Pourquoi la Guadeloupe a choisi et choisira Macron

Rubrique : Ze Niouz

Emmanuel Macron, le vainqueur du premier tour au national, arrive aussi en tête des suffrages en Guadeloupe avec un score de 30,22% avec une abstention record. Le candidat a su résister à la montée de Jean-Luc Mélenchon (24,29%) et à la surprise Le Pen (13,51%).

La Guadeloupe a donc bien attaché ses baskets et vérifié ses rations, pour partir en marche avec Emmanuel Macron. D’ailleurs, peut-être pas toute la Guadeloupe, mais quelques-unes des 126 652 bonnes âmes qui ont trouvé utile de se déplacer jusqu’à leur bureau de vote dimanche dernier.

Pour d’abord parler de l’éléphant qui se tient au milieu de la pièce, l’abstention, généralement forte pour les élections présidentielles en Outre-mer, a cette fois atteint un niveau record. 53% dans tout l’outre-mer, et 59,96% en Guadeloupe. La faute à une campagne présidentielle morne…sauf dans le cas d’Emmanuel Macron, pour lequel les membres de la majorité régionale ont très rapidement pris parti. « Les électeurs Guadeloupéens ont pu rapidement identifier les soutiens locaux de Macron, dès sa visite officielle. Ensuite, en annonçant son soutien officiel, Ary Chalus a aussi facilité la visibilité de ce candidat avec la politique locale. » analyse Charles François, expert-comptable et membre de comité de soutien d’Emmanuel Macron. Pour autant, ses soutiens ne se sont pas épuisés dans une campagne de terrain, avec une forte sensibilisation des électeurs.

Dans l’ensemble, la Région s’est bien gardée de prendre part aux différentes polémiques qui ont éclaté outre-Atlantique et n’a pas pris le risque de commenter publiquement les sorties et les stratégies d’Emmanuel Macron. Un soutien donc, mais un soutien mou et attentiste. « C’est ici, à mon sens, que se trouve la nuance. Les soutiens politiques de Macron ne se sont pas saisis de la volonté de renouvellement impulsée dans son programme. Il n’y a pas de renouvellement des têtes dans l’organisation politique de sa campagne. » Le renouvellement, lui, se trouvait du côté des soutiens de Jean-Luc Mélenchon. Au local, le candidat a su séduire les 25-40 ans et aurait pu constituer un danger pour Emmanuel Macron. Mais sa visite officielle, en décembre dernier était déjà loin dans les mémoires et les soutiens locaux, essentiellement actifs sur les réseaux sociaux, n’ont pas su relayer les raisons profondes de sa qualification en tant que candidat décisif, préférant suivre la stratégie des médias nationaux qui l’ont présenté comme le vote utile. « Mélenchon a une approche de campagne purement programmatique. Plus de partage, de justice sociale, des valeurs sur lesquelles ses relais – qu’on a eu du mal à identifier – n’ont pas assez insisté, il n’y a pas eu de dynamique claire. » déplore Charles François. Même constat du côté du PS, avec un passage éclair de Benoît Hamon en Guadeloupe et des soutiens, eux aussi discrets voire pas réellement convaincus.

Un second tour joué ?
Au national, Emmanuel Macron ne disposera pas du boulevard dont ses soutiens semblent déjà le gratifier. Dans son discours d’après résultats, le candidat avait déjà les accents d’un gagnant de second tour, or, Marine Le Pen, a déjà suffisamment démontré qu’il fallait être bien naïf pour la sous-estimer et sous-estimer son électorat traditionnel, et l’électorat qui la rejoindra pour finir d’enterrer les partis traditionnels. « Il faut bien comprendre que la population française donne une dernière chance à la politique française de lui construire le mieux-vivre auquel elle aspire. Sinon ce sera une catastrophe, car Marine Le Pen à tout à fait touché et analysé les raisons du mal-être des Français. » conclut Charles François. Au local, en revanche, le second tour est joué d’avance. Malgré un score historique dans les DOM, et en Guadeloupe, on peut espérer que les soutiens politiques locaux fassent le job du fameux vieillissant front républicain. Les soutiens locaux de Marine Le Pen, privé de visite officielle et encore en structuration ne sont pas encore assez solides pour aller battre campagne dans un pays où la personnification politique joue un rôle prépondérant. Comme pour le premier tour, la candidate peut bénéficier de sa campagne dans les médias et les réseaux sociaux pour avoir les oreilles locales. Mais peut-on parier que ce soit suffisant ? Le second tour s’annonce donc aussi dépassionné que le premier et risque fortement de se conclure sur un choix de raison.

