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« Ce qui a changé ma vie »

« Mon grand père était un écologiste avant l’heure »

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Jocelyn Sapotille est né en 1962, au Lamentin. Sa maman va élever seule ses trois fils dans des conditions de vie très modeste. Il fallait donc se débrouiller pour améliorer le quotidien.

Aussi dès l’âge de 14 ans, Jocelyn s’est vu confier un petit lopin de terre sur lequel il a cultivé concombres et christophines et confiait à sa grande mère paternelle, le soin d’aller les vendre au marché de Pointe-à-Pitre. C’est ainsi qu’il a pu acheter sa première guitare puis son vélo. Car c’est un guitariste de talent mais aussi percussionniste et parfois même chanteur. Il s’est produit sur de nombreuses scènes. Mais c’est en autodidacte qu’il apprend avec son cousin et monte un groupe avec Thierry Benoit. Au lycée, il occupe les fonctions de président de la Union nationale des étudiants et élèves de la Guadeloupe (UNEG) et le restera de nombreuses années. Après son bac, il intègre la fac de droit à Fouillole. Il décroche sa maitrise et opte pour l’éducation nationale, bien plus par contrainte que par vocation. Mais il doit gagner sa vie correctement après avoir enchainé les petits boulots comme vendeurs d’encyclopédie ou surveillant pour se payer ses études. Après quelques mois, c’est confirmé il n’a pas la vocation. Il passe le concours de la poste et part travailler à Paris. La bas, il poursuit ses études en candidat libre, décroche un diplôme en gestion du personnel et ressource humaine, et immédiatement, la direction des ressources humaines de la poste Guadeloupe fait appel à ses services. On est en 1993. Toujours passionné, il lance en parallèle, une société de production de disques et de vidéos et produit des artistes guadeloupéens, jusque dans les années 2000.

Et s’il a toujours appartenu au monde associatif notamment celui de la Petite Reine, il ne s’est intéressé que bien plus tard au monde politique. D’abord premier adjoint de José Toribio, il donnera sa démission trois ans plus tard et se présentera contre lui aux élections suivantes pour le battre. Il veut redonner des couleurs au Lamentin et entend bien poursuivre sa tâche après 2020. L’homme qui aura marqué sa vie c’est sans aucun doute son grand père paternel. Un homme dit-il rempli de sagesse, pas d’une grande éducation, mais doté d’une grande culture orale. « C’est le 1er écologiste que j’ai rencontré à une époque où personne n’en parlait ». Et aujourd’hui le maire du Lamentin qui est aussi depuis 2014, président de la communauté d’agglomération du nord Basse-Terre est très attaché aux questions environnementales. Maintenant on sait pourquoi.

Jean-Paul Fischer : Un instituteur lui tend la main

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Pas facile, petit garçon d’avoir confiance en soi, de rêver de réussir sa vie quand on est né dans une famille très modeste qui a bien du mal à nourrir toute la fratrie.

Voici l’histoire de Jean-Paul Fischer qui a eu la chance d’avoir à l’école élémentaire un instituteur qui a cru en lui, qui lui a fait comprendre qu’il pourrait faire des études car il en avait la capacité. Seulement voilà, très tôt, Jean Paul Fischer a du s’assumer et ne compter sur personne d’autre que lui-même. Il a tour à tour été maçon, mineur et même porteur de charbon. Mais il avait toujours en mémoire les encouragements de son instituteur. Alors un jour, il en a eu assez de toutes ces galères. Il avait quelques petites économies et il a passé son bac en candidat libre et enchainé trois années d’études supérieures. Il est devenu directeur d’hôpital outre atlantique. Et il découvre la Guadeloupe. Il en tombe amoureux et décide de venir s’installer comme directeur de l’hôpital de Saint-Claude. Pendant trois ans, il va redresser l’établissement qui connait des difficultés financières. Un parcours qui n’est pas sans embuche et qui lui vaut d’être séquestré à l’occasion d’un mouvement social. Puis en 1982, alors que Lucette Michaux Chevry vient d’être élue présidente de la collectivité départementale, elle le recrute comme directeur des services techniques. Fonctions qu’il occupera jusqu’en 85 au moment du changement de présidence. Jean-Paul Fischer restera un proche de Michaux, à telle enseigne qu’en 2004, aux régionales, il est son directeur de campagne. Néanmoins lorsque Victorin Lurel prend les commandes de la Région, en 2004, Jean-Paul Fischer qui connait bien la « machine » lui soumet un certain nombre de propositions auxquelles il adhère au point que le président lui confie la direction de la Sem Patrimoniale régionale en 2010.

