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Analyse et décryptage

Dossier de l’eau : les élus seraient-ils enfin d’accord ?

Dans la rubrique Analyse et décryptage

L’article publié dans le TI Journal N°129 du 1er février a déclenché des réactions chez certains présidents d’EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale).

Il est vrai que la déclaration de la directrice de l’AFD (Agence française de développement) a pu en froisser quelques uns, qui comptaient sur les financements des bailleurs de fonds pour éviter de piocher dans leur propre caisse. La directrice explique que sa structure ne s’engage que lorsque les comptes des EPCI sont équilibrés ou en passe de l’être ou encore si ces établissements publics démontrent une volonté commune à aller dans ce sens. Et il est vrai qu’en Guadeloupe on est loin du compte. Il y a à peine quelques jours, la CRC a épinglé la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe pour un déficit sur le budget de l’assainissement de 2 millions d’euros et de plus de 5 millions pour celui de l’eau. Et elle n’est pas la seule.

Ce même jour, au conseil régional de Guadeloupe se réunissaient les présidents des deux collectivités majeures, les 6 présidents des EPCI, le Préfet de région et quelques techniciens en charge de ce sujet afin de lancer le plan d’urgence sur l’eau potable.

Naturellement il a été question des déclarations de la directrice qui en réalité n’a fait que s’appuyer sur celles du 1er ministre en visite en Guadeloupe, le 4 novembre dernier. C’est lui le premier qui a rappelé que l’Etat était aux côtés de la Guadeloupe, à condition qu’il y est un consensus entre les élus sur le fameux dossier de l’eau.

Et là rien n’est gagné. Car à cette fameuse réunion jeudi dernier pour lancer le plan d’urgence sur l’eau, il n’a pas été facile de soutirer aux EPCI, les deniers nécessaires pour boucler le budget et principalement à Cap Excellence. Il fut question de « manque de respect », de « manque d’engagements » entre Harry Chalus et Eric Jalton et puis finalement un accord « à l’arrache » a été trouvé et s’est arrêté sur un plan d’action global de 71,4 millions d’euros.

La Région cherche le chemin de la rigueur

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Pas plus tard que lundi la Région envoyait un communiqué à la presse. L’objectif : « rappeler certaines structures de formation à une gestion financière et administrative plus rigoureuse et plus responsable ». Il est vrai que la collectivité est dans son bon droit. En 2016, elle a versé 200 000 € au CFA (centre de formation d’apprentis) Jean Belloc, au titre de la régularisation des charges sociales et fiscales, lui évitant ainsi une liquidation judiciaire, puis 400 000 euros en 2017. Globalement, sur ces deux dernières années, la Région a consacré à l’apprentissage plus de 11 millions d’euros en termes de dépenses de fonctionnement (programme de formation, accompagnement social des apprentis, indemnités compensatrices versées aux employeurs) et plus de 550 000 € au titre des dépenses d’investissement. En contrepartie nombreux sont les CFA, bénéficiaires de ces subventions régionales, qui oublient de rendre des comptes à la Région en ne produisant pas dans les délais les bilans d’exécution des subventions perçues. La région exige donc une gestion administrative et financière plus rigoureuse mais montre-t-elle l’exemple ?

Lorsque le syndicat CFTC obtient en juillet dernier devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux, à la fois l’annulation de la nomination du directeur général des services de Guadeloupe Formation, et le prononcé d’une déclaration d’illégalité sur le fait que les agents ne pouvaient ni relever, ni bénéficier de contrats de droit privé, on est en droit d’exiger de la rigueur aussi à ce niveau. En réponse Ary Chalus, président de Région, délibère avec son conseil pour créer un EPIC formation. Voilà une démarche très risquée. Pourquoi ? La création d’un EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) exige une autorisation spéciale. En effet, lorsque son prédécesseur Victorin Lurel lance un EPA (Etablissement public administratif), il suit la procédure. C’est-à-dire qu’il demande à l’Assemblée Nationale de lui accorder une habilitation pour le faire. Il l’obtient pour deux ans comme le veut la loi. Cette habilitation lui permet de légiférer en matière de formation et donc de créer l’EPA. En aucun cas cette dérogation ne lui permet de modifier le code de la fonction publique. Et le personnel relève du droit public. Pour créer son EPIC, la région avait l’obligation de demander à nouveau une habilitation devant l’ A.N. ce qu’elle n’a pas fait. Il n’a donc pas d’existence légale d’une part et ensuite son personnel contrairement à la réalité, doit obligatoirement relever du droit public. Bref, la collectivité va devoir revoir sa copie et faire preuve de… rigueur comme les autres.