La poussée de Marine Le Pen

Rubrique : Non mais, oh !

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle n’ont pas permis de briser le silence assourdissant de la sphère politique Guadeloupéenne.

Et on peut le comprendre. Eux, qui se contentent, d’habitude de surfer sur la tendance nationale, les voilà bien embêtés. En effet, si l’exécutif régional s’est prononcé très tôt en faveur d’Emmanuel Macron, cela ne le rassure pas pour autant sur la forme que va prendre, ce qu’ils considèrent comme les vraies élections importantes, les législatives. De l’autre côté, ils ont une Marine Le Pen, dont les soutiens sont faibles au local, mais qui ne rassure pas vraiment sur la manière dont on peut manœuvrer aux législatives. Donc, les bouches sont fermées et les neurones surchauffent. Mais il est important tout de même de lire les chiffres. Marine Le Pen, qui, ne peut poser un orteil en Guadeloupe, a réalisé le score historique de 13,51% des suffrages exprimés. C’est un bond de près de 10 points par rapport à l’élection présidentielle de 2012, où elle réunissait à peine 4%. Les chiffres ont aussi permis de confirmer, en Guadeloupe, les villes bastions du FN. Mais pour autant, peut-on estampiller ces votes et à ses villes le sceau du racisme et de la xénophobie ? Bien sûr que non. Ce résultat montre tout simplement, que, pour les Guadeloupéens, Marine Le Pen est admise comme étant une solution alternative préférable – à défaut d’être complètement voulue – à l’effondrement des partis traditionnels et au flou artistique Macroniste. C’est d’autant plus fort que la candidate FN n’a pas pu faire compagne au local. On peut imaginer que l’électorat s’est tout simplement appuyé sur le relais qui a été fait de ses visites dans les autres départements d’outre-mer. Dans un horizon politique où toutes les cartes ont été redistribuées et où Jean-Luc Mélenchon est hors course. Marine Le Pen fait office de constante dans le brouillard et de Nostradamus de café face à un UMPS agonisant ou moribond.

La Guadeloupe entre eaux « marines » et terres macronistes

Rubrique : Analyse et décryptage

Quelle différence entre le binôme Lurel/Hollande en 2012 et celui de Chalus/Macron pour ces élections ? Aucune. Tous les deux surfent sur la dynamique de la victoire, et comme Lurel, Chalus pourrait être gratifié d’une mission ministérielle pour avoir été le porte-parole officiel du candidat Emmanuel Macron, à une époque où il n’était pas encore en pole position dans les sondages, et lui avoir permis d’arriver en tête dans le seul département français d’Amérique à l’issue du 1er tour.

A cela s’associe plus qu’un certain voisinage socialisant de programme du candidat Macron avec celui de Hollande en 2012. Selon nos confrères du Monde, près de 40 % de ses propositions sont des « copier-coller » ou des prolongements des promesses de campagne formulées par le président socialiste, il y a cinq ans.

Des socialistes qui ont perdu leur superbe devant la « gifle » des résultats. Le P.S. et ses élus sympathisants qui avaient la main mise sur de plus de la moitié des communes de notre archipel ne réalise que 9,95% se plaçant ainsi en 5ème position, derrière le Front National. C’est une défaite personnelle pour le premier secrétaire Hilaire Brudey et l’homme fort du PS, Victorin Lurel qui déclarait dans le Progrès Social du 17 décembre : « Je prendrais toute ma part aux côtés de Manuel Valls » avant de rallier déontologiquement le vainqueur des primaires de son parti. Autre enseignement à tirer du scrutin, c’est le flair politique d’Ary Chalus et du GUSR en ralliant Macron à l’aune de l’échéance présidentielle.

