Une baisse de la vitesse fera-t-elle baisser le nombre de morts ?

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À compter du 1er juillet 2018, la vitesse sera réduite de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à double-sens, sans séparateur central, soit 400 000 km de route en France. Selon les experts du Conseil national de la sécurité routière dans son rapport du 29 novembre 2013, une réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h, permettrait de sauver environ 350 vies par an.

En effet, cette portion du réseau routier est celle sur laquelle les accidents mortels sont les plus fréquents : en 2016, plus de la moitié de la mortalité routière (55 %), soit 1 911 personnes tuées, est survenue sur les routes bidirectionnelles hors agglomération, majoritairement limitées à 90 km/h. En roulant un peu moins vite, estime les experts, on stoppe plus facilement son véhicule et l’accident a plus de chance d’être évité. Un point sera fait en juillet 2020, pour savoir si cette mesure a réellement fait diminuer le nombre de morts.

Combien ça rapporte 350 décès en moins chaque année ? Selon le magazine Le Point, c’est environ 4,8 milliards d’économie. C’est sans compter évidemment, toutes les contraventions inhérentes à cette baisse de 10km/h que devront payer les automobilistes contrevenants.

Toutefois « À la question : Faut-il réduire la limitation de vitesse sur le réseau routier ? posée par Le Parisien en avril 2015, les Français avaient répondu non à 74 % ! » rappelle Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes. Un résultat à peu près concordant avec le sondage effectué le 1er décembre par Le Point après la révélation de la mesure.

La Guadeloupe sera naturellement concernée. Rappelons que sur l’ensemble de l’outre mer, la Guadeloupe comptabilise le tiers des 158 victimes enregistrées. L’île comptait au 20 décembre 2016, 55 morts sur les routes, soit 15 de plus qu’en 2015. Après avoir connu une forte baisse entre 2012 et 2014, passant de 70 à 40 morts. La Guadeloupe connaît de nouveau une hausse ces trois dernières années.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé de suspendre le permis de conduire en cas d’infractions avec un téléphone au volant. Il a également décidé que les conducteurs contrôlés en cas de récidive de conduite sous l’emprise d’alcool pourront se voir imposer le montage d’un éthylotest anti-démarrage dans leur voiture, alors que près d’un quart des 320.000 automobilistes pris en état d’ébriété sont des récidivistes. Le véhicule pourrait être mis en fourrière (obligation de présenter permis et assurance pour le récupérer) en cas de conduite, justement, sans permis ou sans assurance, ou bien en état d’ébriété. Pour les bonnes nouvelles, dès 2021, un conducteur contrôlé en excès de vitesse de plus de 40 km/h pourrait être autorisé à reprendre le volant, à condition de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un contrôleur électronique de vitesse.