La fédération du bâtiment ne se fera pas « roulée dans la farine »

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La construction du nouveau CHU (600 millions de travaux) a fait l’objet récemment d’une réunion en préfecture avec le représentant de l’Etat pour mettre les choses au clair et notamment sur la répartition des marchés, qui de prime abord semblait échapper aux entreprises locales.

Au cours de cette rencontre avec les professionnels, certains représentants syndicaux, les responsables des collectivités majeurs et autres acteurs incontournables, quelques idées ont été retenues voire actées.

Toutefois, la Fédération régionale du bâtiment et travaux publics (FRBTP) n’entend pas en rester là.  Et le 4 janvier dernier, son secrétaire général Jean-Luc Tros, a fait parvenir un courrier à Eric Maire, préfet de région, dans lequel il expliquait que « la FRBTP ne saurait se satisfaire des débats récents et de la mise en place d’un comité de pilotage qui comme chacun le sait n’a pas d’autorité et encore moins force de moi (…) il ne suffit pas d’allotir les prestations d’un marché public pour prétendre avoir respecté la réglementation du code des marchés sur l’allotissement. » Et l’auteur de préciser que le lot D qui regroupe 29 corps d’état aurait pu être divisé en 7 lots sur le plan technique. Et il met en doute que le maitre d’ouvrage au stade de l’appel d’offre soit en mesure de justifier que le regroupement de ces 29 prestations engendre une réduction significative du coût. La fédération considère que les prestations sont trop différentes pour les regrouper en un seul lot. Il dénonce aussi et surtout le chiffre d’affaire minimal de 200 millions d’euros, exigé pour l’entreprise qui aurait en charge le lot D.

Et de rassurer son correspondant que le but de sa démarche n’est pas de quereller cet appel d’offre (on aurait pourtant pu le croire). Non, l’objet de sa démarche c’est carrément de remettre en cause la réglementation nationale et européenne pour l’adapter au contexte local.

Il souhaite que soit possible de cumuler les C.A. de toutes les entreprises qui se regrouperaient dans chacun des lots, après dislocation du lot D, pour atteindre les 200 millions non pas sur un an mais sur 4 ans, tout en évitant qu’un même titulaire ait plusieurs lots en même temps.

Dernier point qui fait bondir, à juste titre, l’auteur de la lettre, il s’agit d’une clause qui précise « l’hôpital s’autorise par la suite à construire un nouvel hôpital sans publicité et sans mise en concurrence pour des prestations similaires » Il y a effectivement de quoi réagir

Syracuse

Afrique, Haïti, Salvador… « Des pays de merde » … et si ce n’était pas tout à fait faux

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Dans l’édition de l’hebdomadaire Fraternité, largement diffusé au Togo, le titre de couverture est le suivant « Afrique, Haïti, Salvador… les éléments qui donnent raison à Donald Trump » Et c’est sous cette accroche provocatrice et sous la plume de notre consoeur Cyrille Pessewu que le décryptage s’égrène.

Pour comprendre ces propos il faut regarder par le petit bout de la lorgnette. Trump se serait laissé emporter lors d’une réunion tenue fin de semaine dernière, à la Maison Blanche sur l’immigration. Le président américain Donald Trump, aurait, selon des propos rapportés par plusieurs médias, et même s’il s’en défend aujourd’hui, traité les pays Africains, Haiti et le Salvador de pays de merde. Ce tronçon de phrase suscite depuis lors des remous diplomatiques à bien des niveaux. Des propos insultants (…) qui ne seraient néanmoins pas complètement faux dans la réalité. La journaliste Cyrille Pessewu s’interroge : « Comment comprendre que le continent africain, pourtant riche en ressources minières, n’arrive pas à contenir ses enfants dont bon nombre d’entre eux, à la recherche du bien être, finissent dans la mer ? Comment comprendre qu’en ce 21ème siècle, un chef d’Etat puisse s’offrir un pouvoir à vie, qui plus est dans une démocratie ? Et pourtant ces exemples sont légions en Afrique (…) ».