Enfin, il est bon de noter les divergences de comportement chez les électeurs et notamment ceux de l’hyper-insularité, des extrémités géographiques et des zones oubliées : à Terre-de-Haut, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin c’est Fillon qui arrive en tête. Marine le Pen elle, cartonne à Saint-Anne, Saint-François, à la Désirade, Saint-Louis, Anse-Bertrand ou encore le Moule. L’étroitesse du territoire démultiplie les effets de la crise et du système, et on peut y voir un rejet de l’Europe notamment de la part des marins pêcheurs.

Rien d’étonnant donc que l’extrême droite ait dominé le PS et qu’elle ait fait jeu égal avec la droite traditionnelle, une hypothèse qui se serait avérée surréaliste il n’y a pas bien longtemps ! Le F. N. est désormais banalisé chez nous. Mais pas seulement en Guadeloupe, car si Marine Le Pen avec 13,51% fait son meilleur score jamais obtenu localement, elle est la grande gagnante du 1er tour dans les Outre-mer (21,9%) devant Mélanchon (20,8%), Fillon (20,7%), et Macron (20,4%). Pourtant c’est vers ce dernier que les soutiens se portent et pas de manière innocente puisque se profilent à l’horizon les législatives et le parrainage (porteur de voix) du mouvement en Marche.

Le MEDEF fait de la politique sans en faire

Rubrique : Gwo kamo

Même si officiellement, un mouvement comme le MEDEF doit être apolitique, selon son délégué général, Dominique Vian, il ne peut faire fi des grands bouleversements politiques du pays. « L’Union des entreprises se veut citoyenne et donc appréhende les réalités sociales, économiques et humaines et reste attentive au comportement des électeurs ». D’ailleurs tous les MEDEF des outremers avaient, avant le premier tour, remis un projet à chacun des candidats dans l’attente de celui qui en tirerait le meilleur parti. Aux instituts de sondage de fournir cependant des éléments de réponse sur les choix opérés par les petits, moyens et grands patrons

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Solidarité pour la Guyane

Rubrique : Gwo kamo

La semaine dernière, au centre Rémy Nainsouta, se réunissait un collectif de mouvements anticolonialistes : KLNG, CIPPA, PCG, UPLG, CIPN, Alliance pour la Guadeloupe, autour du thème « Solidarité pour la Guyane ». Deux présences inattendues ce soir-là, celle de l’UDI (Union des démocrates et des Indépendants) venue lire un communiqué de soutien et le maire de Sainte-Anne Christian Baptiste !

Mathieu Bastareaud : un trois-quarts centre sans équivalent

Rubrique : Grands Bâtisseurs

Mathieu Bastareaud est né en 1988, dans une famille de 4 enfants. Ses parents sont l’un et l’autre guadeloupéens mais lui a grandi à Créteil, en banlieue parisienne. Il s’est formé au Rugby Créteil-Choisy. Il évolue ensuite au RC Massy Essonne.

Mathieu Bastareaud est un cas à part dans le rugby français. Un physique hors norme, une puissance ravageuse, un trois-quarts centre sans équivalent. À la fin de la saison 2006-2007, il signe un contrat avec le stade français Paris pour l’année suivante. À l’occasion de la tournée estivale 2007 en Nouvelle-Zélande, il est appelé par Bernard Laporte, à seulement 18 ans, sans avoir jamais disputé un match de championnat professionnel. Blessé au genou, il est contraint de déclarer forfait.

Il n’est pas retenu pour la coupe du monde 2007 et joue environ la moitié des matchs du Stade français lors de la saison 2007-2008 au poste de centre. L’année suivante, il est titulaire en club et participe au match France-Galles lors du tournoi des six nations 2009 en remplacement de Maxime Mermoz, blessé. Sa prestation lui permet d’être à nouveau titulaire pour le match suivant contre l’Angleterre. Il est sélectionné pour la tournée d’été 2009 en Nouvelle-Zélande et en Australie. Il est remplaçant à Wellington mais n’entre pas en jeu. Le lendemain, il prétend avoir été agressé dans la nuit par des Néo-Zélandais et rentre en France, avant de revenir sur ses accusations. L’affaire prend une tournure politique, alors que le rugbyman est hospitalisé pour de « graves troubles psychologiques ».