Entre temps, en 1985, avec le maire Albert Fleming et d’autres élus de Saint-Martin, il va créer une SEM pour développer les infrastructures de l’île. C’est la période de la défiscalisation. Une aubaine pour la jeune société car les projets publics et privés s’enchainent. Et si le capital initial est de 150 000 euros, au départ du co fondateur en 2009,   il est de 52 millions, faisant de la Semsamar, la 3ème SEM de France.

L’envers du décor se sont ses démêlés avec la justice. Dans les années 2000, Jean-Paul Fischer est mis en examen notamment pour « recel de détournements de fonds », et plus récemment en juin 2015. Suite à leur mise en examen dans l’«affaire Semsamar» pour prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournement de fonds, Jean-Paul Fischer et Marie-Paule Bélénus-Romana, ancien et actuelle dirigeant(e)s de cette SEM, sont placés sous contrôle judiciaire et libérés sous caution. Il est vrai que Jean-Paul Fischer est devenu un véritable capitaine d’industries, pour n’en citer que quelques unes, il est, ou a été, le président de la société ACO, de la société Guyane Lycées, il est ou a été gérant de la SARL Amoc International, gérant de la société Samagest, une des filiales de la Semsamar, gérant de la société SCI SEMAR. C’est certain, son instituteur pourrait être fier du chemin parcouru depuis l’époque où il était porteur de charbon. C’est probablement aussi ses origines qui ont amené l’homme à s’engager sur le plan humanitaire. Sur ses deniers personnels, il participe à la réalisation de l’hôpital français à Haïti. Il intervient en Afghanistan et à Saint-Martin pour aider les populations dans la détresse. Sa devise : savoir s’adapter et ne jamais s’avouer battu.

Derrière chaque grand homme…. une femme

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Camille Gallap est né au Havre en 1965, dans une fratrie de 3 enfants, de parents Martiniquais. Son père est douanier et en 1970, il est muté en Guadeloupe. Camille passe son bac en Guadeloupe et poursuit ses études de biochimie à Toulouse puis au Havre jusqu’en 1984. Il enchaine sur un DEA à l’université Paris 6 avant de repartir sur le Havre, en 1990, retrouver son épouse, son 1er fils, et boucler son doctorat en biologie. Il sera d’ailleurs le 1er dans cette académie à le décrocher en 96, deux jours avant la naissance de son 3ème enfant.

Il devient ensuite maitre de conférence, puis vice-président de l’université du Havre et président de 2005 à 2012, élu avec une nette avance de voix sur le second. Il s’est entre autres beaucoup impliqué dans la vie sportive, culturelle des étudiants et celle du handicap.

En 2012, il devient professeur des universités, puis directeur adjoint de l’école supérieur de l’éducation nationale, en charge du département enseignement supérieur de la recherche. Il retourne en Normandie comme directeur du site du CNED. Et en décembre 2014, il est nommé Recteur de l’académie de Guadeloupe. Pourquoi lui ? Parce que son profil est intéressant à plus d’un titre. En 2014, il faut structurer l’université des Antilles et il connaît bien la machine depuis la base. Par ailleurs, comme il n’a jamais travaillé en Guadeloupe, il n’y a pas de conflit d’intérêt possible.

Monsieur le recteur est un hyper actif du travail, mais aussi du monde associatif notamment dans le domaine du sport. C’est un homme généreux et investi par ses diverses missions. Mais s’il est devenu ce qu’il est, s’est dit-il en toute sincérité, grâce à son épouse et son soutien indéfectible à ses côtés. Sans elle, il n’aurait jamais eu cette carrière remarquable.

