Un groupe ultramarin à l’assemblée, ça peut marcher ?

Rubrique : Ze Niouz

Grâce à une campagne d’une redoutable efficacité, Olivier Serva, candidat Ekô Zabym, s’impose assez largement dans la 1ère circonscription, devant Rozan Rauzduel, candidat de la FRAPP. L’une des idées phare d’Olivier Serva, la création d’un groupe d’influence composé de tous les parlementaires ultramarins.

L’idée presque novatrice mais intéressante. Elle ouvre même un débat, dans cette morne campagne que nous ont offert les organisations politiques locales. Le député La République En Marche (LREM), entend fédérer dans un groupe, tous les parlementaires ultramarins, de manière à structurer plus clairement leur présence à la fois au sein de l’Hémicycle, mais aussi dans les différentes commissions chargées de l’examen des lois. En bon tacticien, et avec tout le pragmatisme du monde, Olivier Serva propose donc la constitution d’un groupe d’influence – pas forcément bien vu à l’Assemblée, bien qu’on joue sans cesse avec les lignes – de manière à rassembler les actions souvent diffuses et dispersées des députés ultramarins.

L’idée découle d’une analyse assez fine du mouvement En Marche et de la recomposition du paysage politique national. Jusque-là, le désordre relatif de l’Assemblée Nationale a joué en faveur des députés ultramarins, qui jonglaient volontiers avec les espaces pour influer sur les dossiers qui les intéressaient. Avec Macron, ces espaces sont réduits à peau de chagrin, le PS n’existe plus, et les autres forces politiques sont bien trop occupées à réorganiser leur propre action pour aller s’occuper des intérêts ultramarins. Pour avancer, il faudra donc se coordonner et offrir une voix unique et plus audible à la majorité présidentielle. L’idée est si bonne qu’elle avait déjà été lancée par les sénateurs Antoine Karam et George Patient, sans récolter l’intérêt qu’elle mérite. Olivier Serva et les députés élus sous la bannière LREM, ont désormais la légitimité politique (toute relative cependant) de proposer ce type d’alliance.

Plusieurs barrières
La première est d’ordre légale. Dans son règlement, l’Assemblée Nationale ne tolère pas l’existence de groupe d’influences locales défendant des intérêts particuliers. Elle reste avant tout le lieu principal de siège de groupes politiques et pas de lobbies territoriaux. Pas question pour ce groupe, s’il se crée, de dicter des consignes de vote sur les projets de loi. Chacun devra continuer de voter en son âme et conscience, et selon les intérêts de la loi pour son territoire. Et c’est bien la limite principale. Bien que pas aussi formalisées, les anciennes alliances ultramarines ont déjà produit leur lot de couteaux dans le dos. On l’a vu notamment entre Victorin Lurel et Serge Letchimy sur le dossier du cyclotron et de l’Université des Antilles.

Si cette alliance ultramarine se confirme trans-partisane, il faudra pourtant envisager qu’elle soit gérée par une couleur politique particulière, dans l’espoir de lui donner une nécessaire discipline. Voilà près de 60 ans que les députés suivent le vent et s’accommodent de ses revirements pour pousser des lois ou des dispositifs permettant de développer leurs territoires. Il suffit de prendre le cas des Départements Français d’Amérique, pour comprendre que ce groupe aura fort à faire en la matière. La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, ont évolué de manière complètement différente. Leurs enjeux de développement économiques et sociaux et l’impact des lois sur leur territoire ne sont pas à considérer de manière unique et globale. En fonction des lois qui leur arriveront et de celles qu’ils auront à proposer, les députés ont donc un certain nombre d’amendements, de retenues et d’intérêts à faire valoir, qui ne seront pas les mêmes et c’est encore plus vrai si les consignes arrivent directement du territoire. Comment résister à la tentation séparatiste pour aller défendre son bout de gras ?

La puissance de résistance et de résonnance du groupe est aussi prometteuse que son potentiel de désorganisation est fort. D’autre part, qui pour en prendre la tête ? Seule chance, la dynamique du mouvement En Marche qui a fait émerger de nouvelles têtes politiques, des députés néophytes dont le pouvoir de nuisance par l’ancrage dans la politique locale est moindre. Là où Serva a indubitablement raison, c’est qu’il va falloir s’organiser pour exister et exiger. L’heure bénie du duo tolérant et compatissant Hollande/Royale est tout à fait révolue.

La triste retraite de Bruno Masure

Rubrique : Non mais, oh !

