pour les marins-pêcheurs

Rubrique : Gwo kamo

Certains sont tout simplement pris à la gorge, menacés de saisie sur leur outil de travail. Certes tous n’ont pas déclaré, d’autres l’ont fait en obtenant des dérogations, et il y aussi ces professionnels lourdement endettés. C’était bien l’enjeu de la réunion qui s’est tenue à Paris en octobre dernier où notamment l’URSSAF s’était engagée à lever les blocages sur les comptes bancaires et à vérifier chaque dossier au cas par cas en partenariat avec les comités des pêches. Mais c’est bien connu les promesses n’engagent que ceux qui y croient et rien n’a changé au cours de ces six derniers mois. De guerre lasse, mardi les marins pêcheurs sont descendus dans la rue avant d’obtenir un rendez-vous la semaine prochaine avec le préfet de région.

Une association pour la cause des femmes

Rubrique : Gwo kamo

L’association Solidarité Femmes de Guadeloupe vient d’être créée à Basse-Terre. Sa vocation est de venir en soutien aux femmes qui rencontrent des difficultés tant sur leur lieu professionnel qu’au sein de leur famille. L’association propose de les accompagner, de les conseiller et de les soutenir pendant ces moments souvent d’isolement. Tous les membres du bureau ont une connaissance particulière dans l’accompagnement social, notamment envers ce public spécifique.

Pour toute personne souhaitant des renseignements
Tél : 06 90 98 66 98

Une sclérose en plaque ? Super !

Rubrique : Incroyable

Depuis près d’un mois, le gouvernement américain, son leader en tête, s’est profondément impliqué dans une enfilade de perles, toutes plus magiques les unes que les autres.

A ce petit jeu, c’est le sénateur Ted Cruz qui vient de décrocher la timbale ! Invité sur le plateau de « fake news » CNN, il était chargé de débattre de l’Obamacare face à Bernie Sanders. Confronté au public, il a eu quelques paroles maladroites envers une américaine, atteinte de sclérose en plaque. En effet, le sénateur Cruz la félicité pour vivre avec cette maladie. C’est un véritable tollé qui a suivi sur les réseaux sociaux. Alors oui, on comprend l’idée, mais alors Bonjour la formulation. Et ça s’enchaîne comme ça depuis trois semaines.

Bonne année touristique pour la Martinique

Rubrique : Dans le reste du monde

Selon les chiffres rapportés par le Caribbean Journal et sourcés de la Caribbean Tourism Organization, la Martinique relève la plus forte croissance touristique de la région avec 6,6% de visites en plus en 2016 par rapport à 2015.

En données brutes, le pourcentage représente l’arrivée de quelques 519 304 touristes sur l’année 2016. C’est l’une des plus fortes progressions de l’année. Un résultat dû à des partenariats gagnants avec la Norwegian Airlines et American Airlines, ainsi qu’à l’installation de nouveaux commerces à des lieux stratégiques. La Caribbean Tourism Organization a salué une stratégie qui a fini par payer notamment, en ciblant plus précisément le marché du tourisme américain qui continue de grandir quand d’autres – et notamment le marché européen – est en inflexion voire stagnation.

Les banlieues françaises en ébullition

Rubrique : Dans le reste du monde

Eh ben oui, fatalement, quand on « casse du noir » à Aulnay-Sous-Bois, il ne faut pas s’attendre en contrepartie à un après-midi dinette.

Depuis l’arrestation et le viol de Théo, plusieurs nuits de violences et d’émeutes ont été à déplorer en région parisienne. Pour éviter les dérives de 2005 déclenchées par la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, l’exécutif français a tout de suite tenu à marquer sa désapprobation. A l’occasion d’un déplacement à Aubervilliers mardi 14 février dernier, François Hollande a tenu à rappeler la nécessité du « respect » envers les jeunes. Toutefois, le chef de l’Etat a dit ne pas accepter les dérives, la casse et les provocations. Malgré ses prises de position, la colère ne semble pas baisser dans les banlieues, d’autant que les témoignages, visant particulièrement un des mis en examen dans l’affaire Théo, commencent à affluer.

Le troublant assassinat du frère de Kim-Jong-Un

Rubrique : Dans le reste du monde

Grosse semaine pour le dirigeant Coréen Kim-Jong-Un.