En 2010, il fait son retour en équipe de France en remportant le Tournoi des six nations 2010 y compris le Grand chelem, le premier de sa carrière. Il marque même deux essais lors du premier match face à l’Ecosse. Pourtant l’international Français évoluant au poste de centre n’est pas sélectionné pour la tournée d’automne 2010 ni pour le Tournoi des six nations, ni pour la Coupe du Monde. Il ne fait pas non plus partie des 33 joueurs sélectionnés pour la tournée d’automne 2012. Il revient pour le Tournoi 2013 et il est retenu pour la tournée de juin en Nouvelle-Zélande

En 2015, Mathieu Bastareaud comptait 39 sélections avec l’équipe de France et avait participé à cinq Tournois des Six Nations en 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015. Ce début d’année 2017 a été éprouvant pour le trois quart centre international toulonnais, car victime d’une commotion cérébrale lors de la 18e journée de Top 14 qui l’oblige à rester éloigné des terrains. Il vient juste de reprendre l’entrainement.

En 2015, Mathieu Bastareaud écrit sa biographie. On y découvre qu’il adore le foot puisqu’il est un supporter assidu du PSG, le Skate-board et les vêtements, il dévore les Mangas et est plutôt doué pour la décoration. Très proche des jeunes, il est le parrain de la section sportive rugby du collège Georges Braque de Paris qui a vu éclore de nombreux joueurs professionnels et internationaux. il conserve des liens très forts avec la Guadeloupe où il va régulièrement pour soutenir des actions de solidarité et se ressourcer…Il est également le cousin du footballeur William Gallas, autre sportif talentueux venu des Antilles.

Un attentat pour éviter une rupture

Rubrique : Incroyable

La défense de l’honneur d’un homme peut mener sur des chemins étonnants.

Ainsi, un jeune indien s’est arrangé pour envoyer à la police un mail d’alerte sur une possibilité d’attentat dans plusieurs aéroports du Sud de l’Inde. Son plan, faire annuler les vols et bloquer les aéroports de façon à éviter des vacances en couple avec sa compagne rencontrée sur Internet et résidant dans une autre ville. Un peu court financièrement, l’homme n’a pourtant pas su refuser la proposition de sa douce de partir en vacances à Mumbaï, de peur de salir son honneur. Il était tellement plus simple de fabriquer de faux billets d’avion et de planifier une fausse menace d’attentat.

Le Baha Mar enfin inauguré

Rubrique : Dans le reste du monde

Qu’elle aura été longue et problématique, la construction de ce méga complexe hôtelier aux Bahamas.

Un feuilleton à plusieurs entrées dont le moment fort aura été la mise en liquidation du projet par son premier promoteur, avant d’être repris par un consortium chinois entré en négociation avec le gouvernement Bahaméen peu disposé à voir échouer un projet de plusieurs milliards de dollars portant des milliers d’emplois pour les Bahaméens. Mais la tempête s’achève sur l’inauguration, cette semaine, d’un des complexes hôteliers les plus luxueux au monde. Les réservations pour les 800 chambres pourront commencer dès ce vendredi. Graeme Davis, le président du complexe, a déclaré travailler intensément au retour en grâce de la structure auprès des partenaires et des vacanciers affectés par le retard de livraison. Pour cela il peut compter sur les compétences de ses 1 600 employés, en majorité Bahaméens.

La droite et la gauche pansent leurs plaies

Rubrique : Dans le reste du monde

Les mois de campagne l’avaient clairement présagé, mais la sanction du premier tour le dit plus clairement.

Pour les partis traditionnels de droite et de gauche, l’heure est à la remise en question. Si Fillon a regretté ne pas « avoir réussi à convaincre » les électeurs, Alain Juppé, lui, préconise de revoir la ligne politique du parti. « L’enjeu est de savoir si demain, il y aura à droite, une composante libérale et européenne qui pourra peser pleinement de son poids. Voilà l’enjeu de cette rénovation. » a-t-il déclaré. A gauche, Manuel Valls, se montre beaucoup plus critique et estime que l’heure est à la clarification. Cependant, il ne s’est pas gêné pour rejeter « la campagne d’extrême-gauche menée par Benoît Hamon » et l’attitude des « responsables gouvernementaux qui n’ont pas pu donner leur avis » avant le 1er tour. Si la droite, ne peut pas envisager de soutenir pleinement le Front National. Le PS, quant à lui, n’hésite pas à roder délibérément autour de la structure En Marche d’Emmanuel Macron, avec, en ligne de mire, les élections législatives.