Embusqué dans les recoins tortueux de Twitter, Bruno Masure a déjà fait bien des victimes. Grinçant et ultra critique, il ne se gêne pas pour donner son avis, mais la saveur de cet avis n’est jamais si puissance que quand elle s’accompagne de l’égratignure d’une attaque personnelle.

Dimanche, l’officialisation des résultats des législatives dans l’Outre-Mer lui a donné l’occasion de sortir son fiel dans un tweet incisif « 70% d’abstentionnistes, mais 100% ravis de profiter des aides publiques de l’Etat. » Aaaahh, le bon vieil argument de l’assistanat. Cinq ans de paix sous le quinquennat Hollande nous l’aurait presque fait oublier. Mais c’était sans compter le mépris facile et l’ennui qui doit engloutir la retraite journalistique de cette ancienne égérie du 20 heures. Et pourtant, en France, avec près de 56,6% d’abstentionnistes, il y avait de quoi faire, il y avait de la critique à profusion, avec la possibilité d’une argumentation, mais les choix dictés par la raison, ce n’est pas la tasse de thé de Bruno. Non, il est plus savoureux d’aller chasser sur les terres du racisme et du mépris envers ces Français de l’exception. Alors, parce que c’est son rôle, et parce que depuis plusieurs années, qu’on l’apprécie ou pas, Patrick Karam s’échine à remettre les choses en place, le président d’honneur du Crefom, a rappelé à un homme qui ne le lira certainement pas, un panel des données qui prouvent que l’assistanat n’existe que dans l’esprit dérangé des mélancoliques de l’époque des colonies. Mais comment raisonner celui qui favorise l’ambiance sulfureuse des réseaux sociaux, à la paix et le calme d’un livre ou deux ?

La surprise Bénin

Rubrique : Analyse et décryptage

On la savait capable de déplacer des montagnes… elle l’a fait en remportant le poste de député de la 2ème circonscription avec une large avance face au tandem Perran /Carabin.

Dès le 1er tour Justine Bénin, (divers gauche), a quadrillé le terrain en arrivant en tête, avec 22,58% des suffrages contre 18,78% pour la saintannaise Diana Perran (GUSR) et seulement 14% pour le Républicain, maire de Saint-François, Laurent Bernier. Quant à Warren Chingan qui avait entre autres le soutien de Christian Baptiste maire de Sainte-Anne, il n’obtient que 12,36% des votes. Des scores somme toute peu révélateurs des envies de la population locale puisque 75% des inscrits se sont abstenus d’aller voter.

La plus déçue à l’issue de ce premier tour, fut sans nul doute le maire du Moule, colistière de Diana Perran. En fin stratège de la politique, elle n’avait annoncé sa présence qu’au dernier moment, brouillant ainsi les cartes et obligeant certains comme Christian Baptiste a retiré son soutien à Sophie Péroumal mais cela n’a pas suffit et Carabin n’a pu que constater, pour la première fois, un désintérêt. Un test grandeur nature qui jette les bases pour les élections municipales futures.

Entre les deux tours, chaque camp « porte manœuvre » et le fait que Warren Chingan ne donne aucune consigne de vote a naturellement profité à Justine Bénin. Mais c’est avant tout sa façon d’être qui lui a été profitable. C’est une femme de terrain. Elle a battu campagne, avec ses amis, sur les autres communes (Anse-Bertrand, la Désirade, le Gosier, Petit Canal, Port-Louis, Saint-François et Sainte-Anne). A la fois séductrice, théâtrale, convaincante, rebelle et lucide, elle a été formée à la bonne école par le mentor de ses débuts, Gabrielle Louis Carabin. Mais alors que depuis des mois, la guerre est déclarée entre les deux femmes, Justine a gardé la même stratégie de communication : jamais dénigrer celle qui lui a mis le pied à l’étrier. Pour ceux qui connaissent les coulisses de la petite histoire, ils ne peuvent qu’admirer son self contrôle, et pour le quidam n’a pu que la trouver « fair-play » face à l’adversité. Il suffit d’ajouter à cette alchimie un fort soutien de l’électorat féminin, jeune car elle-même n’a que 42 ans, ce qui lui permet de dire de manière crédible qu’elle souhaite incarner une nouvelle donne politique en s’appuyant sur ses dix années d’expérience en politique, sans faux pas.

