Le CIPPA n’y croit pas

Dans la rubrique Gwo kamo

La bonne nouvelle citoyenne de ce début d’année, c’est naturellement l’accord passé entre les six présidents des communautés d’agglomération, le département et la Région sur l’épineuse question de l’Eau.

Ils se sont engagés à financer à hauteur de 71 millions d’euros, sur deux ans, des travaux d’urgence pour mettre, disent-ils, un terme aux tours d’eau. Seul le CIPPA (Comité d’Initiative pour un Projet Politique Alternatif) ne se réjouit pas. Il rappelle que dans un rapport intitulé : Un Schéma Directeur pour la Gestion des Eaux en Guadeloupe (SDAGE) paru en 2009, et rendu public par la DIREN, tout a été dit et écrit : « (…)Le SDAGE préconise d’aller vers un regroupement des structures de production et de distribution d’eau potable afin d’optimiser les investissements à réaliser et de favoriser une solidarité à l’échelle du territoire. Le programme d’actions à mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs du SDAGE a été évalué à 641 millions d’euros. (…) Sa réalisation s’étalera dans le temps avec une priorité d’investissements de 346 millions d’euros d’ici 2015. 90 % du montant des investissements concernent les travaux d’assainissement des eaux usées domestiques et les travaux de gestion quantitative de la ressource en eau (…) ». Bien sur, si les délais avaient été respectés depuis 2009, le problème de l’eau serait quasiment résolu.

Locataire ! Vous n’avez pas à payer pour une peinture défraichie

Dans la rubrique Le saviez-vous ?

Tout locataire qui a rendu un jour son appartement, connait cette galère : l’état des lieux ! Il est logique en effet de rendre un appartement propre et en bon état. Le locataire est donc tenu de prendre en charge les réparations locatives rendues nécessaires par les dégradations intervenues durant la location. Il faut donc veiller par exemple à l’état de fonctionnement des robinets ou encore des serrures. Pour la peinture, en revanche, sachez qu’il n’est pas forcément nécessaire de repeindre tous les murs.

Si les murs sont simplement jaunis en raison du vieillissement de la couleur, vous n’avez pas à payer !

Un décret qui fixe la liste des réparations locatives
Récemment, la Cour de cassation a annulé un jugement qui avait comparé l’état des lieux d’entrée et celui de sortie, pour en déduire que la peinture vieillie devait être remise à neuf aux frais du locataire. C’est au propriétaire, s’il estime la peinture abîmée, de prouver que le dégât n’est pas dû au seul usage mais à une utilisation anormale ou illicite du local.

Pour information, sachez le décret du 26 août 1987 qui fixe la liste des réparations locatives n’impose au locataire que les «menus raccords de peintures et tapisseries». Il ne l’oblige pas à rendre un appartement avec une peinture neuve, même si celle-ci était neuve lorsqu’il a pris possession du logement.

 

La Région cherche le chemin de la rigueur

Dans la rubrique Analyse et décryptage

Pas plus tard que lundi la Région envoyait un communiqué à la presse. L’objectif : « rappeler certaines structures de formation à une gestion financière et administrative plus rigoureuse et plus responsable ». Il est vrai que la collectivité est dans son bon droit. En 2016, elle a versé 200 000 € au CFA (centre de formation d’apprentis) Jean Belloc, au titre de la régularisation des charges sociales et fiscales, lui évitant ainsi une liquidation judiciaire, puis 400 000 euros en 2017. Globalement, sur ces deux dernières années, la Région a consacré à l’apprentissage plus de 11 millions d’euros en termes de dépenses de fonctionnement (programme de formation, accompagnement social des apprentis, indemnités compensatrices versées aux employeurs) et plus de 550 000 € au titre des dépenses d’investissement. En contrepartie nombreux sont les CFA, bénéficiaires de ces subventions régionales, qui oublient de rendre des comptes à la Région en ne produisant pas dans les délais les bilans d’exécution des subventions perçues. La région exige donc une gestion administrative et financière plus rigoureuse mais montre-t-elle l’exemple ?

