Dossier de l’eau : les élus seraient-ils enfin d’accord ?

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L’article publié dans le TI Journal N°129 du 1er février a déclenché des réactions chez certains présidents d’EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale).

Il est vrai que la déclaration de la directrice de l’AFD (Agence française de développement) a pu en froisser quelques uns, qui comptaient sur les financements des bailleurs de fonds pour éviter de piocher dans leur propre caisse. La directrice explique que sa structure ne s’engage que lorsque les comptes des EPCI sont équilibrés ou en passe de l’être ou encore si ces établissements publics démontrent une volonté commune à aller dans ce sens. Et il est vrai qu’en Guadeloupe on est loin du compte. Il y a à peine quelques jours, la CRC a épinglé la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe pour un déficit sur le budget de l’assainissement de 2 millions d’euros et de plus de 5 millions pour celui de l’eau. Et elle n’est pas la seule.

Ce même jour, au conseil régional de Guadeloupe se réunissaient les présidents des deux collectivités majeures, les 6 présidents des EPCI, le Préfet de région et quelques techniciens en charge de ce sujet afin de lancer le plan d’urgence sur l’eau potable.

Naturellement il a été question des déclarations de la directrice qui en réalité n’a fait que s’appuyer sur celles du 1er ministre en visite en Guadeloupe, le 4 novembre dernier. C’est lui le premier qui a rappelé que l’Etat était aux côtés de la Guadeloupe, à condition qu’il y est un consensus entre les élus sur le fameux dossier de l’eau.

Et là rien n’est gagné. Car à cette fameuse réunion jeudi dernier pour lancer le plan d’urgence sur l’eau, il n’a pas été facile de soutirer aux EPCI, les deniers nécessaires pour boucler le budget et principalement à Cap Excellence. Il fut question de « manque de respect », de « manque d’engagements » entre Harry Chalus et Eric Jalton et puis finalement un accord « à l’arrache » a été trouvé et s’est arrêté sur un plan d’action global de 71,4 millions d’euros.