« Mon grand père était un homme de bon sens »

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Sylvie Gustave dit Duflo a 46 ans. Elle est originaire de la commune de Baillif. Ses parents sont d’origine modeste : un papa artisan carreleur et une maman sage femme.

Aussi, elle a coutume de passer ses vacances chez ses grands-parents. Et elle garde un souvenir ému de son grand père maternel. Il était planteur de bananes et savait à peine lire. Il avait arrêté l’école à dix ans. Mais quand il rentrait de la coopérative, se souvient-elle, il la sollicitait systématiquement pour qu’elle lui lise une revue sur les dernières innovations. « Et cet exercice forçait mon admiration. Lui l’homme simple avec peu de connaissances, se passionnait pour les nouvelles technologies et avait un avis sur tout dans ce domaine. Je me souviens aussi d’une phrase qu’il répétait régulièrement et qui reste gravée dans ma mémoire : même si tu vas pas très loin n’oublie pas d’où tu viens ».

Et elle en a fait sa devise. A telle enseigne qu’après de brillantes études et avoir obtenu un master en sciences du cerveau à Toulouse puis Montpellier, être passée par l’université de San Francisco pour se spécialiser sur les accidents vasculaires cérébraux, elle devient maitre de conférence à l’université d’Aix Marseille, mais rêve d’une seule chose : revenir à Baillif près de votre famille.

Et une chose incroyable se passe. Un matin une jeune femme sonne à sa porte, elle lui propose un échange de poste avec elle, à Fouillole. Au début Sylvie Gustave dit Duflo pense même à un canular. Mais non et en 2006, elle rentre avec ses jumeaux qui ont alors 5 ans. Et en 2012 retour à la maison familiale au milieu des oncles des tantes des cousins et cousines, car c’est bien cet environnement qu’elle aime le plus.

Conseillère régionale depuis le début de la mandature de Ary Chalus, elle a été élue le 9 novembre dernier, par ses pairs, pour prendre la présidence du Comité de l’Eau et de la biodiversité.

« Il faut œuvrer pour l’émancipation des consciences »

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Jean-Marie Hubert est né à Port Louis, en 1950, entouré de ses parents, ouvriers agricoles à l’usine de Beauport et de ses 5 frères et sœurs.

Ayant grandi au cœur du chaudron cannier, ce n’est pas un hasard si très tôt, il adhère aux idées nationalistes. De tout temps, il y eu des mouvements forts autour de l’usine et des revendications des ouvriers agricoles comme de planteurs. Cette mobilisation permanente et cette ambiance va bien évidemment orienter ses prises de position. Et ce n’est pas un hasard non plus s’il adhère au conseil populaire pour la libération de la jeunesse Guadeloupéenne, un mouvement patriotique dont il devient adhérent alors qu’il n’a que 16 ans. A cette époque, il est étudiant au lycée agricole. Il poursuivra ses études supérieures à Poitiers, à l’université de sciences économie. Il décroche sa licence et revient au pays.

Son projet est de repartir très vite en coopération, au Kenya. Mais il profite de son passage en Guadeloupe pour tenter quelques concours et c’est le milieu bancaire qui va lui proposer un poste intéressant. Il délaisse alors son projet « d‘ailleurs » au profit de cette offre d’emploi et c’est ainsi qu’il fera toute sa carrière dans le monde de la finance.

A cette époque, la Guadeloupe bouge. Le jeune mouvement UTA/UGTG a vu le jour dans le nord Grande-Terre. Jean-Marie en devient un des militants et prend en charge l’encadrement des ouvriers de la canne. Selon lui, c’est grâce à la présence de se mouvement et à ses prises de position parfois dures, que la grande majorité du foncier guadeloupéen appartient toujours à la Guadeloupe de nos jours.