Mais au delà de ce choix, Justine Bénin et sa colistière Ghylaine Jeanne avait quand même fort à faire avec Diana Perran soutenue par les tenors comme Ary Chalus, président de Région, Guy Losbar, président du GUSR, et Catherine Barbaroux, présidente du mouvement la République en Marche. Justine Bénin aurait pu se sentir abandonnée sans aucun de ces « grands » à ses côtés, mais pas du tout. Confiante et déterminée, elle s’en est remise aux électeurs et elle a eu raison en creusant l’écart au deuxième tour : 64,26% contre 35,74%. Elle arrive en tête dans toutes les communes sauf à la Désirade… un boulevard pour 2020 ?

Marc Vizy, futur ambassadeur de France au Togo

Rubrique : Gwo kamo

Marc Vizy dont nous parlions dans cette rubrique, dans le numéro 103, ancien directeur général des services de la collectivité régionale de Guadeloupe, de 2004 à 2012, avant de devenir conseiller spécial pour l’outre-Mer à l’Elysée, en 2012 aurait été nommé ambassadeur de France au Togo, à Lomé, avant le départ de François Hollande. Il devrait prendre ses fonctions en septembre prochain.

Nouvel organigramme régional : tout est légal

Rubrique : Grands Bâtisseurs

Le nouvel organigramme de la Région continue à faire jaser avec son lot de mécontents. Certes il n’est pas toujours justifié de déplacer un chef de service actif, à son poste depuis des années, apprécié de ses agents. Mais ce n’était pas l’objectif de ce redéploiement. D’ailleurs Ary Chalus s’est entouré de toutes les précautions nécessaires pour faire que cette opération débouche sur une meilleure organisation. Pour se faire, il a fait commandé un bilan de compétence pour tous ceux qui occupaient des postes d’encadrement. Il a publié les postes à pourvoir au centre de gestion comme l’impose la loi et a étudié objectivement les demandes d’autres agents. A telle enseigne qu’un membre de l’ancienne équipe du cabinet de Lurel, placé au CCEE avant son départ par souci de protection, a postulé sur l’un de ces postes à pourvoir et l’a obtenu. A l’inverse, à l’issue du bilan de compétence et d’une audition individuelle de tous les concernés, plusieurs agents se sont vus déplacer vers des fonctions probablement mieux adaptées à leur parcours et leur compétence. Et pour ceux qui n’auraient pas bien pris la chose, une cellule psychologique a été mise en place pour les recevoir. Juridiquement inattaquable, d’ailleurs aucun syndicat n’est monté au créneau.

Victorin Lurel et Georges Cléry sont re-brouillés

Rubrique : Gwo kamo

Lors des dernières élections municipales, à Vieux-Habitants, Georges Cléry, alors battu (placé deux mandatures plus tôt par Victorin Lurel dans ce fauteuil), s’était vu reprocher publiquement par celui-ci ses maladresses en management et son manque de pugnacité à conserver la mairie. Une déclaration qui avait entraîné une première brouille entre les deux hommes. Cette fracture vient de monter d’un cran à l’occasion des dernières législatives. Lurel soutenant Hélène Vainqueur-Christophe et Cléry, Hugues-Philippe Ramdini. L’avènement de ce divorce entre deux camardes socialistes fait les gorges chaudes des Abyssois. Jules Otto, ex-secrétaire général du P S, lui aussi à une époque pas si lointaine, en divorce avec Lurel, doit doucement rigoler.

L’affaire Gillot en appel à Fort-de-France le 29 juin

Rubrique : Gwo kamo

Le sénateur, ancien président du Département, avait saisi le tribunal correctionnel de Basse-Terre après la parution d’un tract en décembre 2013 de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC). Celui-ci évoquait  le non respect des lois par Jacques Gillot et notamment un « emploi fictif au bénéfice d’un ami » ou encore « la prise illégale d’intérêts ». Le président porte plainte contre quatre syndicalistes pour diffamation. En février 2015, le tribunal revient sur l’appréciation du caractère diffamant ou non des éléments contenus dans le tract. Six critères sont examinés comme l’atteinte à l’honneur ou la considération et la mauvaise foi. Pour le juge, les propos tenus par les syndicalistes pourraient avoir un caractère diffamant s’ils ne fournissaient pas la preuve de ce qu’ils avancent : « Ils s’inscrivent dans un contexte syndical dont l’objectif est d’alerter sur le fonctionnement de la collectivité territoriale avec loyauté et rigueur, même si parfois ils peuvent paraître excessifs ou satiriques, mais n’est- ce pas une forme de liberté d’expression qui enrichit le débat démocratique dans l’intérêt public général ».

