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Ze Niouz

Les 6 grands travaux de Chalus

Dans la rubrique Gwo kamo

Le président de Région lors de ses vœux aux forces vives a annoncé les grands projets régionaux pour 2018

-Remettre en état nos réseaux de distribution d’eau potable soit 30 M€ supplémentaires dans les prochains 24 mois

-Le barrage de Moreau, 37M€, pour soutenir l’activité durable de nos agriculteurs.

-Le projet de « Bus des mers » : 1M€ pour le lancement d’un nouveau mode de transport innovant et durable

-La construction du nouvel hippodrome Saint-Jacques pour 1,45M€ cette année

-Poursuite des travaux de la cité scolaire de Baimbridge : 10M€ cette année !

-Construction du Marché d’Intérêt Régional, 6M€ pour une meilleure organisation de la production, la distribution et la commercialisation notamment pour les petites exploitations agricoles.

Dossier de l’eau : les élus seraient-ils enfin d’accord ?

Dans la rubrique Analyse et décryptage

L’article publié dans le TI Journal N°129 du 1er février a déclenché des réactions chez certains présidents d’EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale).

Il est vrai que la déclaration de la directrice de l’AFD (Agence française de développement) a pu en froisser quelques uns, qui comptaient sur les financements des bailleurs de fonds pour éviter de piocher dans leur propre caisse. La directrice explique que sa structure ne s’engage que lorsque les comptes des EPCI sont équilibrés ou en passe de l’être ou encore si ces établissements publics démontrent une volonté commune à aller dans ce sens. Et il est vrai qu’en Guadeloupe on est loin du compte. Il y a à peine quelques jours, la CRC a épinglé la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe pour un déficit sur le budget de l’assainissement de 2 millions d’euros et de plus de 5 millions pour celui de l’eau. Et elle n’est pas la seule.

Ce même jour, au conseil régional de Guadeloupe se réunissaient les présidents des deux collectivités majeures, les 6 présidents des EPCI, le Préfet de région et quelques techniciens en charge de ce sujet afin de lancer le plan d’urgence sur l’eau potable.

Naturellement il a été question des déclarations de la directrice qui en réalité n’a fait que s’appuyer sur celles du 1er ministre en visite en Guadeloupe, le 4 novembre dernier. C’est lui le premier qui a rappelé que l’Etat était aux côtés de la Guadeloupe, à condition qu’il y est un consensus entre les élus sur le fameux dossier de l’eau.

Et là rien n’est gagné. Car à cette fameuse réunion jeudi dernier pour lancer le plan d’urgence sur l’eau, il n’a pas été facile de soutirer aux EPCI, les deniers nécessaires pour boucler le budget et principalement à Cap Excellence. Il fut question de « manque de respect », de « manque d’engagements » entre Harry Chalus et Eric Jalton et puis finalement un accord « à l’arrache » a été trouvé et s’est arrêté sur un plan d’action global de 71,4 millions d’euros.

Une baisse de la vitesse fera-t-elle baisser le nombre de morts ?

Dans la rubrique Ce qui nous attend

À compter du 1er juillet 2018, la vitesse sera réduite de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à double-sens, sans séparateur central, soit 400 000 km de route en France. Selon les experts du Conseil national de la sécurité routière dans son rapport du 29 novembre 2013, une réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h, permettrait de sauver environ 350 vies par an.

En effet, cette portion du réseau routier est celle sur laquelle les accidents mortels sont les plus fréquents : en 2016, plus de la moitié de la mortalité routière (55 %), soit 1 911 personnes tuées, est survenue sur les routes bidirectionnelles hors agglomération, majoritairement limitées à 90 km/h. En roulant un peu moins vite, estime les experts, on stoppe plus facilement son véhicule et l’accident a plus de chance d’être évité. Un point sera fait en juillet 2020, pour savoir si cette mesure a réellement fait diminuer le nombre de morts.

Combien ça rapporte 350 décès en moins chaque année ? Selon le magazine Le Point, c’est environ 4,8 milliards d’économie. C’est sans compter évidemment, toutes les contraventions inhérentes à cette baisse de 10km/h que devront payer les automobilistes contrevenants.

