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Ce qui va changer en 2018

Un nouveau prélèvement forfaitaire

Dans la rubrique Ce qui va changer en 2018

Dans le premier budget de son quinquennat, tout juste voté lors du conseil des ministres de mercredi, le gouvernement a décidé de remettre à plat la taxation des revenus du capital en créant un taux forfaitaire de 30%. Ce nouveau prélèvement forfaitaire unique (PFU) se décompose en un impôt sur le revenu (IR) de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % au lieu de 15,5%.

Selon ce projet de loi de finances pour 2018, la plupart des revenus de capitaux mobiliers (intérêts, revenus distribués et assimilés) perçus à compter de 2018 devraient être soumis à ce prélèvement forfaitaire unique (PFU). Le gouvernement a aussi choisi d’imposer au PFU, dès la première année, les intérêts des produits d’épargne logement (PEL et CEL), avec là aussi la possibilité d’opter pour le barème de l’impôt sur le revenu si ce régime est plus favorable. Les détenteurs d’au moins 150 000 euros d’assurance vie (300 000 euros pour un couple), sur un ou plusieurs contrats, seront également concernés par ce prélèvement. Les produits des contrats d’assurance vie correspondant à des versements effectués à partir du 27 septembre 2017 seront ainsi imposés au forfait de 30 %. En revanche les économies placées sur des livrets règlementés tel que le livret A ; LEP, LDD et livret jeune, restent défiscalisées. Avec cette nouvelle donne, l’option pour le PFU devrait s’avérer plus favorable que l’impôt sur le revenu pour la grande majorité des contribuables. En effet, les revenus des placements, comme les dividendes ou intérêts, sont actuellement soumis au barème d’imposition progressif qui varie de 0 à 45 %, selon le revenu des ménages. De toute façon le contribuable aura toujours le droit de choisir. Comme l’avait annoncé Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, début septembre, le PFU sera optionnel :  » les contribuables pourront toujours choisir l’imposition au barème, si c’est plus avantageux pour eux ».

 

Vers un gel du SMIC ?

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Déjà en février de cette année, le magazine Capital se posait la question de savoir si finalement la France était vraiment si généreuse avec le montant de son SMIC.

Et bien Non, répondait le magazine ! La France est loin d’être le pays de l’Union Européenne où le salaire minimum est le plus élevé. Eurostat a fait une étude à la même époque. Elle démontre que si avec un Smic à 1 480 euros, en hausse de 16% depuis 2008, la France fait partie dans l’UE des pays qui offre un SMIC « confortable », elle n’arrive qu’en 6ème position, derrière notamment l’Allemagne (1 498 euros) et le Luxembourg (1 999 euros). Le groupe d’expert qui a rendu ses conclusions, il y a quelques jours, s’est prononcé contre un « coup de pouce » au 1er janvier prochain. Il va même plus loin puisqu’il prône une réforme du salaire minimum, qu’il juge trop élevé. Certes, cela ne devrait rien changer, lorsque le 18 décembre prochain, la commission nationale de la négociation collective (CNNC) se réunira pour annoncer une hausse du SMIC. Certes, ce n’est pas la première fois que le groupe d’expert déconseille au gouvernement d’augmenter le SMIC. Celui-ci a d’ailleurs réagit et précise qu’il n’en est pas question à court terme, préférant préserver le pouvoir d’achat des travailleurs. Mais il est évident aussi que le gouvernement Macron s’est lancé à « corps perdu » dans les réformes de toute nature, parfois courageuses car impopulaires. Et s’il décidait par souci d’économie non pas de baisser mais de geler le montant du SMIC. Rappelons que la dernière revalorisation remonte à janvier 2017 à hauteur de 1,2% soit un SMIC de 1 480, 27 euros brut mensuels (1 151 euros net). Rappelons qu’entre 2011 et 2013 il a été augmenté successivement de 2,6%, 2% et 2%.

En Guadeloupe, le montant du SMIC est équivalent à celui de l’Hexagone. Autre similitude, 95% des salariés payés au SMIC sont ouvriers ou salariés et près des deux tiers sont des femmes, alors que les jeunes sont également surreprésentés. Toutefois, selon les chiffres du JDN et du ministère de l’Economie, les Guadeloupéens gagnent en moyenne 2 292 euros net par mois, légèrement au dessus de la moyenne nationale. Beaucoup de salariés du privé, sont loin d’atteindre de tels montants, qui sont en parti le fruit des 40% en sus sur les salaires des fonctionnaires.

