PHIL ET ZÒFI

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PHIL : On va vers la fin de l’année 2017. Une année qui compte.

ZÒFI : Qui compte combien ?

PHIL : Eh bien… 1967 a eu 50 ans.

ZÒFI : Moi aussi… J’ai failli croire que tu voulais me fêter …

PHIL : Non, je n’y pensais pas.

ZÒFI : Je sais bien. Tu pensais aux massacres et aux morts.

PHIL : Eh oui… Ça ne s’oublie pas.

ZÒFI : Mais je suis la preuve qu’une autre chance pour le pays est née cette année-là. Non ?

PHIL (éclatant de rire) : Explique-moi ça un peu !

ZÒFI : C’est simple. Le pays n’est pas mort ce jour-là. Au contraire…

PHIL : Il est né, alors ?

ZÒFI : On peut dire ça comme ça… Mais je dirais plutôt: il a mûri.

PHIL: Mûri ?… En oubliant ce qui s’est passé ?

ZÒFI : Personne n’a oublié…Même ceux qui n’ont rien subi, rien vu, y pensent encore.

PHIL : M’ouais… Mais quand même…

ZÒFI : Faut pas confondre oublier et garder au fond du cœur, c’est pas la même chose.

PHIL: Tu veux dire que ce n’est pas la peine de faire savoir.

ZÒFI: Faire comprendre, c’est mieux. Et pour ça il faut plus qu’une date.

PHIL : Faut aussi en parler. La preuve, tu es né en 1967, tu as su comment ? Tes parents ?

ZÒFI: Ici, les parents ne déposent pas le deuil dans le berceau des enfants.

PHIL : N’empêche…

ZÒFI : Tu regardes et observes le pays…Tu remontes le fil de l’histoire des nègres…

PHIL : Ça ne suffit pas. Cette année-là, y a eu crime d’Etat. Il faut que ce soit reconnu et réparé. Comme tout crime.

ZÒFI : J’avoue… J’avais pas vu ça ainsi… An ka ba’w rézon a’w.

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