Toutefois « À la question : Faut-il réduire la limitation de vitesse sur le réseau routier ? posée par Le Parisien en avril 2015, les Français avaient répondu non à 74 % ! » rappelle Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes. Un résultat à peu près concordant avec le sondage effectué le 1er décembre par Le Point après la révélation de la mesure.

La Guadeloupe sera naturellement concernée. Rappelons que sur l’ensemble de l’outre mer, la Guadeloupe comptabilise le tiers des 158 victimes enregistrées. L’île comptait au 20 décembre 2016, 55 morts sur les routes, soit 15 de plus qu’en 2015. Après avoir connu une forte baisse entre 2012 et 2014, passant de 70 à 40 morts. La Guadeloupe connaît de nouveau une hausse ces trois dernières années.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé de suspendre le permis de conduire en cas d’infractions avec un téléphone au volant. Il a également décidé que les conducteurs contrôlés en cas de récidive de conduite sous l’emprise d’alcool pourront se voir imposer le montage d’un éthylotest anti-démarrage dans leur voiture, alors que près d’un quart des 320.000 automobilistes pris en état d’ébriété sont des récidivistes. Le véhicule pourrait être mis en fourrière (obligation de présenter permis et assurance pour le récupérer) en cas de conduite, justement, sans permis ou sans assurance, ou bien en état d’ébriété. Pour les bonnes nouvelles, dès 2021, un conducteur contrôlé en excès de vitesse de plus de 40 km/h pourrait être autorisé à reprendre le volant, à condition de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un contrôleur électronique de vitesse.

L’insertion côté pile et côté face

Dans la rubrique Ça devait arriver

Il semblerait qu’une partie des opérateurs de l’insertion par l’activité économique, attendent encore d’être payé sur l’année 2017. Pourtant la présidente de la collectivité départementale ne manque pas de répéter que « l’insertion c’est sa priorité ». La réalité, c’est que pour la première fois depuis la création de l’ADI (agence départementale d’insertion) en 1995 qui gérait plus de 4000 emplois CIA/an, que les services départementaux ne réussissent plus à atteindre l’objectif semestriel des 230 contrats.

Concrètement, le PDI (Programme départemental d’Insertion) regroupe l’ensemble de l’offre d’insertion offerte par le Département alors que le PTI (Pacte Territorial pour l’Insertion) est un pacte conclu avec les partenaires pour la mise en œuvre du PDI. Pour la CFTC, il serait devenu très difficile au conseil départemental de faire progresser l’insertion. Dans les faits, depuis juin 2017, il n’y a eu aucune réunion pour le suivi du PDI et du PTI. Malgré cette absence d’analyse et l’évaluation des besoins, en 2018, il a été voté la reconduction du programme et du pacte.

En revanche, il y a une forme d’insertion qui semble se porter à merveille. Elle concerne les proches de nos élus qui trouvent trop facilement un emploi. Pourtant la loi du 15 septembre 2017 rappelle à l’ordre ces « tricheurs ». Il est désormais interdit à l’autorité territoriale d’avoir recours au sein de son cabinet à un emploi familial. Est ainsi proscrit pour les membres de cabinet, le recrutement du conjoint, des parents et des enfants. Dernier «écart» en date car on ne reviendra pas sur les cas de Jacques Anselme ou de Claudine Bajazet pour ne citer que ceux là, c’est le tour de Manuelle Avril recrutée récemment à l’office de l’eau. Or elle est élue départementale et vice-présidente du département. Or le directeur de l’office de l’eau qui l’a recruté, l’a lui-même été par Josette Borel Lincertin, et soumis à son autorité hiérarchique. Or, l’Office de l’eau est un établissement public départemental, dont le conseil d’administration est composé majoritairement d’élus départementaux. Or il semble y avoir un léger problème de déontologie dans ce dossier.

Harry Méphon révélé par son prof de sport

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Harry Méphon est né en 1958 à Aubagne, dans le département des Bouches du Rhône. Ses parents sont guadeloupéens, sa mère institutrice et son père militaire de carrière.