L’unification des régimes de retraite

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En 2018, Emmanuel Macron s’attèlera à un projet de grande ampleur : la réforme des retraites. L’ancien ministre de l’Économie devenu président, envisage de remplacer les 37 régimes de retraite actuels par un seul et unique régime. Objectif principal : aligner le privé et le public. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. En revanche, il ne compte pas modifier l’âge de départ à la retraite ou le nombre d’annuités nécessaires.

Emmanuel Macron doit s’attendre à rencontrer une forte contestation, les retraites étant un sujet sensible. Déjà, les règles de la fonction publique sont bien plus généreuses que celles du privé. Actuellement la pension d’un fonctionnaire est calculée sur les six derniers mois de salaire alors que celle d’un salarié du privé est calculée sur ses 25 dernières années. Toutefois, pour éviter les levées de bouclier trop hâtifs, le concepteur du projet Jean Pisani-Ferry l’a confirmé, « Il ne s’agira pas d’un alignement pur et simple mais d’une refonte globale du système pour le rendre plus juste, il n’est pas question de passer d’un système par répartition à un système par capitalisation. On pourrait plus justement parler d’un système à points« . Alors que les quelques 6 millions de salariés de la fonction publique, se rassurent, ils ne seront pas forcément tous perdants. Néanmoins, la Guadeloupe est très attentive à ce projet de loi. Rappelons que l’archipel compte 37 260 personnes qui travaillent dans la fonction publique. Et les fonctionnaires des trois versants de la fonction publique (État, Hospitalière, et Territoriale), représentent 22,7 % de la population active guadeloupéenne contre 18, 7 % en France métropolitaine. La fonction publique est fortement féminisée, 61 %. Par ailleurs, les fonctionnaires guadeloupéens font partie des plus âgés (23 %) de France.

Et dans le cas d’un alignement du public sur le privé, la cour des comptes a calculé qu’il y aurait encore des gagnants. Sa principale simulation montre qu’en intégrant les primes (nombreuses chez les fonctionnaires) au salaire pour le calcul de la pension, le nouveau régime se montrerait encore favorable à certaines catégories. En revanche, les enseignants seraient les grands perdants. « Le professeur des écoles, dont le traitement augmente assez régulièrement jusqu’à la fin de son parcours professionnel, serait pénalisé par la règle des 25 années sans profiter significativement de la prise en compte des primes, faibles dans son cas« , analyse la Cour des Comptes. Donc le président espère avoir sur son bureau un projet bétonné en début d’année prochaine…Il faudra ensuite que le texte soit adopté par le Parlement.

La loi Macron bouscule les Prud’hommes

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Le président Emmanuel Macron veut plafonner les indemnités prud’hommes. Sur le terrain, sa loi est diversement appréciée.

En effet, la nouvelle mise en état des dossiers avant l’audience de jugement est globalement appréciée par les professionnels. Pour le président, il s’agit de réduire les délais de traitement des affaires (il faut en moyenne 21,9 mois), désengorger les tribunaux, permettre une justice de meilleure qualité… Avec seulement un an de recul, il est un peu trop tôt pour apprécier pleinement les effets de cette réforme portée par Emmanuel Macron du temps de son passage à Bercy et relancée au travers ses nouvelles fonctions. Premier élément de la réforme, le mode de saisine du tribunal, est désormais écrit. C’est le point le plus décrié. Au lieu d’avoir à cocher sommairement quelques cases, le demandeur doit maintenant remplir un formulaire Cerfa de « requête introductive d’instance », jugé trop complexe. Il faut y détailler les événements qui conduisent à la saisine, les demandes chiffrées et l’examen des motifs. Tâche hautement ambitieuse, voire impossible, sans l’accompagnement d’un avocat. Quant au nouveau bureau de conciliation et d’orientation (BCO), qui succède au simple bureau de conciliation, le bilan est pour l’instant en demi-teinte. Les conseillers prud’hommes se disent satisfaits de disposer dès la requête introductive d’instance, d’un dossier plus étoffé qui facilite la conciliation. Mais certains conseillers regrettent que la comparution personnelle des parties ne soit plus exigée et y voient ainsi un obstacle à la conciliation. Enfin dans cette nouvelle réforme il s’agira de plafonner les indemnités prud’homales. Les conseillers sont élus tous les cinq ans et leur mandat est renouvelable. Les élections sont nationales et les électeurs doivent choisir un nombre égal de salariés et d’employeurs. Toute personne de nationalité française âgée de 21 ans au moins et n’ayant jamais été condamnée au pénal peut devenir candidat à l’élection. A Pointe-à-Pitre, les listes électorales sont affichées à la mairie mais également à Basse-Terre et au conseil des prud’hommes. Depuis 2017, les conseillers ne sont plus élus mais désignés par les syndicats et le patronat. Leur mandat durera 4 ans.