Une fois la colère passée sur ces propos qualifiés de racistes, il faut prendre le temps d’analyser la situation dans les pays cités. Et en Afrique rappelle notre consoeur, la situation sociopolitique fait ressortir un constat qui d’une « certaine manière » pourrait  donner raison à Donald Trump. « Pour le pouvoir, les dirigeants affament le peuple, pour mieux les manipuler. Pour le pouvoir, le dirigeant africain devient un loup pour ses concitoyens qu’il tyrannise et domine. C’est encore en Afrique que le choix du président de la République et tout sauf le choix du peuple. En l’absence d’une véritable politique sociale qui prendrait réellement en compte les profondes aspirations du peuple et ses besoins, se sont érigés en mode de gouvernance, la corruption, l’impunité et le favoritisme. C’est une réalité dans bon nombre de nos pays dont le Togo, ou le système de soins par exemple est archaïque, et les systèmes d’assainissement dans les grandes villes inexistants ». Ce sont bien des indices probants qui attestent que l’Afrique est malade de ses dirigeants.

Naturellement, les propos en eux-mêmes sont condamnables. Et pas loin de 90 organisations de leaders panafricains et caribéens viennent de signer une déclaration des peuples de la Caraïbe pour condamner les propos de Donald Trump. Ils ont déclaré entre autres que le président est devenu un personnage non grata sur le territoire caribéen et se disent prêts à organiser des grandes manifestations populaires pour lui en interdire l’accès.

L’Insertion par l’activité économique « lâchée » par les pouvoirs publics

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En février 2017, le préfet de région proposait aux principaux acteurs du secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE), une stratégie de structuration et de professionnalisation de ce secteur, sous-entendu que cette stratégie faisait défaut. L’objectif était d’arriver à mieux cibler les publics et à améliorer la qualité des actions d’accompagnement et des parcours d’insertion des bénéficiaires.

Il est vrai que la réforme du financement de l’IAE de 2013 a sérieusement perturbé le fonctionnement des petites structures d’insertion qui en ont subi les effets co latéraux. Mais cela n’explique pas tout et notamment pas ceci : Le département de la Guadeloupe, chef de file en matière d’insertion professionnelle s’associe avec la collectivité régionale et l’Etat pour supporter ce dossier majeur. Or, selon les chiffres transmis par la CFTC, le Département aurait engagé 0 euros, au titre du budget 2017, aucune opération nouvelle, juste la fin de liquidation de dossiers datant de 2016. Du coté de l’Etat, après avoir plafonné à plus de 11M€, en 2017, la dotation est réduite à 6,5M€, dont à peine la moitié seront consommés. Enfin pour la Région, le montant reste inconnu à ce jour.

On pourrait presque soupçonner une sorte d’accord entre ces trois partenaires pour contraindre la liquidation de l’instance de représentation de l’IAE par suppression de financement, car aucune structure ne survie sans subsides surtout pas dans le secteur de la formation.

Mais comment en est-on arrivé là. Personne n’a oublié, car ce temps n’est pas si lointain, ou l’Agence départementale de l’insertion (ADI), faisait de la Guadeloupe, le fleuron européen de l’innovation et de la performance de la mise en œuvre des politiques d’insertion. Comment la Martinique qui venait chez nous apprendre à monter des Ateliers Chantiers d’Insertion (ACI) peut-elle faire mieux que nous aujourd’hui? Comment Saint-Pierre et Miquelon, toute petite soit-elle, obtient de meilleurs résultats que nous à l’occasion des appels à projets du gouvernement, « Economie Sociale et Solidaire » (ESS) ?

Alors face à ce constat, pourquoi en décembre dernier, toujours ces trois mêmes protagonistes ont-ils décidé d’organiser le 1er forum de l’IAE, en présence de quelques experts ? … encore un pas en avant dans le désengagement.