Il emmène sa famille à travers le monde à chacune de ses mutations. Et c’est ainsi qu’à deux ans Harry débarque au Tchad, puis revient à Paris. A l’âge de dix ans, son père arrive au terme de sa carrière et décide de rejoindre son île. Et là, le jeune garçon découvre une famille, qu’il connait en fait très peu. C’est une révélation entre cette vie d’itinérance qu’il a connu jusque là et cette « brochette » de cousins cousines oncles tantes grands parents qui feront désormais partis de son quotidien. Tout comme ses nouveaux amis qu’il garde encore aujourd’hui.

A 15 ans, il réside à Saint-Claude, et étudie au lycée Gerville Réache. Comme tous les adolescents de cette génération, le sport fait parti de sa vie. Mais c’est bien son professeur d’ EPS Jean Martine qui va le révéler. Très vite il décèle le potentiel de ce jeune homme pour l’athlétisme. Et si au départ, Harry n’est pas convaincu, très vite il va se prendre au jeu alors que ses performances ne cessent de progresser ; et Jean Martine de le soutenir et de l’encourager. Aussi trois ans plus tard, pour associer passion et études, il s’oriente vers la carrière de prof de sport. Il est alors invaincu au sprint.

Toulouse, Bordeaux, Paris, il mène de front sa carrière d’athlète et celle de futur prof. Il décroche le record de France universitaire sur 60 mètres mais enchaine aussi les blessures. Une fois sa licence Staps obtenue il revient au pays pour faire son service national et intègre l’éducation. En 82, il est à son meilleur niveau c’est à dire 10ème français sur l’épreuve du 100m. Puis devient aussi entraineur et en 85, il remonte le club Siroco des Abymes, et créé une école d’athlétisme pour déceler les jeunes talents toujours sur très active.

Antoine Chérubin est, à cette époque, son entraineur. Et lorsqu’il devient directeur du CREPS, en 95, il lui confie l’entrainement de ses meilleurs sportifs comme Herman Lomba, sprinter hors pair, que Harry emmène aux J O d’Atlanta en 96.

Mais lui en 95, décide de reprendre ses études, en formation continue, à Paris V puis Nantes et Fouillole pour finalement obtenir un doctorat en sociologie. Il va publier sa thèse sur le thème : « les enjeux des activités physiques et sportives dans la construction d’une culture identitaire guadeloupéenne ». Il rédige également de nombreux ouvrages, des articles et autres travaux d’anthropologie qu’il mène avec le laboratoire de Nantes. Il est aussi l’auteur de l’Anthologie du Sport Guadeloupéen à la demande du conseil régional. Et depuis septembre 2017, il occupe la fonction de directeur du service des sports et de la culture à la Région. Un virage à 90% mais les challenges ne lui font pas peur bien au contraire.

Gwo Kamo

Dans la rubrique Gwo kamo

Les recherches archéologiques plombent les projets
Chaque année, les archéologues réalisent entre 2 et 4 fouilles préventives avant le lancement de grands projets de construction. Des fouilles longues, qui s’étendent en général sur plusieurs mois. Aussi, la direction de l’archéologie de Basse-Terre conseille aux porteurs de projets de s’adresser d’abord à elle pour être sur que leur futur lieu d’investissement ne sera pas susceptible en amont d’être fouillé comme ce fut le cas pour l’agrandissement de la prison de Basse-Terre, du Palais de justice, et de bien d’autres. La Guadeloupe a plus de 4000 ans d’occupation humaine et elle a laissé des traces dans nos sols.  

9 ans après le LKP où en est-on ?
L’accord Bino sur les salaires a été signé le 26 février 2009, puis un second le 4 mars. 9 ans plus tard, le LKP dénonce le fait que ce dernier accord n’a jamais été mis en œuvre dans des domaines comme la gestion de l’eau, l’insertion, la formation des jeunes et 
l’arrêt des discriminations, l’encadrement des prix des produits de 
première nécessité et des carburants, la production agricole, la protection des terres, l’identité culturelle ou encore la santé et l’éducation. Le LKP accuse les élus locaux, les préfets et gouvernements successifs d’avoir fait front commun pour éviter sa mise en application.