Puis en 1979, il y eu le plan Paul Dijou, alors secrétaire d’Etat aux DOM-TOM. Lequel voulait réaliser une réforme foncière en excluant le monde paysan, ce qu’il ne réussira pas à faire, face à la résistance locale. C’est aussi l’époque où le père Céleste entame une grève de la faim contre les inégalités sociales. Les ouvriers agricoles sont alors payés au SMAG et non au SMIC. Jean-Marie Hubert est à ses côtés dans ce combat moral et humain. Il se souvient non sans fierté de sa participation active pour l’organisation de la conférence des dernières colonies, en 84, à Anse-Bertrand. Puis on le retrouve pendant les événements de 85 et lors du blocage de Port Louis en 89.

Il était là aussi, lorsque l’UPLG a participé aux élections régionales en 91 et 92 puis aux élections municipales en 95. Jean Barfleur, nationaliste bien connu lui aussi, devient maire de Port Louis, et Jean-Marie Hubert son 1er adjoint. De 2000 à 2008, il devient président de la communauté de commune du nord Grande Terre, puis conseiller départemental en 2004 et depuis 2016, conseiller régional et président de la commission agriculture, pêche et développement rural au sein de cette collectivité. Et s’il y avait une chose majeure à changer en Guadeloupe aujourd’hui pour améliorer la situation se serait de créer une entité unique entre région et département.

Et si ses convictions ne furent jamais ébranlées, certains hommes qui ont croisés sa route, les ont renforcé et notamment deux d’entre eux qui furent Roland Thésauros et Claude Macoute, lequel fut secrétaire général de l’UPLG de 78 à 92 et Roland Thésauros, secrétaire administratif et membre du conseil politique de l’UPLG. Ces deux personnes ont renforcé la vision de Jean-Marie sur ses désirs de nationalisme. Mais la liste n’est pas exhaustive, il y a eu des hommes comme Sony Rupaire et Luc Edinval, des personnes d’influence qui dit-il : « m’ont inspiré et orienté et ont oeuvré pour l’émancipation des consciences du peuple guadeloupéen »

 

Sous l’influence de Rozan Girard

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Jean Girard est né à Grand Bourg de Marie-Galante en 1947 plus précisément à Morne Lolo, avant de traverser l’océan, une fois adolescent, pour se rendre au lycée Carnot et à Baimbridge.

Il poursuit ses études, dans l’Hexagone, à l’école des animateurs culturels et lorsqu’il revient en Guadeloupe, il intègre la direction de la Jeunesse et des Sports, comme animateur culturel puis au conseil départemental de la jeunesse jusqu’au début des années 70. Il décide alors de se lancer en politique. Il est vrai que son vivier familial ne lui laisse guère le choix. Son père était secrétaire général à la mairie de Grand Bourg, son grand père n’était autre qu’Egésipe Légitimus et Rozan Girard, son grand cousin. D’ailleurs, il a toujours cherché à marcher sur les traces de ce dernier, très impressionné par le parcours politique et humain de ce grand personnage. Il aura longtemps été son référent et c’est à lui qu’il dédie sa victoire lorsqu’il prend la mairie de Grand Bourg, face à Marcel Etzol, le 20 septembre 1981. Et si la politique est faite de moments exaltants elle peut être aussi cruelle, c’est du moins ainsi qu’il a vécu la défaite de Guy Tirolien aux élections législatives de 1978. Et si Jean Girard sait bien que « cette passion » n’est pas tendre, il est presque impossible de la quitter quand, comme lui, on a très tôt, attrapé le virus.

Jacques Bangou : « ma mère, une femme exceptionnelle »

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Jacques Bangou est né le 27 octobre 1950 à Paris et revient en Guadeloupe, alors qu’il a tout juste un an.

Il y suit toute sa scolarité en Guadeloupe puis poursuit ses études supérieures de médecine et de sciences à Bordeaux. Il obtient d’abord son diplôme de médecin généraliste puis celui de gynécologue obstétricien en 1982. Il appartient à la première promotion des étudiants de l’internat Antilles Guyane au CHU de Pointe-à-Pitre. L’établissement est à cette époque flambant neuf. Il ouvre ensuite son cabinet privé mais continue de consulter au service maternité de l’hôpital. S’il fait un rapide bilan, Jacques Bangou comptabilise pas moins de 3 500 naissances. Aujourd’hui, obligations politiques obligent il ne consulte plus qu’une seule fois par semaine, mais souhaite garder ce relationnel avec ses patients.