Lorsque le syndicat CFTC obtient en juillet dernier devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux, à la fois l’annulation de la nomination du directeur général des services de Guadeloupe Formation, et le prononcé d’une déclaration d’illégalité sur le fait que les agents ne pouvaient ni relever, ni bénéficier de contrats de droit privé, on est en droit d’exiger de la rigueur aussi à ce niveau. En réponse Ary Chalus, président de Région, délibère avec son conseil pour créer un EPIC formation. Voilà une démarche très risquée. Pourquoi ? La création d’un EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) exige une autorisation spéciale. En effet, lorsque son prédécesseur Victorin Lurel lance un EPA (Etablissement public administratif), il suit la procédure. C’est-à-dire qu’il demande à l’Assemblée Nationale de lui accorder une habilitation pour le faire. Il l’obtient pour deux ans comme le veut la loi. Cette habilitation lui permet de légiférer en matière de formation et donc de créer l’EPA. En aucun cas cette dérogation ne lui permet de modifier le code de la fonction publique. Et le personnel relève du droit public. Pour créer son EPIC, la région avait l’obligation de demander à nouveau une habilitation devant l’ A.N. ce qu’elle n’a pas fait. Il n’a donc pas d’existence légale d’une part et ensuite son personnel contrairement à la réalité, doit obligatoirement relever du droit public. Bref, la collectivité va devoir revoir sa copie et faire preuve de… rigueur comme les autres.

Onze vaccins contre trois

Dans la rubrique Ce qui va changer en 2018

Onze vaccins, contre trois jusqu’à présent, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C s’ajoutent aux trois déjà obligatoires, regroupés sous l’appellation « DTP » : diphtérie depuis 1938, tétanos depuis 1940 et poliomyélite depuis 1964. Ces onze vaccins seront indispensables à l’enfant pour être admis en collectivité (crèche, école…) mais représentent dix injections sur 2 ans. Et pour laisser un temps d’adaptation, les premières vérifications n’auront lieu qu’à partir du 1er juin 2018. L’argument premier des autorités de santé est la baisse du taux de couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies. « Il y a eu vingt décès de la rougeole depuis 2008. C’est important d’augmenter la couverture vaccinale pour que ces drames, si facilement évitables, ne surviennent plus en France« , a estimé Daniel Lévy-Bruhl, de l’agence Santé Publique France, en décembre dernier.

Ces vaccins obligatoires seront pris en charge à 65% par l’Assurance maladie, sauf le ROR, pris en charge à 100% pour les mineurs. Surcoût pour la Sécurité, environ 12 millions d’euros, selon le ministère. «Nous laisserons évidemment le temps aux familles de se mettre en ordre de marche car il est hors de question de pousser les gens à vacciner dans l’urgence», a dit Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. «Mais, l’idée c’est que les 15% des enfants (non vaccinés) qui mettent en danger les autres et qui favorisent la réémergence d’épidémies pour lesquelles il y a des morts aujourd’hui se mettent en ordre de marche pour protéger le reste de la population». Initialement, les parents récalcitrants encouraient en théorie jusqu’à six mois de prison et 3.750 euros d’amende. Mais la ministre assure ne pas vouloir axer sa politique sur la répression. Il est vrai que 41% des Français interrogés pour une étude internationale de 2016 estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, un record mondial. Les « anti-vaccins » les jugent dangereux (notamment en raison de leurs adjuvants, particulièrement l’aluminium) et se méfient des laboratoires, accusés de privilégier la rentabilité à la santé des enfants.

Retrouvons la voie du bon sens et l’AFD suivra

Dans la rubrique Ça devait arriver

L’Agence Française de Développement n’aidera pas les élus à régler le problème de l’eau si elle n’a pas de garanties sérieuses ou du moins le sentiment d’un « grand ménage », d’un vrai consensus et d’une implication globale des politiques.