Les limites de la télé déclaration
Les agriculteurs en ont fait les frais : la télé déclaration c’est formidable, mais si une anomalie se glisse dans le système alors tout est bloqué. C’est exactement ce qui s’est passé pour la déclaration des demandes d’aides agricole au titre de la politique agricole commune pour l’année 2017. L’indemnité compensatoire de handicaps naturels suite au passage des deux cyclones sera versée avec un décalage de plusieurs semaines… un peu vague comme délais.

Le CIPPA n’y croit pas

Dans la rubrique Gwo kamo

La bonne nouvelle citoyenne de ce début d’année, c’est naturellement l’accord passé entre les six présidents des communautés d’agglomération, le département et la Région sur l’épineuse question de l’Eau.

Ils se sont engagés à financer à hauteur de 71 millions d’euros, sur deux ans, des travaux d’urgence pour mettre, disent-ils, un terme aux tours d’eau. Seul le CIPPA (Comité d’Initiative pour un Projet Politique Alternatif) ne se réjouit pas. Il rappelle que dans un rapport intitulé : Un Schéma Directeur pour la Gestion des Eaux en Guadeloupe (SDAGE) paru en 2009, et rendu public par la DIREN, tout a été dit et écrit : « (…)Le SDAGE préconise d’aller vers un regroupement des structures de production et de distribution d’eau potable afin d’optimiser les investissements à réaliser et de favoriser une solidarité à l’échelle du territoire. Le programme d’actions à mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs du SDAGE a été évalué à 641 millions d’euros. (…) Sa réalisation s’étalera dans le temps avec une priorité d’investissements de 346 millions d’euros d’ici 2015. 90 % du montant des investissements concernent les travaux d’assainissement des eaux usées domestiques et les travaux de gestion quantitative de la ressource en eau (…) ». Bien sur, si les délais avaient été respectés depuis 2009, le problème de l’eau serait quasiment résolu.

La Région cherche le chemin de la rigueur

Dans la rubrique Analyse et décryptage

Pas plus tard que lundi la Région envoyait un communiqué à la presse. L’objectif : « rappeler certaines structures de formation à une gestion financière et administrative plus rigoureuse et plus responsable ». Il est vrai que la collectivité est dans son bon droit. En 2016, elle a versé 200 000 € au CFA (centre de formation d’apprentis) Jean Belloc, au titre de la régularisation des charges sociales et fiscales, lui évitant ainsi une liquidation judiciaire, puis 400 000 euros en 2017. Globalement, sur ces deux dernières années, la Région a consacré à l’apprentissage plus de 11 millions d’euros en termes de dépenses de fonctionnement (programme de formation, accompagnement social des apprentis, indemnités compensatrices versées aux employeurs) et plus de 550 000 € au titre des dépenses d’investissement. En contrepartie nombreux sont les CFA, bénéficiaires de ces subventions régionales, qui oublient de rendre des comptes à la Région en ne produisant pas dans les délais les bilans d’exécution des subventions perçues. La région exige donc une gestion administrative et financière plus rigoureuse mais montre-t-elle l’exemple ?

Lorsque le syndicat CFTC obtient en juillet dernier devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux, à la fois l’annulation de la nomination du directeur général des services de Guadeloupe Formation, et le prononcé d’une déclaration d’illégalité sur le fait que les agents ne pouvaient ni relever, ni bénéficier de contrats de droit privé, on est en droit d’exiger de la rigueur aussi à ce niveau. En réponse Ary Chalus, président de Région, délibère avec son conseil pour créer un EPIC formation. Voilà une démarche très risquée. Pourquoi ? La création d’un EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) exige une autorisation spéciale. En effet, lorsque son prédécesseur Victorin Lurel lance un EPA (Etablissement public administratif), il suit la procédure. C’est-à-dire qu’il demande à l’Assemblée Nationale de lui accorder une habilitation pour le faire. Il l’obtient pour deux ans comme le veut la loi. Cette habilitation lui permet de légiférer en matière de formation et donc de créer l’EPA. En aucun cas cette dérogation ne lui permet de modifier le code de la fonction publique. Et le personnel relève du droit public. Pour créer son EPIC, la région avait l’obligation de demander à nouveau une habilitation devant l’ A.N. ce qu’elle n’a pas fait. Il n’a donc pas d’existence légale d’une part et ensuite son personnel contrairement à la réalité, doit obligatoirement relever du droit public. Bref, la collectivité va devoir revoir sa copie et faire preuve de… rigueur comme les autres.