L’économie Bleue vire au rouge

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A l’occasion du dernier Salon Nautique de Paris, la Région Guadeloupe est montée au créneau sur l’air maintes fois chanté de « l’économie bleue, une chance pour la Guadeloupe ».

Il est vrai que les thuriféraires du président Chalus se sont aperçus que l’archipel…est au milieu de la mer ! et que la ZEE (bande de mer située entre les eaux territoriales et les eaux internationales) qui s’étend autour, peut éveiller des idées et des convoitises. Il est vrai aussi que criques et anses peuvent abriter des structures de plaisance, hôtelières et aquacoles… mais pour qu’il y ait une économie, il faut des investisseurs, et pour qu’il y a ait des investisseurs, il faut des certitudes juridiques et des facilités administratives. Côté investisseurs, on sait que les îles voisines, comme Sainte-Lucie, ont déjà attiré les millions de dollars des groupes hôteliers chinois qui peuvent faire à peu près n’importe quoi en matière architecturale ou écologique en échange d’investissements énormes. On sait aussi que dans le domaine du transport maritime, le grand Hub maritime de la CMA-CGM a échappé à la Guadeloupe et à la Martinique, avec la complicité de l’agence française de développement pour aller se poser… à la Jamaïque. Pour les paquebots et leurs fameuses escales, c’est Haïti et encore la Jamaïque, qui tirent leur épingle du jeu en mettant à disposition des compagnies américaines, des espaces territoriaux énormes où sont bâtis des villages de tourisme à la créolité de circonstance.

En clair, dans la Caraïbe, les investisseurs sont attirés par une déréglementation en matière sociale, financière et écologique. Alors que c’est l’inverse qui repousse l’investissement institutionnel en Guadeloupe.

Entre la pêche qui s’effondre, le tourisme marin et sous-marin maltraité, l’aquaculture ignorée et méprisée, l’aménagement hôtelier impossible, l’économie bleue de la Guadeloupe n’est pas à la veille de voir le jour.

On aurait pu rêver d’espaces techniques pour la plaisance internationale sur les friches industrielles du port de commerce de PAP. On aurait pu discerner des lodges flottants dans le Grand cul de sac marin. On aurait pu voir une halte de plaisance internationale à Rivière-sens; on aurait pu créer des sociétés de services, des hôtels, des restaurants, des emplois de mécaniciens, informaticiens, cuisiniers… De l’aquaculture, de la Thalassothérapie tropicale… L’économie bleue aurait pu …mais elle sombre dans le rouge.

Et pourquoi pas une femme présidente de la CMAR

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Ils seront finalement 4 candidats à présenter une liste pour tenter de décrocher la présidence de la chambre des métiers et de l’artisanat de la Région. D’autres se seraient bien mis sur les rangs à commencer par Judes Griffard, mais car il y a un « mais », chaque liste doit présenter au moins 35 candidats avec au minimum 4 candidats par secteur d’activité… pas si simple.

Et au final on retrouve presque les mêmes, à commencer par Franck Lasserre, ex-président pour quelques mois. Car en janvier 2017, les élections furent annulées pour irrégularité dans le déroulement du scrutin.

Donc pour ces prochaines élections prévues en janvier 2018, on retrouve sur les rangs les deux candidats malheureux de la dernière fois Simon Vainqueur et Patrick Chouan, chacun tête de liste comme Franck Lasserre qui avait pourtant laissé entendre qu’il ne serait probablement pas en 1ère position…et bien si.

La seule nouveauté, car heureusement il y en a une, c’est l’arrivée d’une 4ème liste, celle de Marie-Dominique Takour. Qui est elle ? Elle fut, lors du 1er mandat de Joël Lobeau, secrétaire du bureau, puis vice-présidente lors du second mandat. Cet artisan dans les métiers de la bouche a inspiré le préfet en ces périodes de trouble puisqu’il l’a choisi pour assurer la présidence de la commission temporaire, tout au long de cette année. Et de toute évidence elle a su faire naviguer le navire qui a poursuivi ses activités notamment de formation et d’accompagnement, dans le calme et la sérénité.