Odile Lapierre, la directrice de l’AFD Guadeloupe a tenu lundi dernier une réunion « état des lieux » avec ses techniciens, pour présenter aux élus, la situation concrète en matière de réseaux d’eau potable. Alors que deux semaines plus tôt, tous nos politiques se sentaient investis par cette mission, aucun élu d’une seule communauté d’agglomération n’était présent, sinon Marie-Galante. Un clin d’œil à ce territoire qui, s’il est dans la nasse sur de nombreux dossiers, est le seul à assurer une gestion saine de l’eau et à afficher un bilan équilibré… Sa distance avec la Guadeloupe continentale et son obligation à gérer seul, l’épargne des turpitudes et incohérences en matière de gestion de l’eau.

Le rôle de l’AFD est de soutenir, stimuler le développement politique et économique, en accompagnant tous les acteurs publics en Guadeloupe. Elle utilise deux outils pour la mise en œuvre des politiques publiques locales : des prêts aux collectivités locales (PCL), et le préfinancement des subventions européennes (PS2E). En contre partie, sur ce dossier, l’AFD a une et une seule exigence : que les communautés d’agglomération présentent un bilan équilibré sur l’eau. Or aucune n’est en capacité de le faire. Pour Odile Lapierre, inutile de cumuler des études et des études qui arrivent toutes aux mêmes conclusions, il faut juste du bon sens. « Les subventions ciblent majoritairement les unités de production et le stockage, or le vrai problème, on le sait tous, est au niveau des réseaux et des compteurs. Un seul chiffre pour illustrer : 50% de l‘eau est perdue sur le réseau. Et si on ne fait pas un grand ménage, si on ne supprime pas un certain nombre de régies, si on ne limite pas la gabegie, si la gouvernance reste mauvaise… je ne pourrais, ni ne voudrais engager les bailleurs de fonds et l’Etat. Plus les années passent et plus la situation est catastrophique, malgré les subventions, et malgré le fait que la production d’eau reste supérieure aux besoins. Une seule solution : il faut tout nettoyer et repartir à zéro et c’est le travail des politiques. » Au delà de ce constat, il faut naturellement rétablir la confiance des consommateurs qui rechignent à payer un service qu’ils n’ont plus. C’est l’étape suivante. Pour le moment restons attentif à la manière dont concrètement les communautés de communes vont gérer ce problème.

Il sera toujours temps ensuite de passer à la gestion des déchets…

Un professeur influent

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Max Etna est né en 1950 à Marie-Galante, alors que son père est directeur de l’école communale de Capesterre. Deux ans plus tard, il rejoint Matouba, Saint-Claude.

Max va grandir au cœur d’une fratrie de 7 enfants et assumer son rôle d’ainé. Il se souvient de la dégustation du verre de lait, distribué aux enfants, à l’heure de la récréation sur décision nationale de Pierre Mandes France alors président du conseil. Il se souvient des grands voyages transatlantiques sur le paquebot Antilles à l’occasion des congés administratifs. Il se souvient aussi des parties de chasse à la tourterelle avec son père, de son adolescence à Saint- Robert dès 1966, et de la messe dominicale où il officiait comme enfant de coeur auprès du père Flauvert. Il n’oubliera pas sa scolarité rigide sous la férule d’un père qui imposait à ses propres enfants comme à ses élèves une discipline de fer, compensée par la tendresse d’une mère attentionnée. Et en 69, Max obtient son bac. Il intègre le centre d’étude supérieur littéraire (CESL) à Baimbridge puis l’année suivante s’inscrit à la faculté de lettres et sciences humaines à Rouen. Mais sa vocation pour l’histoire et la géographie est déjà bien ancrée. Elle s’est révélée en seconde, au contact de son professeur, M. Daillat qui a fait de lui un géographe en herbe. Et c’est tout naturellement, qu’il devient professeur d’histoire géographie en 1974. Il enseigne d’abord au lycée Gerville Réache puis à Lille. C’est alors que le président de région de l’époque, José Moustache l’appelle. Trois mois plus tard, José Moustache est battu et Félix Protot lui succède et intègre Max Etna à son cabinet politique. Selon le géographe, c’est bien cet homme qui va lui donner toutes ses chances de réussite en l’investissant de la responsabilité de nombreux dossiers d’importance, alors que se mettent en place la décentralisation et le pouvoir régional. Il s’est notamment agit de lancer la 1er plan de développement régional, les programmes européens, le contrat de plan (89/93) et le schéma d’aménagement régional (SAR).