Suppression de la taxe d’habitation

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En octobre dernier, les députés ont voté la suppression de la taxe d’habitation, avec 65 voix pour contre 14 contres, d’ici 2020. La disparition de ce prélèvement est programmée progressivement et doit bénéficier aux classes moyennes.

Qui va en profiter ?

-un célibataire gagnant moins de 30 000 euros par an (revenu réel)

-un couple sans enfants gagnant moins de 48 000 euros par an

-un couple avec 1 enfant gagnant moins de 54000 euros par an

-un couple avec 2 enfants gagnant moins de 60 000 euros par an

-un couple avec 3 enfants gagnant moins de 66 000 euros par an

-Pour les couples retraités gagnant moins de 36 000 euros par an.

Cette réforme se fera sur trois ans. Pour les 80% de français concernés le montant diminuera de 30% en 2018 puis de 65 % en 2019 pour disparaître complètement en 2020. Cette suppression représente un manque à gagner pour le gouvernement de dix milliards d’euros. Et aujourd’hui qui paye la taxe d’habitation ? Ce sont à la fois les locataires et les propriétaires d’un bien. Les ménages les plus modestes bénéficient déjà d’exonération, ce qui représente en moyenne 2 habitants sur 10. Avec cette nouvelle réforme ce sont 8 habitants sur 10 qui ne payeront plus cette taxe.

Le taux de cette taxe est décidé par les communes et les collectivités locales, ce qui explique que d’une commune à l’autre, les taux soient aussi différents. Si la commune est riche et dotée d’industries, la taxation sera plus modérée que dans une commune à faible PIB par habitant. La recette de cette taxe permet de financer les services publics comme les écoles. Elle est calculée pour chacun selon la valeur du bien et la situation du contribuable. Evidemment, les élus locaux, habitués des promesses non tenues de l’État, savent bien que la compensation choisie ne comblera qu’en partie le manque à gagner. Et par ailleurs, c’est une façon de mettre les collectivités sous la tutelle de l’Etat. La confédération Générale du Logement a prouvé que la Guadeloupe et la Martinique sont caractérisées par une taxe d’habitation et une taxe foncière élevées par rapport aux autres départements français. Une étude lancée en 2012 a révélé que la taxe d’habitation moyenne, en Guadeloupe, est de 21 % et de 20,5% à la Réunion. Quant à la Martinique et à la Guyane, le taux est respectivement de 16.5% et 17.5 %. En comparaison, il est de 3% à Paris et 10% en Ariège. Localement, le taux le plus élevé de cette taxe est à Sainte-Anne avec 25.59 % et au Gosier avec 23.38 % puis Saint-François avec un taux de 20.58 %. Les taux de la taxe d’habitation les plus faibles sont à Le Moule avec 11.94%, Baie-Mahault avec 9.82% et Petit-Canal 5.78% (source Proxit)

Les « aides de camp » mieux payés que leur ministre

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Une fois n’est pas coutume dans cette rubrique, nous n’aurons même pas à attendre la nouvelle année, René Dosière, ancien député apparenté socialiste, s’appuyant sur un document annexé au projet de budget pour 2018, et publié par Bercy, déplore les rémunérations des membres des cabinets ministériels qui aurait augmenté de 20%.