La citation en diffamation de Jacques Gillot est donc déclarée irrecevable et les prévenus sont relaxés, au pénal. Mais cette même plainte est aussi portée au civil et Claude Guillot, ex responsable de la CFTC, doit comparaître le 29 juin prochain au tribunal d’appel de Fort-de-France, après que la plainte ait été rejetée en 1ère instance et en cassation pour revenir le 29. Claude Guillot risque un euro de dommage et intérêts !

Laura Flessel : une guêpe au grand cœur

Rubrique : Grands Bâtisseurs

Laura Flessel est née en 1971, à Pointe-à-Pitre. Elle commence l’escrime à six ans, le fleuret, après s’être essayée à la danse. Très vite, elle se fait remarquer par son talent et son adresse et devient championne de Guadeloupe. Tout naturellement, elle acquiert une solide expérience sur les circuits caribéens, centraméricains et panaméricains, remportant en 1990 les championnats panaméricains. La même année, elle quitte son île pour évoluer avec le Racing Club de France 2 et au sein de l’ INSEP. Cette filière lui permet d’affronter les meilleures escrimeuses françaises. Elle délaisse alors le fleuret pour prendre l’épée qui lui correspond mieux.

C’est en 1995, à 24 ans, qu’elle remporte son premier titre sur la scène internationale. Mais sa vraie consécration mondiale, elle l’obtient en 1996, avec l’équipe de France lors des jeux olympiques d’été d’Atlanta. Elle est doublement médaillée d’or en individuel et en équipe.

De là est né son surnom la « guêpe » probablement en raison de sa particularité à tourner autour de ses adversaires avant de les piquer au pied.

Elle enchaîne en 1998 avec les championnats du monde en Suisse où elle décroche deux médailles d’or en individuel et en équipe. En 1999, elle réitère son exploit lors du championnat du monde à Séoul, en Corée du sud, en individuel. En 2000, elle s’adjuge le bronze à Sydney alors qu’en 2001, elle met au monde sa fille Leïlou avant de participer 4 mois plus tard aux mondiaux à Nîmes et de décrocher une médaille d’argent. Elle prend un peu de repos, se consacre à sa famille avant de revenir pour la finale individuelle à Athènes en 2004 où elle termine médaillée d’argent, puis de bronze e par équipe.

Mais le palmarès de la guêpe ne s’arrête pas là, elle va décrocher trois fois en 2002, 2003 et 2007 la coupe du monde d’épée féminine. A partir de 2009, son ascension se ralentit et ses performances fluctuent. Au total, elle aura accumulé six titres de championne du monde, deux de championne olympique, un titre européen et quinze comme championne de France. En 2012, elle est qualifiée pour ses cinquièmes et derniers Jeux olympiques à Londres, où elle est le porte-drapeau de l’équipe de France lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, les 27 juillet et 12 août. Elle devient ainsi la 3ème porte-drapeau féminine tricolore après Christine Carron en 68 et Marie-José Pérec en 96.

Laura Flessel-Colovic alors la plus décorée des escrimeuses françaises décide, à 41 ans, de mettre un terme à sa carrière pour poursuivre des projets déjà bien engagés, comme populariser l’escrime dans les petits clubs de quartiers défavorisés, en les dotant de matériel à travers son association Ti’Colibri. Elle s’implique pleinement dans le programme « Envole toi » dont le but est de préparer de jeunes escrimeurs aux J O de 2012. Elle est aussi la marraine de l’association Handicap International au sein de laquelle elle prête son image et donne beaucoup d’elle-même et prend son rôle d’ambassadrice de l’ONG Plan France très à coeur. Laura est généreuse et multi-facettes. En 2013, elle participe à l’émission de TF1 « danse avec les stars » où elle se découvre en danseuse de tango.

Dès 2010, elle s’intéresse à la vie politique en faisant partie du cercle des 40 personnalités nommées au conseil économique social et environnemental. Et le 17 mai 2017, elle devient ministre des Sports dans le gouvernement Edouard Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Pas de cacao mais des vaches marron

Rubrique : Incroyable

Le résultat de cette étude n’améliore pas l’image qu’on a du niveau d’éducation des américains. Le centre d’innovation révèle que 7% des américains pensent que le chocolat est produit par des vaches marron.

Une conclusion qui découle du fait, qu’en réalité, que de nombreux consommateurs américains ne se préoccupent pas de la provenance des aliments qui atterrissent dans leur assiette. Un fait qui s’explique par la rapidité de l’industrialisation des chaînes de distribution alimentaire qui ont donné naissance aux supermarchés.