Entre 92 et 98, il assure la fonction de chef de mission de la coopération régionale. Puis il demande et obtient sa réintégration dans son corps d’origine l’éducation nationale et devient chargé de mission auprès du recteur et géographe Jean-Pierre Chardon.

En 2004 après avoir mené bataille aux côtés de Victorin Lurel il est nommé directeur de cabinet adjoint jusqu’en 2010. Au delà de sa carrière professionnelle, le géographe s’intéresse aux lieux et aux hommes. Il est d’ailleurs l’auteur de très nombreux articles et ouvrages. « Mots et Parcours » sera publié en 91. Un abécédaire sur les lieux emblématiques, tel qu’il les a vécu. Quelques années plus tard, en 1998, il consigne son témoignage sur l’éruption de la Soufrière Hills à Montserrat. En 2004, « Le voyage en Guadeloupe » est, dit-il, l’ouvrage clef qui le fait entrer de plain pied dans l’univers de l’écriture vers le grand public. Il publiera à son retour de deux années en Thaïlande, « journal d’un créole en péninsule indochinoise » alors qu’il vient de coécrire une encyclopédie sur les climats de Guadeloupe. Bref, la géographie l’accompagne au quotidien même dans ses fonctions de directeur adjoint du parc national.

Gwo Kamo

Dans la rubrique Gwo kamo

Un départ … inattendu
Jean-Gabriel Quillin est l’emblématique directeur de Routes de Guadeloupe. Il arrive en 2007 comme directeur adjoint puis comme directeur à partir de 2010. Emblématique car depuis son arrivée à la tête de la structure, les choses roulent plutôt bien. Il dirige plus de 250 personnes réparties entre le siège, 5 Agences territoriales et 9 centres d’exploitation, qui oeuvrent à la gestion, l’exploitation et l’entretien des routes de Guadeloupe.

Alors est-il lassé, blasé, lui a-t-on demandé de quitter sa fonction, l’histoire ne le dit pas encore, mais il semblerait que Jean-Gabriel Quillin quitte très prochainement son poste pour rejoindre le service du développement numérique à la collectivité régionale.

Les vœux au personnel… Chacun son style
A la Région, à l’occasion de la présentation des vœux aux administratifs, les représentants du personnel ont la parole. Pas au département, c’est le directeur général qui parle en leur nom. Pas Top pour le dialogue social diront certains. D’autant que récemment l’exécutif a envoyé un courrier à l’ensemble des agents départementaux, dans lequel elle reproche aux syndicats de vouloir entraver le fonctionnement de la collectivité. Allez embrassez-vous !

Harcèlement sexuel en milieu sportif
L’initiative du club la Gauloise de Basse-Terre est certes en lien avec l’actualité mais ô combien importante car la Guadeloupe n’est certainement pas épargnée. Des entraineurs à la main baladeuse, il en existe sur tous les continents. Aussi le 2 février à 18h30 au siège du club, des intervenants spécialisés aborderont avec vous, sans tabous, le sujet!

Encore une idée stupide du Web : le « Tide pod challenge »

Dans la rubrique Incroyable

Parmi les phénomènes qui agitent la toile, certains prêtent à sourire, mais d’autres sont assez inquiétants. Le Tide Pod Challenge encourage ainsi les internautes à manger des capsules de lessive (pods) de la marque Tide. Mais d’où vient cette nouvelle mode ?

On se souvient encore du Ice Bucket Challenge qui consistait à se jeter un seau d’eau glacée sur le corps et à défier ensuite un ou plusieurs amis à faire de même. Moins anecdotique et franchement plus dangereux, le Blue Whale Challenge consistait à relever 50 défis morbides dont le dernier poussait au suicide (         Ti Journal n°94). En ce début d’année 2018, place au Tide Pod Challenge qui commence à sérieusement alerter aussi bien la marque de lessive concernée que l’AAPCC (l’American Association of Poison Control Centers). Cette dernière a récemment alerté dans un communiqué de presse que le nombre d’ingurgitations volontaires par des adolescents est en augmentation.