« La rémunération moyenne brute (primes comprises) des 232 membres des cabinets ministériels s’élève à 9 186 euros mensuels soit +20,5% par rapport au gouvernement Valls« . Ce spécialiste du contrôle de l’argent public a jugé « choquante » l’augmentation de la rémunération des membres des cabinets ministériels du gouvernement, même si ces derniers sont moins nombreux ce qui était d’ailleurs une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron. Le rapport sur lequel il se base est intitulé « personnels affectés dans les cabinets ministériels » et détaille la situation ministère par ministère, cabinet du Premier ministre compris, au 1er août 2017. Il montre que les effectifs s’élèvent au total à « 300 agents, soit une baisse de 47% par rapport aux effectifs recensés au 1er août 2016 (563 agents) ». « C’est la conséquence de la réduction du nombre de ministres (30 au lieu de 38) et de la limitation à 10 personnes de la taille du cabinet restreint ». « Dans douze ministères, la rémunération est supérieure à cette moyenne: au total, plus de 80 membres de cabinet sont mieux payés que leur ministre », a également relevé René Rosière.

Elargir l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants

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Emmanuel Macron veut ouvrir l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires (une fois tous les cinq ans) et aux professions indépendantes (artisans, commerçants, entrepreneurs, professions libérales, agriculteurs…).

En contrepartie, le contrôle des demandeurs d’emploi sera renforcé. Et un système de « bonus-malus » pourrait être mis en place sur les cotisations patronales pour pénaliser les entreprises qui ont un recours excessif aux emplois précaires (CDD, intérim…). Cet élargissement pourrait coûter à l’Unédic pas loin de 14 milliards d’euros la première année, et de 3 à 5 milliards les années suivantes. Un chiffre très éloigné des premières estimations d’Emmanuel Macron établies à 1,44 milliard. Du même coup, le régime de l’Unédic aujourd’hui géré paritairement par les syndicats et le patronat, pourrait basculer vers une gestion tripartite avec un pilotage de l’Etat. Pour financer ce chantier, le gouvernement table notamment sur un taux de chômage de 7% en fin de quinquennat qui permettrait une diminution des dépenses d’indemnisation et une hausse des recettes. Mais pas seulement, il étudie la possibilité de durcir les conditions d’indemnisation pour les démissionnaires. La réforme, qui prévoit déjà que ce droit ne soit utilisable qu’une fois tous les cinq ans pour ces derniers, pourrait par exemple inclure un délai de carence. Un projet de loi est attendu en avril 2018, après une concertation de six mois avec les partenaires sociaux. Cet élément pourrait être en Guadeloupe, un incitateur supplémentaire, sur un terrain déjà bien fertile en matière de travailleurs indépendants. Il est vrai que le nombre de non-salariés a augmenté de 25% en cinq ans, avec de fortes disparités de revenus.

 

Fin du RSI : ce qui va changer pour les indépendants

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Au 1er janvier 2018, le régime social des indépendants (RSI) rejoindra le régime général.

Créé en 2006, et applicable en Guadeloupe dès l’origine, le RSI compte en France, 6,6 millions de cotisants, au 1er janvier 2017. Dans les trois DFA, le RSI englobe 76 000 bénéficiaires et 51 000 cotisants. Ils sont près de 24 000 en Martinique et 39 000  en Guadeloupe. Il s’adresse aux professions libérales, aux entrepreneurs, aux petits commerçants mais aussi aux travailleurs indépendant exerçant en free Lance. Sa vocation : assurer le versement des retraites complémentaires, des indemnités journalières, des prestations maladies ou encore maternité. Très beau sur le papier, sur le terrain c’est un « foutoir » incontrôlable. Les affiliés se plaignent fréquemment d’erreurs dans le calcul des cotisations, de courriers contradictoires, de difficultés à se faire radier ou encore de manque de visibilité des cotisations. Selon une étude du syndicat des indépendants publiée en février 2017, 76,4% des indépendants ont une opinion négative de ce régime, que la Cour des comptes avait qualifié de « catastrophe industrielle » dans un rapport de 2012.

