Harry Méphon révélé par son prof de sport

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Harry Méphon est né en 1958 à Aubagne, dans le département des Bouches du Rhône. Ses parents sont guadeloupéens, sa mère institutrice et son père militaire de carrière.

Il emmène sa famille à travers le monde à chacune de ses mutations. Et c’est ainsi qu’à deux ans Harry débarque au Tchad, puis revient à Paris. A l’âge de dix ans, son père arrive au terme de sa carrière et décide de rejoindre son île. Et là, le jeune garçon découvre une famille, qu’il connait en fait très peu. C’est une révélation entre cette vie d’itinérance qu’il a connu jusque là et cette « brochette » de cousins cousines oncles tantes grands parents qui feront désormais partis de son quotidien. Tout comme ses nouveaux amis qu’il garde encore aujourd’hui.

A 15 ans, il réside à Saint-Claude, et étudie au lycée Gerville Réache. Comme tous les adolescents de cette génération, le sport fait parti de sa vie. Mais c’est bien son professeur d’ EPS Jean Martine qui va le révéler. Très vite il décèle le potentiel de ce jeune homme pour l’athlétisme. Et si au départ, Harry n’est pas convaincu, très vite il va se prendre au jeu alors que ses performances ne cessent de progresser ; et Jean Martine de le soutenir et de l’encourager. Aussi trois ans plus tard, pour associer passion et études, il s’oriente vers la carrière de prof de sport. Il est alors invaincu au sprint.

Toulouse, Bordeaux, Paris, il mène de front sa carrière d’athlète et celle de futur prof. Il décroche le record de France universitaire sur 60 mètres mais enchaine aussi les blessures. Une fois sa licence Staps obtenue il revient au pays pour faire son service national et intègre l’éducation. En 82, il est à son meilleur niveau c’est à dire 10ème français sur l’épreuve du 100m. Puis devient aussi entraineur et en 85, il remonte le club Siroco des Abymes, et créé une école d’athlétisme pour déceler les jeunes talents toujours sur très active.

Antoine Chérubin est, à cette époque, son entraineur. Et lorsqu’il devient directeur du CREPS, en 95, il lui confie l’entrainement de ses meilleurs sportifs comme Herman Lomba, sprinter hors pair, que Harry emmène aux J O d’Atlanta en 96.

Mais lui en 95, décide de reprendre ses études, en formation continue, à Paris V puis Nantes et Fouillole pour finalement obtenir un doctorat en sociologie. Il va publier sa thèse sur le thème : « les enjeux des activités physiques et sportives dans la construction d’une culture identitaire guadeloupéenne ». Il rédige également de nombreux ouvrages, des articles et autres travaux d’anthropologie qu’il mène avec le laboratoire de Nantes. Il est aussi l’auteur de l’Anthologie du Sport Guadeloupéen à la demande du conseil régional. Et depuis septembre 2017, il occupe la fonction de directeur du service des sports et de la culture à la Région. Un virage à 90% mais les challenges ne lui font pas peur bien au contraire.