D’abord, ses essais de tir balistiques dans la mer du Japon réussis et ensuite l’assassinat mystérieux de son demi-frère Kim-Jong-Nam. En effet, le demi-frère du chef d’Etat, tombé en disgrâce en 2001 pour avoir tenté d’entrer illégalement au Japon pour visiter Disneyland, était en cavale depuis. Basé essentiellement sur le territoire chinois de Macao, l’homme, partisan de réformes lourdes pour la Corée du Nord et opposé à la succession dynastique du pouvoir se déplaçait régulièrement dans toute l’Asie du Sud-Est. Et c’est à l’aéroport de Kuala Lumpur en Malaisie qu’il aurait été empoisonné par deux femmes encore recherchées par la police malaisienne. Kim-Jong-Nam est décédé à l’hôpital de Kuala Lumpur. Il n’aura pas survécu à sa seconde tentative d’assassinat.

Sécurité Routière a changé de stratégie

Rubrique : La vidéo de la semaine

Pour cette nouvelle campagne publicitaire, la Sécurité Routière a changé de stratégie, abandonnant les images choc pour des mots.

Et ce sont les gendarmes qui sont en première ligne, sur le terrain, comme dans la nouvelle vidéo de la Sécurité Routière.

Sécurité Routière : les gendarmes ont la parole
Cette dernière a en effet voulu donner la parole aux professionnels confrontés aux accidents de la route, et aux procédures qui suivent ces drames. Fini les images-chocs et les slogans ravageurs. Place aux mots. Dans cette nouvelle vidéo, les forces de l’ordre expliquent comment elles vont annoncer le décès d’un proche à sa famille, après un accident meurtrier. Séquence émotion garantie.

Cette vidéo, ou plutôt ce court-métrage, a été réalisée par Jean-Xavier de Lestrade. Il donne la parole à quatre gendarmes d’Ile-de-France. Le choix des mots, les sensations, le refus de voir la réalité du décès d’un parent, les cris, les larmes. Tout y est. Ces professionnels de la Sécurité Routière semblent marqués à tout jamais par ce qu’ils racontent face à la caméra. Ce film sera diffusé jusqu’au 28 février prochains, sur grands écrans.

Le changement de banque devient plus facile

Rubrique : Le saviez-vous ?

Les formalités qui accompagnent un changement d’établissement bancaire ne seront plus un cauchemar.

La mise en vigueur du mandat de mobilité bancaire, une des dispositions de la loi Macron, réduit le changement à une autorisation, un RIB, mais surtout zéro frais bancaires. Cela signifie qu’après avoir choisi son nouvel établissement, il faut lui donner un mandat qui va l’autoriser à se renseigner auprès de votre ancienne banque pour récupérer toutes les données (prélèvements et virements) inhérents à votre compte courant. Dès lors, c’est lui qui se charge d’avertir vos débiteurs et créditeurs du changement de domiciliation. De même, un relevé précis des opérations en cours permet au client de suivre leur déroulement et de prévenir d’éventuelles difficultés. De leur côté, les créditeurs et débiteurs doivent confirmer que les changements ont bien été notés et tout cela dans un délai maximum de 22 jours. En revanche, ces nouvelles dispositions ne concernent pas les comptes épargne qui restent soumis à des règles plus strictes. Si le client désire que son compte épargne migre aussi vers la nouvelle enseigne, il lui revient de faire toutes les formalités nécessaires au changement, qui, elles peuvent parfois exiger des frais bancaires. D’autres part, certains virements ou prélèvements ne sont pas pris en compte et le client doit retourner aux démarches antérieures pour les prévenir du changement.

Quelques bouts du monde sur les hauts de Saint-Félix

Rubrique : Non classé/Socius

Les auberges de jeunesse sont les arrêts privilégiés des voyageurs en recherche d’un endroit pas cher où dormir. Elles sont très répandues en Europe – elles sont même inhérente à la culture du voyage chez les jeunes – mais ce n’est pas une coutume très familière dans la Caraïbe. Mais voilà, en Guadeloupe, dans un petit coin de Saint-Félix, un village fait de la résistance.