En Guadeloupe, pour tenter de redresser la barre, il a fallu que la collectivité régionale s’en mêle. Elle a même signé, en avril dernier, une convention avec le RSI local. Cette convention prévoyait la mise en place d’un dispositif régional d’amélioration des relations des entreprises avec la CGSS et le RSI. Il s’agissait de recruter des conseillers  en Entreprise, principalement chargés d’informer, de conseiller et d’accompagner les artisans et les chefs d’entreprise. Ainsi donc l’incompétence du RSI, obligeait la région a recruter des conseillers payés sur les deniers du contribuable

Cette réforme sur le RSI a été actée à la rentrée, dans le cadre du vote de la loi de financement de la sécurité sociale et doit être opérationnelle dès janvier 2018. Elle pourrait prendre la forme d’un “guichet” spécifique au sein du régime général. Le gouvernement assure que les cotisants indépendants ne connaîtront pas d’augmentation de leurs cotisations. Néanmoins, le personnel est inquiet comme les 70 personnes qui travaillent pour le RSI en Martinique, Guadeloupe et Guyane et se posent des questions sur leur devenir.

De leur côté, les 13 caisses qui composent actuellement le RSI devraient êtres réparties au sein des différentes branches de la sécurité sociale. En revanche, les professions libérales continueront de bénéficier d’une caisse de retraite propre : actuellement, contrairement aux artisans et commerçants, le RSI ne les couvre que pour l’assurance-maladie. La situation ne devrait pas évoluer.

Edouard Philippe, le 1er ministre a déclaré que les salariés et les indépendants auraient désormais un statut proche: « beaucoup des prestations auxquelles vous avez droit se sont rapprochées de celles des salariés. Je pense par exemple à la prise en charge des arrêts maladie ou aux modalités de liquidation des retraites de base ». Néanmoins, certaines particularités propres aux indépendants perdureront : « c’est ainsi le cas de l’action sociale, notamment s’agissant de la prise en charge des cotisations pour les assurés en difficulté. C’est aussi le cas du régime des retraites complémentaires. Enfin, les travailleurs indépendants conserveront leurs propres règles en matière de cotisations. Il n’est pas question d’aligner leurs cotisations sur celles des salariés, ce qui aurait pour conséquence une augmentation de 30% de leur niveau de contribution ».

ISF version Macron

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Le gouvernement Macron a décidé de transformer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cette initiative aura pour conséquence de réduire de trois quarts les recettes de l’ISF, soit 3,2 milliards d’euros. Un cadeau qui profitera surtout aux plus fortunés.

Le périmètre du calcul de l’ISF est celui foyer fiscal, c’est à dire les couples et les enfants mineurs. Toutefois son calcul ne varie pas en fonction du nombre de personnes rattachées au foyer fiscal, mais bien du patrimoine possédé.

Jusqu’ici, le périmètre de l’ISF allait bien au-delà du patrimoine immobilier. On comptait certes les propriétés (maisons, appartements, terrains, etc.), mais aussi les placements financiers et les liquidités (espèces, comptes courants, etc.), les meubles, les véhicules, les chevaux de course, les bijoux… L’exécutif compte sortir de l’assiette de l’ISF, les valeurs mobilières (détention d’actions, d’entreprises, d’obligations…). L’ISF version Emmanuel Macron sera donc réservé aux foyers fiscaux dont le patrimoine immobilier exclusivement, dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier de l’année.

Seulement la question pertinente que se posent les détracteurs c’est : Où les super-richesconcentrent-ils leur fortune ? En actions et en placements boursiers principalement, qui ne rentreront plus dans le périmètre du nouvel ISF. On va donc avoir un impôt exclusivement pour les “petits riches”
Aujourd’hui, il y a « 330 000 redevables de l’ISF pour une recette de 4,1 milliards d’euros », a affirmé le ministre de l’économie Bruno Le Maire devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. La réforme voulue par le gouvernement va faire sensiblement diminuer cette recette, puisqu’elle ne devrait plus représenter qu’autour de 850 millions, soit une baisse de 3,2 milliards. A l’arrivée, environ 150 000 personnes en resteront redevables, selon le ministre, soit 40 % des foyers concernés jusqu’ici.

En Guadeloupe en 2010, 400 foyers étaient redevables de l’ISF soit 0,36% des contribuables alors que 25,5 % de la population bénéficie de la CMU.

