L’unification des régimes de retraite

Dans la rubrique Ce qui va changer en 2018

En 2018, Emmanuel Macron s’attèlera à un projet de grande ampleur : la réforme des retraites. L’ancien ministre de l’Économie devenu président, envisage de remplacer les 37 régimes de retraite actuels par un seul et unique régime. Objectif principal : aligner le privé et le public. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. En revanche, il ne compte pas modifier l’âge de départ à la retraite ou le nombre d’annuités nécessaires.

Emmanuel Macron doit s’attendre à rencontrer une forte contestation, les retraites étant un sujet sensible. Déjà, les règles de la fonction publique sont bien plus généreuses que celles du privé. Actuellement la pension d’un fonctionnaire est calculée sur les six derniers mois de salaire alors que celle d’un salarié du privé est calculée sur ses 25 dernières années. Toutefois, pour éviter les levées de bouclier trop hâtifs, le concepteur du projet Jean Pisani-Ferry l’a confirmé, « Il ne s’agira pas d’un alignement pur et simple mais d’une refonte globale du système pour le rendre plus juste, il n’est pas question de passer d’un système par répartition à un système par capitalisation. On pourrait plus justement parler d’un système à points« . Alors que les quelques 6 millions de salariés de la fonction publique, se rassurent, ils ne seront pas forcément tous perdants. Néanmoins, la Guadeloupe est très attentive à ce projet de loi. Rappelons que l’archipel compte 37 260 personnes qui travaillent dans la fonction publique. Et les fonctionnaires des trois versants de la fonction publique (État, Hospitalière, et Territoriale), représentent 22,7 % de la population active guadeloupéenne contre 18, 7 % en France métropolitaine. La fonction publique est fortement féminisée, 61 %. Par ailleurs, les fonctionnaires guadeloupéens font partie des plus âgés (23 %) de France.

Et dans le cas d’un alignement du public sur le privé, la cour des comptes a calculé qu’il y aurait encore des gagnants. Sa principale simulation montre qu’en intégrant les primes (nombreuses chez les fonctionnaires) au salaire pour le calcul de la pension, le nouveau régime se montrerait encore favorable à certaines catégories. En revanche, les enseignants seraient les grands perdants. « Le professeur des écoles, dont le traitement augmente assez régulièrement jusqu’à la fin de son parcours professionnel, serait pénalisé par la règle des 25 années sans profiter significativement de la prise en compte des primes, faibles dans son cas« , analyse la Cour des Comptes. Donc le président espère avoir sur son bureau un projet bétonné en début d’année prochaine…Il faudra ensuite que le texte soit adopté par le Parlement.

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