Et oui la politique a pris une grande place dans sa vie… comme papa même s’il n’aime pas qu’on le lui rappelle. Difficile pourtant de ne pas être influencé d’une manière ou d’une autre par cet environnement. Aussi, dit-il avec humour qu’enfant il ne passait pas ses week-ends à la mer comme les autres mais bien plus dans le meeting politique ou encore dans les campagnes, au planning familial où sa mère avait l’habitude de se rendre. Une mère qui a beaucoup influencé sa façon d’être. C’était une militante de la première heure des droits des femmes. Sa personnalité l’a profondément marquée. Elle venait parfois s’opposer à la vision de son père, car elle aussi venait d’une famille très engagée. Ses parents instituteurs laïques vont construire la première école au Niger. Et Jacques Bangou s’est beaucoup imprégné de ses valeurs, même si du coté paternel les engagements militants ne manquaient pas : un arrière grand mère, lieutenant de Légitimus, un grand-père militant socialiste et un père militant communiste. Comment échapper à son destin avec de telles lignées.

Des hommes de coeur

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Alan Nagam est né à Pointe-à-Pitre, en 1957. Il a grandi à Basse -Terre.

Son père est pâtissier traiteur mais aussi entraineur professionnel de boxe. Et le petit Alan rêve de marcher sur ses traces, mais sa mère s’y oppose. Il va donc tranquillement étudier au lycée Gerville Réache. Et vivre en direct les événements de la Soufrière. Il en sera marqué à vie. Il poursuit sa formation à l’institut de promotion commerciale, à la CCI. A 24 ans, Alan Nagam va créer sa première structure, un magasin de libre service. Il ouvre ensuite le premier fast-food à Basse-Terre, bien avant même l’arrivée de McDonald’s. Puis change complètement d’orientation pour se consacrer à la distribution de papier, pendant 15 ans. Actuellement, le patron des TPE évolue dans les métiers de l’environnement. Il dirige une entreprise de 9 salariés spécialisée dans l’entretien d’espaces verts et du cadre de vie pour les collectivités.

Alan Nagan est à la fois président de la Fédération des Très Petites Entreprises (FTPE) de la Guadeloupe, et de celle regroupant les autres départements d’Outre-mer. C’est avec cette étiquette qu’il s’est présenté comme candidat à la présidence à la chambre de commerce et d’industrie aux élections de 2016. Mais bien avant, il créait le 1er groupement des petits commerces de la région. Il est également connu pour son ancrage dans le monde associatif. Son plus mauvais souvenir, c’est la mort de René Serge Nabajoth. C’était son guide et son mentor. Il admirait ses idées visionnaires, sa façon de concevoir la ville et le vivre ensemble. Autre très belle rencontre dans sa vie, celle de Guy Cornelli. Il l’appréciait notamment pour sa culture, son implication sans faille au cœur de notre société.

Et c’est dit-il, en côtoyant des individus de cette hauteur, de cette largesse de cœur et d’esprit, « que j’ai voulu suivre leur trace et devenir non pas un humaniste, mais un homme en butte aux injustices et aux inégalités sociales ».

François Mitterrand, l’excellence politique

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Eric Jalton est né aux Abymes en 1961. Il quitte la Guadeloupe en 4ème alors qu’il est scolarisé au collège Massabielle, pour accompagner ses parents qui s’installent à Paris. Il va poursuivre ses études, jusqu’à l’obtention de son doctorat en chirurgie dentaire, en 1987, avant de rentrer « dare dare » sur son île qui lui manque terriblement.

Son cabinet dentaire est à quelques mètres de la maison familiale, mitoyen avec le cabinet médical de son père Frédéric Jalton. Homme politique à la réputation bien ancrée, c’était aussi un personnage humain et généreux qui soigne gratuitement ceux qui ne peuvent le payer. « C’est certain, à coutume de dire son fils, que cette empathie m’a contaminé, avant même qu’il ne me transmette la fibre politique ».