Tout naturellement, leur nombre va diminuer, mais ceux qui comme à Saint-Barth ont juste hérité de terrains qui ont pris de la valeur, continueront à payer ISF, sans pour autant posséder des fortunes… pas très juste tout ça.

Congé maternité unique : bientôt les mêmes droits pour toutes les femmes

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Une femme salariée, enceinte a droit à un congé maternité de minimum six semaines avant l’accouchement et dix semaines après, soit 16 semaines au total, soit 112 jours. Si elle en est à sa troisième grossesse, elle aura droit à huit semaines avant l’accouchement et 18 après. Et se sera encore davantage si elle attend des jumeaux ou des triplés. En revanche, une femmes pigiste, auto-entrepreneuse, intermittente du spectacle, ou en profession libérale (…) a jusqu’à présent des congés de maternité épars, moins bien rémunérés et surtout beaucoup plus courts. Rétablir l’équilibre entre les femmes, c’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Voilà pourquoi, la secrétaire d’Etat, Marlène Schiappa,  chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a annoncé en juin dernier, la mise en place d’un congé maternité unique pour toutes les femmes. « Il offrira les mêmes garanties à toutes, quel que soit leur statut», expliquait Marlène Schiappa.

Le code du Travail prévoit que toute femme enceinte a droit à un congé maternité, quelle que soit sa situation professionnelle (salariée, indépendante, chômeuse). Il comprend un congé prénatal (avant l’accouchement) et un congé postnatal (après la naissance de l’enfant). En fonction du nombre d’enfants attendu et du nombre d’enfants que la mère a déjà à charge, il peut être prolongé. Durant ses semaines de congé, la sécurité sociale peut verser une indemnité journalière qui peut aller jusqu’à 84,90 euros par jour. Ce montant est calculé sur la base des salaires des trois derniers mois précédant le congé. A l’indemnité légale peut s’ajouter une indemnité complémentaire prévue par la convention collective (cela peut aller jusqu’au maintien intégral du salaire).

Le congé maternité des travailleuses indépendantes

Les femmes qui exercent un métier artisanal, commercial, libéral ou qui sont chefs d’entreprise relèvent du régime social des indépendants (RSI). Elles ont droit à un congé maternité d’une durée minimale de deux semaines avant l’accouchement et quatre après. Soit 44 jours d’arrêt. La durée peut être allongée et passer au maximum à 59 ou 74 jours au total.

Le montant des indemnités journalières s’élève à 2 364,56 € pour les 44 premiers jours d’arrêt. soit 53,72 euros, c’est 31 euros de moins que pour une femme salariée. Afin de compenser la diminution d’activité, une seconde indemnité, appelée allocation forfaitaire de repos maternel, est également versée. Les conjointes-collaboratrices d’un artisan, commerçant ou conjoint exerçant une activité libérale ont également droit à une indemnité journalière (52,87 € par jour pendant 90 jours maximum) et une allocation de repos maternel.

Les intermittentes et professions libérales

Les intermittente du spectacle ont droit de percevoir une indemnité journalière si elles remplissent les mêmes conditions d’ouverture de droits que les salariés.

Concernant les professions libérales, les médecins, infirmières, sages-femmes ont droit à la même durée de congé maternité que les salariés et bénéficient d’une allocation forfaitaire de repos maternel et d’indemnités journalières.

Quant aux avocates et collaboratrices libérales, le congé maternité dure 16 semaines, avec un minimum de six semaines après l’accouchement.

Enfin, si vous êtes au chômage, vous pourrez percevoir une indemnité journalière si vous percevez une allocation chômage ou en avez perçu une au cours des 12 derniers mois, ou si vous avez cessé de travailler depuis moins d’un an.

Que devrait changer la réforme ?

Etablir un congé maternité unique signifie garantir à toutes les femmes enceintes un minimum de 16 semaines de temps de repos, quel que soit leur statut. La déclaration devrait se faire via un futur « portail numérique unique ». L’administration se chargerait ensuite de calculer le montant de leurs indemnités. Concernant leur harmonisation, rien n’est tranché pour le moment. La secrétaire d’Etat devait  rencontrer avec ses équipes les partenaires sociaux et les dirigeants de la Sécurité sociale avant l’été… c’est partie remise.

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