Ne dit-on pas que celui qui est déjà dans la place à une longueur d’avance sur ses adversaires. A suivre.

Josette Borel Lincertin cumule les mandats

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A croire que Josette Borel Lincertin s’est lancée un défi : rattraper le temps perdu d’avant 2004, le temps ou elle ne pouvait prétendre à des postes de présidence ; le monde politique lui étant alors hors d’atteinte.

Ce n’est que lorsque Victorin Lurel l’appelle à ses côtés, lors de sa première campagnedes régionales qu’elle découvre un autre univers qui de toute évidence la séduit au point non seulement de ne plus vouloir le quitter mais de surcroit d’y entrer par toutes les portes, prestigieuses ou plus discrètes..

Ainsi, en faisant un bilan rapide des mandats qu’elle a conquis en 13 ans, qu’elle a gardé ou pas, Josette Borel Lincertin, a été successivement 1ère vice présidente du conseil régional de 2004 à 2015, présidente de Région de 2012 à 2014. En 2008, elle devient 1ère adjointe du député maire Eric Jalton sur la commune des Abymes. En 2015, elle devient présidente du conseil départemental et l’est toujours. En parallèle depuis 2004, elle sera successivement, dans le désordre, Présidente du conseil d’administration du Comité du tourisme des îles de Guadeloupe, Présidente de la Sagipar, une société d’investissement qui intervient dans les PME de Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin, présidente de l’Office de l’Eau Guadeloupe suppléée par Marcel Sigiscar, Présidente du Conseil de Surveillance du CHU de Pointe à Pitre, présidente du Conseil d’Administration de la Maison Départementale de l’Enfance. Et depuis hier, elle vient d’intégrer le conseil d’administration de la SIG. Et ne compte pas en rester là. Lors de la Grande messe sur l’eau mardi soir, avec tous les parlementaires, elle a laissé sous entendre que le conseil départemental pourrait prendre les rennes de cette nouvelle structure unique de l’eau. Quel dynamisme, assorti de quelques défraiements pour accentuer la motivation.

La CANBT « oublie » de présenter son budget primitif

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La communauté d’agglomération du nord Basse-Terre (CANBT) a attiré l’attention du préfet de région, en ne présentant pas son budget primitif de 2017. Cette « omission » a amené le représentant de l’Etat à saisir la chambre régionale des comptes.

Ce budget de la communauté d’agglomération du Nord-Basse Terre est constitué du budget principal, du budget annexe de l’eau, de celui de l’assainissement et enfin du transport. Si l’une de ces composantes n’est pas adoptée dans les délais alors c’est le budget dans son intégralité qui n’a pas été adopté.

Mais la CANBT n’en est pas à son 1er coup d’essai puisqu’en 2016, elle avait « oublié » de voter son compte administratif. Or c’est un sérieux handicap pour réaliser le budget primitif.

Après avoir investigué dans les comptes de la communauté, la CRC considère que le déséquilibre global du budget primitif de 2017, s’élève à -7 millions d’euros et qu’il n’est pas en adéquation avec le plan de redressement préconisé. En effet, depuis 2015, pour atteindre un retour progressif à l’équilibre, la CRC avait fixé, à la CANBT, ce déficit à 4 millions maximum. La chambre estime que cette situation est imputable quasi-essentiellement au budget annexe des Transports dont les recettes sont presque cinq fois inférieures aux dépenses ! Mais la CRC a rappelé à la décharge de la communauté, que celle-ci assume la compétence du transport interurbain par délégation de la région Guadeloupe sans compensation des charges par cette dernière.

La CRC déclare donc recevable la saisine du préfet et propose de régler le budget primitif de 2017 de la CANBT, incluant les 4 budgets.

Les entreprises guadeloupéennes sont-elles insensibles aux handicaps

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Le colloque sur l’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap vient de se dérouler en Guadeloupe, à l’initiative entre autres du MEDEF.