Le président chinois recadre Donald Trump

Rubrique : Dans le reste du monde

Maintenant que l’on sait que la montée en tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord n’était que la manifestation d’un duel de coq, Xi Jinping, le président de la Chine, a appelé, au cours d’un entretien téléphonique, Donald Trump à faire preuve d’un peu plus de retenue quant à ses actions dans la péninsule coréenne.

Il a estimé que la dénucléarisation de la péninsule passait par une prise de responsabilité de tous les acteurs. Washington compte beaucoup sur le poids économique de la Chine sur la Corée du Nord pour peser dans les négociations. Mais Pékin, nie cette influence et ramène, systématiquement dos à dos les deux pays.

1er tour des élections, François Hollande oublie de prendre un bulletin … celui de Benoît Hamon

Rubrique : La vidéo de la semaine

L’image circule depuis dimanche, 10 heures: celle du président Hollande n’entrant dans son isoloir à Tulle qu’avec cinq bulletins de vote en main à l’occasion du premier tour de la Présidentielle.

Rien d’original, ni d’illégal en soin puisque le code électoral n’oblige pas à prendre tous les bulletins de vote. Arrêt sur images : on aperçoit l’assesseur du bureau de vote glisser un mot à l’oreille du président, qui revient sur ses pas pour prendre le dernier des cinq bulletins. L’animateur TV d’Il en pense quoi Camille? sur C8, Camille Combal, s’est demandé quel était donc le bulletin récupéré in extremis par le chef de l’Etat.

Après enquête sur l’ordre des piles de bulletins à l’entrée des bureaux de vote et décryptage du code électoral avec ses équipes, le présentateur développe: « Il (François Hollande, NDLR) rentre dans le bureau de vote (…) Il se saisit de celui-là, celui-là c’est Jean-Luc Mélenchon. Il prend le bulletin. Juste à côté, Jean Lassalle. Il prend le bulletin. Emmanuel Macron, regardez, sans hésitation, il se jette dessus. Après, il prend Nicolas Dupont-Aignan. Et regardez, il manque d’oublier. Il fait ‘Ah ouais, ah j’ai failli oublier, il est où lui ?’. Ah je vais quand même le prendre Benoît Hamon, le candidat du Parti socialiste, et après il part dans l’isoloir faire son devoir de citoyen. »

L’histoire ne nous dit pas lequel de ces cinq bulletins aura été glissé dans l’enveloppe du président.

Des perturbateurs endocriniens interdits détectés chez les enfants

Rubrique : Le saviez-vous ?

Un nouveau pavé dans la marre pour le magazine 60 millions de consommateurs. Il a publié le 20 avril dernier une longue enquête qui dévoile une liste de perturbateurs endocriniens découverts dans les cheveux d’enfants âgés de 10 à 15 ans.

Une nouvelle d’autant plus inquiétante que ces produits sont interdits en France depuis 30 ans. L’étude a été menée avec une stricte méthodologie. Les mèches de cheveux de 43 enfants et adolescents répartis sur tout le territoire Français et dans tous types d’agglomérations, ont été donnés, pour analyse à un laboratoire indépendant. Il devait tenter d’y déceler les substances tenues sur une liste de 254 produits et substances « répertoriés comme des perturbateurs endocriniens potentiels ou avérés. » Il s’avère qu’en moyenne 32 molécules issus de ces produits interdits ont été découvertes dans les différentes mèches. Certaines contenaient même plus de 54 molécules différentes. Un résultat qui permet au magazine d’avancer que la majorité des jeunes Français, si ce n’est la totalité, est contaminée par ces produits. Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui influencent fortement, voire, dérèglent la croissance des enfants et des nourrissons. Il a été démontré il y a quelques années, qu’ils pourraient être une des raisons des pubertés très précoces ou des problèmes de croissance chez les enfants. Leur présence dans les cheveux d’enfants si jeunes, montre bien qu’en dépit des interdictions, ils restent utilisés par certains industriels. Le magazine 60 millions de consommateurs a demandé au gouvernement, et aux candidats en lice pour l’élection présidentielle de prendre des mesures drastiques rapidement pour enrayer la contamination.