Naturellement, lorsque l’on est fils de maire, très tôt, cette ambiance si particulière devient votre quotidien. Les administrés, les conseillers et les alliés, ne se contentent pas de rendez-vous à la mairie, les retrouvailles se déroulent souvent aussi à la maison. Eric est un jeune garçon observateur et curieux, il perçoit ce milieu, s’en imprègne, mais dit-il si sa route n’avait pas croisé celle d’un autre homme, jamais il n’aurait milité de manière aussi jusqu’au-boutiste, jamais il ne se serait engagé de façon aussi personnelle. Cet homme, c’est François Mitterrand pendant la campagne des présidentielles, en 74. Il est face à Valery Giscard d’Estaing, au 2ème tour, et Eric qui n’a pourtant que 13 ans, il ne rate pas une seule de ses interventions. Il est fasciné par ses talents d’orateur, pas son charisme, ses idéaux, sa façon de s’adresser aux français, sa manière d’assurer l’union de son parti, d’aborder des thèmes comme le social, la solidarité, l’humain, le partage des richesses et toutes les autres valeurs de la gauche, à l’époque.

Il s’est identifié à lui, il a adhéré à sa vision, et s’est lancé dans la bataille quelques années plus tard. 1992 il est élu conseiller régional puis conseillé général en 1998. En 2002, il devient député et en 2008, maire des Abymes. Et il y a 3 ans il prend les rênes de la communauté d’agglomération Cap Excellence. Une vie politique intense comme celle de son mentor.

Josette Borel Lincertin

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Josette Borel Lincertin est née à Capesterre de Marie-Galante en 1942. La présidente se souvient d’une maison pleine d’enfants car elle habitait le bourg et beaucoup de familles vivaient alors dans les campagnes. C’est pourquoi, elle explique non sans humour qu’elle avait bien plus de trois frères et soeurs et de rajouter avec émotion « Nous n’étions pas riche mais heureux tout simplement ». Cette ambiance de partage et de générosité a forgé la personnalité de la petite fille qui en grandissant accordera toujours une grande part d’attention aux autres.

Elle débarque en Guadeloupe à 14 ans pour aller au collège. Sa maman qui rêvait d’une bonne instruction pour ses enfants était persuadée que ce serait mieux en traversant ce petit bout de l’atlantique. Elle part ensuite étudier à Paris et revient à l’âge de 22 ans. Enseigner, c’est son ambition, depuis toute jeune. Et pendant près de 20 ans, elle inoculera des formules de mathématiques, au collège des Abymes avant d’en devenir la principale adjointe, comme au collège de Pointe-Noire par la suite. Elle part pour l’académie d’Amiens comme chef d’établissement, repasse  par la Martinique avant de rejoindre définitivement sont archipel comme première femme proviseur en Guadeloupe, d’un lycée technique, celui de Rivière des Pères en 93, qu’elle inaugure. Ensuite c’est le prestigieux lycée Gerville Réache à Basse-Terre qui depuis sa création en 1951, n’avait jamais été dirigé que par des hommes.  Elle prend sa retraite en 2004,  mais avant de partir, elle lance la classe prépa littéraire. En 2004, parité oblige, elle découvre le monde politique en soutenant Victorin Lurel pendant sa campagne des régionales et devient ensuite  sa 1ere vice-présidente. Fonction qu’elle conserve pendant ses deux mandats alors que de 2012 à 2014, elle occupe le fauteuil de présidente de région. Depuis 2015 elle est présidente du conseil départemental.

Une rencontre formidable pour Josette Borel Lincertin c’est celle avec un médecin des hôpitaux de Paris. « Je venais d’accoucher de ma fille, je devais rentrer sur mon île, j’avais mon travail, et mes trois jeunes garçons, mais mon bébé devait rester en observation à l’hôpital. J’étais désespérée, anéantie. Et je me suis retrouvée face à un très grand professeur de médecine d’une simplicité extraordinaire. Il a compris ma douleur de mère. Chaque jour,

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