Ainsi les entreprises locales seraient-elles devenues sensibles à l’intégration des personnes handicapées, et pas seulement celles en fauteuil, qui ne représentent que 1%, il y a aussi le handicap sensoriel, comme la surdité, la maladie invalidante, comme le diabète, le handicap psychique, comme la dépression et le handicap mental. En fait la grande majorité des handicaps ne sont pas visibles.  55% des entreprises ne respectent pas la loi de février 2005 sur l’égalité des chances qui fixe à 6% le taux d’emploi de travailleurs handicapés pour les entreprises de plus de 20 salariés. La sanction, qui est de 400 à 600 fois le SMIC horaire pour toute personne handicapée non embauchée, n’est manifestement pas assez dissuasive.

Fin septembre 2017, 2046 demandeurs d’emploi travailleurs handicapés sont inscrits à Pôle Emploi en Guadeloupe, soit 3% de l’ensemble tout public. Ce taux, relativement bas (il est de près de 8% au niveau national) laisse supposer un phénomène de sous-déclaration assez important, notamment chez les jeunes. Naturellement,  les personnes handicapées, présentent des difficultés d’insertion plus fortes que le tout public  (64% sont des demandeurs d’emploi de longue durée) et leurs niveaux de formation et de qualifications sont moins élevés que ceux des demandeurs d’emploi tout public (25 % ont un niveau BAC contre 36%  des DE). A ce jour, plus de 400 personnes sont salariées dans les entreprises privées assujetties, sans compter celles employées par les établissements de moins de 20 salariés, 548 personnes sont employées dans le secteur public et plus de 1100 personnes ont bénéficié d’un service de Cap emploi et  202 contrats de travail ont été signés, auxquels s’ajoutent ceux réalisés par Pôle emploi et la Mission locale.

Pour sa part, la collectivité Départementale relève le défi de «l’accès et l’autonomisation des personnes de toutes capacités». Le Conseil départemental matérialise d’ailleurs son engagement en accompagnant des initiatives comme ce colloque qui permettra, espérons le, aux milieux économiques de s’engager plus en avant dans une politique pro active d’intégration et d’emploi des personnes en situation de handicap en valorisant leur compétence et leur savoir-faire.

Un projet ne doit pas en tuer un autre

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Dans le nord Grande-Terre, la communauté d’agglomération, soutenue par l’Europe qui apporte environ 60% du financement, veut mettre en place une usine centrale de transformation pour fournir en repas, les trois cuisines centrales de la zone : Moule, Morne à l’Eau et Petit Canal.

Ce projet serait entièrement financé sur des fonds publics. L’usine fournira des repas complets à partir de produits locaux issus de la terre mais aussi des élevages et de la pêche, de l’entrée au dessert, en passant par le plat de résistance. Naturellement le volet agro transformation est majeur dans cette initiative. Il n’est pas imaginable de livrer de l’igname ou de la cristophine bruts. Les légumes seront épluchés, coupés, préparés, assaisonnés…

Mais pour trouver des candidats à ce séduisant projet il faudra rassurer les fournisseurs qui savent par expérience que les délais de règlement des collectivités et tout particulièrement des cuisines centrales sont extrêmement longs, six mois en moyenne. Un agriculteur qui accepterait de fournir l’essentiel de sa production à cette « usine » centrale devrait avoir la garantie d’être payé dans des délais raisonnables.

L’autre question qui s’annonce fondamentale c’est celle de la concurrence directe des producteurs des îles voisines. Comment faire pour approvisionner les 60 000 repas nécessaires aux cantines avec notre seule production locale : Impossible !
Dans le nord Grande-Terre, à Saint-François, existe depuis une dizaine d’années une entreprise dont la spécialité est l’agro transformation des produits maraichers. Les produits sont distribués principalement en grande surface sous l’appellation Croq Saveur. L’unité de transformation ne produit malheureusement qu’à 30% de ses capacités, notamment car elle ne trouve pas toujours la matière 1ère qu’elle recherche, ni les points de vente. Par le passé, il lui est arrivé de se rapprocher des cuisines centrales mais les contraintes et les délais de règlement, ne lui ont pas permis de continuer. Aujourd’hui, le propriétaire de Croq Saveur, également président de la coopérative SICAFEL, s’inquiète de savoir où cette nouvelle usine centrale va trouver sa matière première. Probablement en dehors de nos frontières pour compléter ses commandes et surtout acheter à moindre coût, pour assurer sa rentabilité, du moins pour être en équilibre. Une manière d’ouvrir nos portes encore un peu plus sur la concurrence caribéenne qui n’a pas du tout les mêmes contraintes en matière de production et notamment d’utilisation de pesticides que nos agriculteurs, membres de l’union européenne.