Accessible, tout en étant nichée dans un petit coin de paradis, E Gwada Hostel est une auberge de jeunesse très fréquentée. La seule de l’île, son aventure commence il y a cinq ans au moment où le propriétaire décide d’accueillir chez lui des étudiants Erasmus. « Nous étions à Labrousse dans un premier temps. Il organisait avec eux des excursions pour leur montrer la Guadeloupe dans une bonne ambiance. Une fois les étudiants rentrés chez eux, la machine du « bouche à oreille » a fonctionné, et ils ont voulu amener leurs amis. La demande étant là, la structure n’existant pas, l’ayant vu à l’œuvre en Europe, il a compris qu’un espace comme celui-ci manquait dans le pays. » explique Alexis, employé à l’auberge. L’établissement a donc migré à de nombreuses reprises pour finir par s’établir dans une grande maison, située en haut du morne de Saint-Félix.

Bouillon de culture
Revisitée pour offrir plusieurs espaces communs et plusieurs chambres, elle est aménagée avec une majorité de dortoirs et quelques chambres doubles. « Au début, nous avions fait le pari de mettre quelques chambres doubles ou triples pour les groupes ou d’autres types de voyageurs. Mais nous nous sommes rendus compte que la clientèle que nous attirions alors n’était pas la bonne. » En effet, ici pas de service à l’étage, ou de service de chambre, ou de commodités qu’on pourrait attendre dans des hôtels. Les chambres sont faites pour dormir et la maison est conçue pour que la vie en commun. « Il n’y a pas d’âge limite pour venir en auberge de jeunesse, mais il faut avoir l’esprit ouvert et être capable de grimper une échelle pour dormir sur un lit de dortoir. » L’idée est de pouvoir connecter les voyageurs pour qu’ils mettent en commun leur découverte de l’île. « Beaucoup de nos clients arrivent et ne connaissent personne. Mais au bout de trois jours, de petits groupes se forment, en fonction des affinités, et ils visitent et louent des voitures ensemble. C’est super de voir ça. » Pas facile de créer une osmose quand plusieurs nationalités se croisent et que la barrière de langues s’impose.

Suisses, Suédois, Français, Allemands, Américains, Canadiens, Belges, Italiens et parfois même Japonais doivent trouver un moyen de cohabiter. « Nous sommes très proches d’eux, en tant que personnel de l’auberge. Nous organisons des dîners, des jeux. Nous avons une table de billard. Le soir, il y a toujours des petits débats entre les pensionnaires. C’est comme accueillir des amis chez soi » termine Coralie, membre du personnel. La stratégie est payante, car si les premiers moments sont difficiles, une vraie alchimie finit par s’installer entre les clients.

Des profils divers
Elle est d’autant plus magique, que les profils qui se rejoignent sont complètement différents. Gerardo est italien, travailleur saisonnier. Il travaille huit mois dans l’année et passe les quatre autres à voyager. Allergique au froid et à la neige, alors même qu’il travaille dans des stations de montagne, c’est un véritable chasseur de soleil. Son arrivée en Guadeloupe a été motivée par la curiosité et les retours enchanteurs de sa patronne belge. « Je suis ici depuis deux semaines déjà. L’accueil est vraiment génial, on se parle, on a fait la fête dès le premier soir. C’est un peu plus calme maintenant, mais à mon arrivée il y avait même des Chinois. C’est cool, on s’adapte aux autres, on en apprend plus sur leur vie. » Gerardo connaît bien le système des auberges. L’année dernière, il a passé une partie de ses quatre mois de vacances à parcourir l’Amérique centrale. « Je changeais d’auberge tous les deux ou trois jours. Mais ici, c’est la meilleure que j’ai faite aussi pour la langue car on s’adapte mieux. Et les gens sont super chaleureux, ce n’est pas juste rentrer pour dormir. »

A côté de lui, Renaldo, un Suisse qui a atterri à l’auberge un peu par hasard. « J’arrive d’Espagne et j’ai fait pas mal de petites îles de la Caraïbe en bateau. Je suis arrivé ici, j’ai marché, rencontré quelqu’un qui ne pouvait pas m’accueillir pour la nuit, mais qui connaissait l’auberge. Et après avoir fait du stop et marché j’ai débarqué ici et ils m’ont fait une place. » Pour l’instant Renaldo partage son temps entre la mer et l’observation des pratiques culturelles et religieuse. C’est l’un des débatteurs les plus féroces de l’auberge. En général ses voyageurs n’ont aucune idée de leur prochaine étape. Libres d’aller où le vent les emporte, l’auberge est un petit refuge dans le tumulte des aventures en backpacking.

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