Excellente couverture vaccinale pour la Guadeloupe

Rubrique : Socius

Jusqu’au 29 avril prochain, les professionnels de santé feront, avec leurs patients, le point sur leur protection vaccinale dans le cadre de la semaine européenne de la vaccination. Mais les premières études révèlent déjà que les Guadeloupéens prennent la chose très au sérieux.

Les résultats d’une étude menée par l’Observation régional de la santé en Guadeloupe (ORSAG) ont montré que la couverture vaccinale chez les jeunes jusqu’à 14 ans s’établissait à 98%. Un chiffre dont les professionnels de santé se sont félicités. « C’est un excellent résultat pour la couverture vaccinale régionale. C’est aussi extrêmement rassurant car pour qu’une maladie cesse de se répandre, il faut que 95% de la population soit vaccinée. » explique le docteur Mathilde Merlin, médecin inspecteur de santé publique. En revanche, chez les adultes, où le suivi est plus complexe, les données sont moins précises et les professionnels estiment que, sans être catastrophiques, les chiffres sont moins bons, notamment pour le vaccin de la grippe.

C’est pour continuer la sensibilisation et le travail de pédagogie, que, cette semaine, les médecins mais aussi les pharmaciens sont appelés à faire vivre la semaine de la vaccination. Cela se structure par des actions d’information et d’explication, mais aussi des consultations pour vérifier les carnets de santé et voir quels vaccins sont à jour et méritent un rappel.

Il s’agit aussi de rappeler le principe du vaccin dont la légitimité a été mise à mal sur le plan national et international ces dernières années. « Il suffit tout simplement d’expliquer aux gens que le vaccin permet de mettre en contact l’organisme avec une forme extrêmement atténuée de la maladie afin de permettre au système immunitaire de fabriquer des défenses contre le virus. Ainsi, quand il rencontre sa forme virulente, il a déjà les armes pour la contrer. » continue le Dr. Merlin. Certains vaccins sont obligatoires et d’autres conseillés. Mais, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’obligation légale pour un vaccin que sa prise n’est pas importante. « Nous avons été agréablement surpris par le taux de couverture du BCG – vaccin contre la tuberculose – qui n’est plus obligatoire, mais qui est pourtant assez bien admis par la population. » Une attitude prudente, qui résulte des bienfaits des anciennes campagnes de santé mises en œuvre sur le territoire il y a une cinquantaine d’années, puis, plus récemment dans les années 90.

Une vigilance constante
Le système médical Français porte une attention particulière à la couverture vaccinale de l’ensemble de la population. Ce travail est géré – entre autres – par les médecins sentinelles qui ont mis en place une procédure d’alerte. Elle leur permet de veiller à toute résurgence de maladies déjà vaincues par les vaccins.

C’est un peu la même attention que les médecins traitants réclament des patients. « Il faut rester vigilant tout au long de la vie. Les schémas conseillés ont évolué. C’est important de faire le point régulièrement avec le médecin traitant, garder son carnet de santé ou en créer un sur internet. On peut y noter les derniers vaccins et avoir un calendrier qui programme les prochains rappels. » préconise Mathilde Merlin. La vaccination s’effectue à des âges clés, 25, 45 et 65 ans puis, tous les 10 ans car le système devient un peu moins performant. Et c’est justement sur cette tranche d’âge que la prévention devient importante. Le vaccin contre la grippe, fondamental pour protéger les plus de 60 ans n’est pas toujours bien appréhendé et souffre encore de mauvaise presse. « Nous continuons de le demander, mais on sent bien les réticences des patients malgré les explications. » Pour rappel, peu de vaccins sont obligatoires. Seul le DTP (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite) est un passage obligé pour les enfants avec un rappel dès 18 mois au national, mais en Guadeloupe plus communément vers 24 mois, un peu tard donc au goût des professionnels de santé.

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