Syracuse

Ou en est-on à la chambre des métiers et de l’artisanat de région (CMAR) ?

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Si tout s’est passé très vite à la CCI entre l’annulation et les nouvelles élections, le rythme est bien différent à la CMAR. Les élections ont été annulées en janvier dernier. Une commission provisoire de 5 personnes a alors été nommée par le préfet, dont la fonction première est d’expédier les affaires courantes et ceci jusqu’en janvier 2018, date à laquelle (du 9 au 24) sont programmées les nouvelles élections.

Pour le moment la chambre expédie les affaires « courantes », mais l’absence de présidence empêche la moindre signature de convention avec les institutions, les banques et autres partenaires importants. Les plates forme d’accueil décentralisées lancées par le président déchu Franck Lasserre, sur Vieux-Habitants et Petit-Canal n’ont pu être ni inaugurées ni ouvertes. La convention tri partie entre la région, l’établissement public foncier et la CMAR qui devait permettre à la collectivité régionale de prêter « légalement » les locaux du CFA du Raizet à la chambre et mettre fin à 30 années de squat, n’a pas non plus abouti. A l’inverse toute la partie formation aussi bien au CFA du Raizet qu’à l’URMA de Saint-Claude fonctionne normalement. Et même si une équipe de 5 avec une mission ciblée n’aura jamais le même dynamisme qu’une liste de 25 élus motivés. Pour rappel : en janvier dernier, les juges du tribunal administratif saisis d’une demande d’annulation des élections à la CMAR, relevaient « des irrégularités qui ne permettent pas de garantir la sincérité du scrutin ». Irrégularités commises par la Commission d’organisation des élections, qui a validé des centaines de bulletins non conformes, et des enveloppes d’acheminement manipulées frauduleusement. Enfin, le recensement des votes et la proclamation des résultats ont été effectués dans des conditions irrégulières. Le tribunal a donc donné raison aux deux candidats malheureux à l’origine du recours : Simon Vainqueur et Patrick Chouan. Franck Lasserre, élu président, qui initialement ne voulait pas faire appel, a finalement saisi la cours d’appel de Bordeaux. Laquelle a rendu un arrêt le 13 juin dernier. La liste conduite par Frantz Lasserre a été dédouanée mais la cour confirme l’annulation des élections. Elle écrit que l’écart de 2 000 voix est largement supérieur au millier d’enveloppes douteuses donc cela ne devrait pas entrainer d’annulation mais la cour dit aussi qu’au moment du dépouillement deux des trois membres de la commission n’étaient pas présents, il ne restait que le représentant du préfet. Voilà certes un arrêt peu cohérent qui n’a pas convaincu la liste « Ensemble pour l’artisanat » d’aller devant le conseil d’Etat. Lors des prochaines élections, Franck Lasserre ne sera probablement pas candidat mais sa liste sera sur les rangs, en concurrence avec les deux autres candidats présents lors des dernières élections et pas seulement, car certains sont sortis du bois ces derniers mois et ont déjà montré des velléités de conquête.

Canalisation : le bout du tunnel ?

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Tout est dit quant on sait qu’un kilomètre de canalisation revient à 300 000 euros et que la Guadeloupe compte 3 000 km de réseau.

Donc changer l’intégralité représente une facture de 900 millions !!! Certes la durée d’une vie de canalisation varie de 40 à 70 ans selon le terrain et le matériau utilisé et enfin selon la qualité de l’eau qui circule à l’intérieur. Et oui… même ce dernier point a son importance. Trouver les fuites, car elles sont nombreuses, sur le réseau, reste donc la priorité pour changer les tronçons au fur et à mesure.