Le challenge qui consiste à se filmer en train de croquer une dosette de lessive liquide aux couleurs vives, est pointé du doigt après la très forte augmentation du nombre de cas d’exposition à de la lessive liquide des jeunes Américains. Les autorités sanitaires en appellent à la prudence car si le phénomène reste limité, il est en plein boom. Malgré le nombre inquiétant de jeunes empoisonnés, le phénomène est maintenant et heureusement dominé par les messages d’internautes implorant à ceux qui voudrait relever le défi de ne pas manger les capsules de lessive. Histoire de ne pas perdre entièrement foi en l’humanité…

Projet de loi « Droit à l’erreur », nos députés disent oui

Dans la rubrique Dans le reste du monde

L’Assemblée nationale a largement adopté mardi 30 janvier le vaste projet de loi de simplification instaurant notamment un « droit à l’erreur », qui permettra, sous réserve d’être « de bonne foi », d’éviter des sanctions de l’administration au premier manquement.

Largement évoqué pendant la campagne par Emmanuel Macron, le droit à l’erreur est présenté comme « la possibilité pour chaque Français de se tromper dans ses déclarations à l’administration sans risquer une sanction dès le premier manquement ». Ce sera à l’administration de prouver que l’usager était de mauvaise foi. Fort de 43 articles, le texte a été voté après 22 heures de débat, qui a été défendu par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Le texte « pour un État au service d’une société de confiance » a été adopté en première lecture par 405 voix, contre 41 et 102 abstentions. La majorité REM-Modem a voté pour, tout comme le groupe UDI-Agir et les socialistes. LR s’est abstenu, alors qu’Insoumis et communistes ont voté contre.

La bonne nouvelle, c’est qu’en matière fiscale, il est ainsi prévu que si l’administration détecte une erreur de bonne foi dans le cadre d’un contrôle, les intérêts de retard seront réduits de 30%. Si c’est l’usager qui rectifie son erreur de lui-même, les intérêts seront réduits de moitié ! Cette loi doit maintenant être débattu au Sénat.

Le Front National va changer de nom

Dans la rubrique Dans le reste du monde

Louis Aliot, le vice-président du Front national, invité mardi dernier sur France info, a précisé que son parti allait changer de nom, estimant que l’appellation pose « problème », lors des seconds tours d’élections.

Comme de nombreux partis français avant lui, le Front national va changer de nom après un congrès prévu en mars 2018. Est-ce une façon de faire un bon ravalement de façade ? Louis Alliot pense qu’aujourd’hui, « le nom FN dans les seconds tours est quelque chose qui fait barrage. Il faut en changer de nom pour permettre un plus large rassemblement de deuxième tour, pas pour une histoire d’extrême droite », a-t-il expliqué estimant qu’il « ne se considère pas comme une personnalité politique d’extrême droite ».

Selon Marine Le Pen, présidente du parti d’extrême droite, « le changement de nom mettra en évidence ce que sera ce nouveau front, un mouvement plus ouvert, divers, participatif, une force politique mieux préparée et implantée, dont l’objectif sera de prendre le pouvoir pour redresser le pays. » En résumé, capable de figurer lors des seconds tours des élections et briser le « plafond de verre ». Rappelons, c’est un mouvement politique dont le nom reste inchangé depuis sa cofondation par Jean-Marie Le Pen en 1972.

Reste qu’un changement de nom ne pourrait résoudre un autre problème propre au Front national, à savoir l’existence d’une seconde « marque », qui concurrence celle du FN c’est le nom « Le Pen ». Une marque tout aussi forte !

Vladimir Poutine vexé !!!

Dans la rubrique Dans le reste du monde

Le Président russe, Vladimir Poutine, a lui aussi de l’humour et le fait savoir à Donald Trump.