Les tensions se ravivent entre Cuba et les Etats-Unis

Rubrique : Dans le reste du monde

Donald Trump a remis en cause l’accord qui avait permis le dégel des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il défie le gouvernement de Raul Castro de revenir à la table des négociations pour trouver un accord plus performant pour les deux pays.

Il s’est montré particulièrement dur dans ses propos contre la politique de répressions des libertés individuelles, de la liberté d’expression et de réunion. Il a offert le stylo avec lequel il a signé l’annulation de l’accord négocié par l’administration Obama à l’ancienne prisonnière politique Cary Roque, une manière d’affirmer sa décision de maintenir, voire renforcer les sanctions contre La Havane tant que les pressions continueront. En revanche, les investissements consentis par les entreprises américaines à Cuba, depuis le dégel ne seront pas compromis.

Des actions anti-migrants dans la Méditerranée

Rubrique : Dans le reste du monde

Les ONG qui se portent au secours des boat people qui sombrent dans la Méditerranée, doivent désormais faire face à un autre type de menace, à terre, celle-là.

Les militants de Génération Identitaire, bloquent les départs des sauveteurs, arguant que leur action met en péril l’Europe en ramenant sur ses terres, « des clandestins et mettent en danger la sécurité et le futur [du] continent ». Leur ambition gêner voire empêcher les départs de l’Aquarius, bateau de SOS Méditerranée, qui mouille dans le port de Catane en Sicile. Leur croisade est financée par une collecte de dons hébergée sur le site Défend Europe et qui, en trois semaines, a déjà dépassé les 50 000 euros. En face, l’ONG, essaie de mobiliser ses troupes mais face au martèlement de Génération Identitaire a bien du mal à exister.

Un nouveau groupe politique à l’Assemblée

Rubrique : Dans le reste du monde

Les législatives n’ont pas apaisé l’atmosphère politique, bien au contraire. Plus que jamais, c’est l’heure des grandes manœuvres.

A commencer par le camp Les Républicains, qui résiste assez bien à la vague LREM, mais qui en ressort divisé entre volonté de soutien à la majorité présidentielle et envie de faire vivre une réelle opposition. Thierry Solène, Franck Riester, et Pierre-Yves Bournazel, entre autres, ont choisi de raviver les forces de droite et le centre droit avec l’UDI pour former le groupe « Les Républicains Constructifs, UDI et Indépendants ». Thierry Solène, qui devrait en prendre la tête, veut que le groupe devienne une troisième force parlementaire, animée des vraies valeurs de la droite.

Remaniement: la liste complète du nouveau gouvernement

Rubrique : en bref

Après le départ des ministres MoDem du gouvernement et la démission technique post-législatives d’Edouard Philippe, le chef de l’Etat compose son deuxième gouvernement. Voici la liste complète du nouvel exécutif :

Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur : Gérard Collomb

Ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire : Nicolas Hulot

Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Nicole Belloubet

Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : Jean-Yves Le Drian

Ministre des Armées : Florence Parly

Ministre de la Cohésion des territoires : Jacques Mézard

Ministre des Solidarités et de la Santé : Agnès Buzyn

Ministre de l’Economie et des Finances : Bruno Le Maire

Ministre de la Culture : Françoise Nyssen

Ministre du Travail : Muriel Pénicaud

Ministre de l’Education nationale : Jean-Michel Blanquer

Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation : Stéphane Travert

Ministre de l’Action et des comptes publics : Gérald Darmanin

Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : Frédérique Vidal

Ministre de l’Outre-Mer : Annick Girardin

Ministre des Sports : Laura Flessel

Ministre, auprès du ministre d’Etat, en charge des Transports : Elisabeth Borne

Ministre en charge des Affaires européennes : Nathalie Loiseau.

Ministre, après du ministre de l’Intérieur : Jacqueline Gourault

Secrétaire d’Etat, en charge des relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement : Christophe Castaner

Secrétaire d’Etat, en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes : Marlène Schiappa

Secrétaire d’Etat, en charge des personnes handicapées : Sophie Cluzel

Secrétaire d’Etat en charge du numérique : Mounir Mahjoubi

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances : Benjamin Griveaux

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique : Sébastien Lecornu et Brune Poirson.

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires : Julien Denormandie

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : Jean-Baptiste Lemoyne

Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées : Geneviève Darrieusecq

La dangerosité du Bisphénol A enfin reconnue

Rubrique : Le saviez-vous ?