Mais au-delà même de lancer ces grands travaux d’Hercule ou plus exactement en simultané, il est important d’initier d’autres pistes de réponse qui ont été évoquées lors du séminaire sur la problématique de l’eau, samedi dernier. Parmi les solutions mises en avant, il y a cet appel d’offre qui vise à changer les compteurs « ancienne génération » plus très fiables contre de nouveaux. Il y a aussi ces nouveaux logiciels pour une présentation plus précise des factures.

Les bailleurs sociaux qui ont déjà l’obligation d’installer des chauffes eaux solaires sur les toits de leurs immeubles, pourraient, par le biais d’un accord passé avec l’office de l’eau, équiper les nouveaux ensemble de citernes collectives destinées à récupérer l’eau de pluie. Enfin autre point positif, la naissance d’une association en Guadeloupe autour de la médiation de l’eau. Celle-ci existe outre Atlantique mais vient s’installer dans notre archipel tant les litiges entre consommateurs et distributeurs sont prégnants.

Alors bien sur des années de non entretien des canalisations, pour des raisons diverses et variées et pas toujours justifiées, continueront à être la problématique majeure, mais si déjà des solutions sont mises en place alors on est sur la bonne voie.

Les assises des Outre-mer … deux ans plus tard

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Rien à dire nos politiques sont d’excellents tribuns.

Lorsque l’on écoute Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, nous vendre les assises, on ne peut qu’être envouté : « permettre à l’Etat de réaffirmer sa détermination à accompagner les outre-mer », « permettre aux outre-mer de se réinventer en territoires d’excellence et d’innovation » et « redonner la parole à ceux qui ne la prennent plus et ont perdu confiance en l’action publique » (…) « Mais quel est donc ce machin administrativo- politique », s’interroge mon confrère et ami Ronan Ponnet. Et il a raison, car si le paquet cadeau est joliment fait, c’est le contenu qui nous importe, à nous insulaires. Ces assises sont-elles les dignes héritières des états généraux de l’outre mer de 2009 ? On pourrait bien le penser car le principe est le même : des ateliers locaux, suivis d’une synthèse nationale. Cette synthèse qui en 2009, avait débouché sur 137 mesures, dont beaucoup sont restées inappliquées. Quand aux conclusions localement, elles devaient être rendues publiques quelques mois plus tard par les présidents des collectivités majeures et on les attend encore. Alors oui si, le procédé est identique, il y a de quoi s’inquiéter et surtout toutes les raisons de ne pas espérer. Au mieux, s’attendre à un catalogue généraliste et flou d’engagements non tenus. Voilà ce qui fait bondir Annick Girardin qui croit dur comme fer aux bienfaits de cette consultation populaire. La première, a eu lieu lundi en préfecture, en présence notamment de la présidente du conseil départemental, Josette Borel Lincertin Laquelle il n’y a pas si longtemps avait menacé de boycotter cette rencontre s’il n’y avait pas de solution proposée pour maintenir les emplois aidés outre-mer. Cette menace a payé puisqu’elle a obtenu le maintien du nombre de contrats en 2017 et en 2018 au niveau de 2016 avec une durée, un volume horaire et des taux de prise en charge par l’Etat, inchangés.

Elle a d’ailleurs souhaité dans le cadre de ces assises, la mise en place d’un atelier spécifique pour réfléchir et proposer des dispositifs d’accès à l’emploi plus efficaces pour l’insertion des jeunes, dans la vie active. Maligne la présidente, il est vrai aussi que cette collectivité est rodée : assises de la famille, assises des personnes âgées… La région à l’inverse, a déclaré forfait. Le président a brillé par son absence tout comme le sénateur Victorin Lurel. Tant pis pour ceux qui manquaient à l’appel, ils n’auront pas pu ressentir cette impression de scepticisme général devant ce dispositif qui avant de faire du bien, va renvoyer à au moins deux ans, les décisions budgétaires urgentes dans des domaines sensibles comme la sécurité et l’emploi des jeunes. Et oui, publication du libre bleu (projets) en mai 2018, puis sélection des projets labellisés, en Guadeloupe, en 2019, et financement réel pas avant 2020 !

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