Vladimir Poutine a jugé « vexant » en plaisantant, ce mardi 30 janvier, de ne pas figurer sur la liste des personnalités russes susceptibles d’être sanctionnées publiée par Washington. Le président fait référence à la liste que le département américain du Trésor a publié, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 janvier. Cette liste énumère plus de 200 noms d’officiels russes -y compris le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ou le Premier ministre Dmitri Medvedev- et hommes d’affaires susceptibles d’être sanctionnés pour punir Moscou de son ingérence supposée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. « C’est, bien entendu, un acte inamical, il complique (…) les relations russo-américaines et nuit à l’ensemble des relations internationales », a lancé Vladimir Poutine lors d’une conférence avec des hauts responsables de son QG de campagne pour l’élection présidentielle de mars.

« Nous nous attendions à cette liste », a assuré le président russe. « Nous étions prêts à prendre des mesures de représailles, assez sérieuses, qui auraient réduit nos relations à zéro. Mais nous allons pour l’instant nous abstenir de prendre ces mesures », a-t-il affirmé. Le président russe s’est aussi interrogé sur la volonté de Washington de coopérer avec la Russie pour la lutte contre le terrorisme: « On va travailler ensemble ou non? Vous le voulez ou pas? Nous n’en avons pas besoin, nous. »

Brèves

Dans la rubrique En bref

La popularité d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe chute en janvier
D’après un sondage diffusé ce mercredi, le président et son premier ministre perdent plusieurs points de popularité durant ce mois de janvier.

Violences sexuelles: une association « submergée » ferme son accueil téléphonique
« Submergée », une association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) annonce ce mercredi qu’elle ferme son accueil téléphonique, ne pouvant plus « répondre à tous » et « assurer la défense des victimes » avec ses moyens actuels.

Juppé tresse les louanges de Macron, un homme « au charme évident »
Alain Juppé, qui a pris ses distances avec Les Républicains (LR), a fait l’éloge d’Emmanuel Macron dans un entretien avec la télévision suisse diffusé mercredi, au cours duquel il a dressé le portrait d’un « homme intelligent » et « au charme évident ».

DU POLITIQUE AU POLITICIEN Déshabiller Paul pour couvrir Pierre… et vice-versa

Dans la rubrique Paroles de Virjil

Tous les langages attendus comme responsables finissent par se ressembler quand ils rassemblent les regards à courte vue. Si bien qu’ils confirment la croyance que « dèmen sé on kouyon ».

Au lendemain d’une catastrophe naturelle, on ne prévient pas la prochaine ; au lendemain d’une élection on ne regarde que celle qui arrive dans le plus court terme. Comme si la Guadeloupe, en tant que territoire et communauté humaine, vivait ses dernières années, voire ses derniers mois.

Demain est un couillon, c’est en tout cas ce que conclue le simple bon sens populaire, lorsque c’est toujours l’intérêt immédiat, économique ou politique, qui donne le la, dans une cacophonie où l’avenir ne trouve pas place. On peut plus aisément commémorer 72 ans de départementalisation ou 50 ans du massacre de 1967, selon le gain qu’on en tire aujourd’hui, que vouloir ou imaginer la Guadeloupe dans 50 ans, même dans 10 ans. C’est pourtant la qualité attendue du dirigeant politique, voire même économique : s’efforcer d’être prophète relativement honnête en son pays, plutôt que d’arrêter son regard sur le bout de ses chaussures.

Quand M. Francis Lignières, président du Groupement des Planteurs de banane promet « trois ans pour revenir à la production d’avant [l’ouragan] Maria, » il table sur trois années sans ouragan. Sans même le moindre vent un peu violent, suffisant pour qu’aucun bananier ne reste sur pied. Il pense –accordons le lui- aux 3000 emplois directs et indirects engendrés par l’économie bananière. Néanmoins, ne pense-t-il pas davantage à la banane qu’aux salariés ? La culture bananière est si sensible aux aléas climatiques qu’on ne comprend pas cet acharnement thérapeutique si elle n’est encore source de profits juteux pour les gros exploitants. Et puis, le maintien pendant longtemps, trop longtemps, de l’usage du chloredécone, au détriment de la santé de tout un peuple, ne confirme-t-il pas cette ligne de conduite presque proverbiale : qu’importent les hommes, pourvu qu’on ait le fric !