Les parents consciencieux te traquaient déjà dans les objets quotidiens de leurs enfants et certains fabricants avaient déjà anticipé en garantissant son absence dans leurs produits.

Depuis quelques semaines, l’agence européenne des produits chimiques a officiellement classé le bisphénol A dans la liste des substances extrêmement préoccupantes dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. C’est une confirmation importante, bien que la molécule, utilisée dans l’industrie du plastique, avait déjà été épinglée pour son impact négatif sur le système reproductif. La décision de l’EACHA provoque la mise au ban du bisphénol A dans tous les procédés de fabrication européens, que ce soit dans les jouets, les peintures, les cosmétiques, ou alors les biberons). Pour la France, cela ne change pas grand-chose, car Paris, par le biais du Ministère de l’Ecologie avait déjà pris des mesures très restrictives quant à la composition des plastiques fabriqués sur son territoire. Toutefois, il ne faut pas se réjouir trop vite. Les lobbies du plastique, qui avait déjà attaqué la décision listant le bisphénol sur comme un produit dangereux, pourraient récidiver face à l’ECHA.

Sexualité et IVG, un numéro vert pour améliorer la prévention

Rubrique : Socius

Le 19 juin dernier, le conseil départemental, l’agence régionale de santé et le planning familial de Pointe-à-Pitre ont inauguré une plateforme téléphonique destinée à toute personne ayant des questions précises concernant la sexualité, la grossesse ou les maladies sexuellement transmissibles, à poser sous couvert d’anonymat.

Le planning familial de Pointe-à-Pitre en soutien avec l’ARS et le Département vient de mettre en œuvre une stratégie capitale dans son action d’information et de prise en charge des sujets autour de la sexualité et de la contraception. 0 800 08 11 11, c’est le numéro vert qu’il faudra désormais composer pour être mise en relation avec des conseillères familiales et conjugales, chargée d’orienter les personnes en difficultés.

Le numéro, n’est pas nouveau. Il existe depuis un an. A la différence qu’il était national et qu’un appelant guadeloupéen pouvait être mis en relation avec un écoutant de l’Auvergne ou du Tarn. Aujourd’hui, il est local et régional. La plateforme nationale ne prenant le relais que si l’appelant a besoin d’aide en dehors des horaires d’activités des conseillères. « Lorsque quelqu’un appelle, il tombe sur une boîte vocale qui lui explique les horaires d’ouverture de la plateforme et lui demande de taper son numéro de département. Quand il tape le 971, dans une plage horaire où nos conseillères sont actives, il aura par elles les informations dont il a besoin. Si elle appelle quand la plateforme est fermée, il est dirigé sur une plateforme nationale ouverte sur cet horaire et si elles sont toutes fermées, il est redirigé vers SidaInfo Service qui lui donne les informations d’urgence. » explique Carole Borel directrice du planning familial de Guadeloupe. Ainsi, au lieu de se déplacer, directement vers les antennes physiques, le public a un accès facilité, anonyme mais surtout humain capable de les informer sur leurs droits et les dispositifs contraceptifs. Si la plateforme de Guadeloupe est la première à être créée, devraient suivre assez rapidement celles de Martinique et de Guyane.

Un outil de lutte
Bien que depuis près de 50 ans, une mobilisation constante sur le terrain des équipes du planning familial, a permis de faire évoluer les mœurs et reculer certains comportements à risques, les statistiques en matière d’IVG et de grossesses chez les mineures sont toujours plus importantes en Guadeloupe que la moyenne nationale. Sur 100 femmes, le taux d’IVG s’établit à 3,7% localement contre 1,45 dans l’Hexagone. Bien qu’il s’agisse d’un droit de la femme à disposer de son corps et de son avenir, ce taux relativement élevé s’accompagne aussi des effluves de la culpabilisation. Le numéro permettra aussi d’entourer les femmes qui sont souvent perdues face à la désinformation qui règne sur certains sites internet qui affichent pourtant la volonté de leur venir en aide.

Grâce à une stratégie de recueil de données, la plateforme deviendra aussi un outil statistique qui permettra à l’ARS de continuer d’améliorer ses stratégies de lutte et de prévention sur le terrain. « Nous avons voulu l’inclusion d’un recueil de données pour décliner notre stratégie régionale de santé sexuelle, ainsi qu’un plan d’action concernant les IVG. Tout cela pour améliorer et nourrir notre réflexion. » précise Patrice Richard, directeur de l’ARS. Même volonté concernant les grossesses de jeunes filles mineures, phénomène très fréquent, bien qu’en constant fléchissement depuis les années 2000.

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