On évoque déjà, comme chaque année, les effets désastreux des pluies sur la récolte de cannes et leur teneur en sucre. Le sucre…Le sucre ! Ce produit pluri-centenaire, autour duquel et le paysage et la composition de la population et la formation sociale que nous avons hérités du statut colonial se sont construits ! On a beau répéter que, dans l’économie mondiale telle qu’elle est devenue, l’économie sucrière de papa se cassera forcément la gueule… Hélas, on continue à sucrer à outrance les discours officiels qu’on sert au peuple.

Tout se passe comme si la terre de Guadeloupe, quoiqu’il en coûte aux guadeloupéens d’aujourd’hui, serait spécialisée de toute éternité dans l’exportation selon les besoins d’une Métropole. Comme si, en conséquence, la population, pour ses besoins élémentaires, serait définitivement spécialisée dans consommation de produits importés par cette même Métropole, laquelle maintient la spécialisation de la terre. Cercle vicieux, logique mortifère. Pour un tel dessein, pas besoin d’autant d’emplois qu’un autre avenir demanderait. Même pas besoin d’une population plus nombreuse… Et l’on s’étonne que la population des sans-emploi s’accroisse en se rajeunissant, pendant que, dans l’ensemble, la population totale diminue et vieillit !

Autre exemple de cette myopie, ou vision sélective de l’immédiat, de la bouche du Président Chalus lui-même. C’est à propos du soutien de la Communauté Régionale au projet de tramway de Cap Excellence. Ce projet prétend porter sur le long terme une solution non polluante à l’explosion du transport automobile individuel, qui condamne à l’embolie quotidienne les réseaux de circulation. Le président est libre d’avoir un point de vue critique de fond sur une telle entreprise, que le public gagnerait à entendre. Mais il lâche tout de go, en substance : « les guadeloupéens veulent de l’eau dans leurs robinets, si j’avais x millions d’euros, je les mettrais sur la réparation des réseaux de distribution d’eau et non sur les tramways » Transposé en termes de gestion complexe d’un ensemble : « Mes enfants- sans mourir de soif – souffrent de manque d’eau courante tous les jours et en réclament à grands cris. Par conséquent, je mise tout sur l’eau : le transport pour aller à l’école ou au travail, les livres nécessaires à l’éducation et la culture, tout cela attendra. » C’est du moins ce qu’on a compris.

Le politique est moins digne de ce nom lorsqu’il n’entend que les cris les plus perçants de l’actualité, au détriment des plus souterrains qui alertent sur les catastrophes de demain.

Phil et Zofi

Dans la rubrique Phil et Zophi

PHIL : Tchÿip…Tchÿip !

ZÒFI : Tchÿip … Tchÿip, quoi ? On dirait que tu t’entraines à une nouvelle langue…

PHIL : C’est l’emmerdation, ça, pas une nouvelle langue

ZÒFI : Ok… Une langue ancienne comme nous-mêmes… Palé ban mwen !

PHIL : Je viens de recevoir un coup de fil de mon compère Tètè, de Gourbeyre…

ZÒFI : Je vois, ton ami frère… Ne me dis pas que…

PHIL : Non. Il est très malade, mais ça ira encore quelques temps. Ce qui me fait mal c’est que ça fait des années qu’on doit se voir… Et qu’on n’y arrive pas

ZÒFI : Je comprends. Lapointe-Gourbeyre ou Gourbeyre-Lapointe, la journée… c’est un voyage long et fatiguant

PHIL : Et, à nos âges, aucun de nous ne conduit plus la nuit…

ZÒFI : Heureusement qu’il y a le téléphone portable, mais quand même, on s’est perdu de vue.

PHIL : Avec tous ces embouteillages, tout le temps en continu.

ZÒFI : Je ne sais plus s’il a encore des dents, des yeux, des jambes…

PHIL : Bientôt, c’est à coups de klaxon que le monde raisonnera

ZÒFI : En litres d’essence, en traites de voiture, en heures de travail perdues dans les bouchons

PHIL : En accidents de la route qu’ils compteront leurs morts…

ZÒFI : Sans plus pouvoir se donner la main, se rencontrer, se rassembler

PHIL : En conclusion, la merde c’est maintenant.

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