Onze vaccins contre trois

Dans la rubrique Ce qui va changer en 2018

Onze vaccins, contre trois jusqu’à présent, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C s’ajoutent aux trois déjà obligatoires, regroupés sous l’appellation « DTP » : diphtérie depuis 1938, tétanos depuis 1940 et poliomyélite depuis 1964. Ces onze vaccins seront indispensables à l’enfant pour être admis en collectivité (crèche, école…) mais représentent dix injections sur 2 ans. Et pour laisser un temps d’adaptation, les premières vérifications n’auront lieu qu’à partir du 1er juin 2018. L’argument premier des autorités de santé est la baisse du taux de couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies. « Il y a eu vingt décès de la rougeole depuis 2008. C’est important d’augmenter la couverture vaccinale pour que ces drames, si facilement évitables, ne surviennent plus en France« , a estimé Daniel Lévy-Bruhl, de l’agence Santé Publique France, en décembre dernier.

Ces vaccins obligatoires seront pris en charge à 65% par l’Assurance maladie, sauf le ROR, pris en charge à 100% pour les mineurs. Surcoût pour la Sécurité, environ 12 millions d’euros, selon le ministère. «Nous laisserons évidemment le temps aux familles de se mettre en ordre de marche car il est hors de question de pousser les gens à vacciner dans l’urgence», a dit Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. «Mais, l’idée c’est que les 15% des enfants (non vaccinés) qui mettent en danger les autres et qui favorisent la réémergence d’épidémies pour lesquelles il y a des morts aujourd’hui se mettent en ordre de marche pour protéger le reste de la population». Initialement, les parents récalcitrants encouraient en théorie jusqu’à six mois de prison et 3.750 euros d’amende. Mais la ministre assure ne pas vouloir axer sa politique sur la répression. Il est vrai que 41% des Français interrogés pour une étude internationale de 2016 estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, un record mondial. Les « anti-vaccins » les jugent dangereux (notamment en raison de leurs adjuvants, particulièrement l’aluminium) et se méfient des laboratoires, accusés de privilégier la rentabilité à la santé des enfants.

Retrouvons la voie du bon sens et l’AFD suivra

Dans la rubrique Ça devait arriver

L’Agence Française de Développement n’aidera pas les élus à régler le problème de l’eau si elle n’a pas de garanties sérieuses ou du moins le sentiment d’un « grand ménage », d’un vrai consensus et d’une implication globale des politiques.

Odile Lapierre, la directrice de l’AFD Guadeloupe a tenu lundi dernier une réunion « état des lieux » avec ses techniciens, pour présenter aux élus, la situation concrète en matière de réseaux d’eau potable. Alors que deux semaines plus tôt, tous nos politiques se sentaient investis par cette mission, aucun élu d’une seule communauté d’agglomération n’était présent, sinon Marie-Galante. Un clin d’œil à ce territoire qui, s’il est dans la nasse sur de nombreux dossiers, est le seul à assurer une gestion saine de l’eau et à afficher un bilan équilibré… Sa distance avec la Guadeloupe continentale et son obligation à gérer seul, l’épargne des turpitudes et incohérences en matière de gestion de l’eau.

Le rôle de l’AFD est de soutenir, stimuler le développement politique et économique, en accompagnant tous les acteurs publics en Guadeloupe. Elle utilise deux outils pour la mise en œuvre des politiques publiques locales : des prêts aux collectivités locales (PCL), et le préfinancement des subventions européennes (PS2E). En contre partie, sur ce dossier, l’AFD a une et une seule exigence : que les communautés d’agglomération présentent un bilan équilibré sur l’eau. Or aucune n’est en capacité de le faire. Pour Odile Lapierre, inutile de cumuler des études et des études qui arrivent toutes aux mêmes conclusions, il faut juste du bon sens. « Les subventions ciblent majoritairement les unités de production et le stockage, or le vrai problème, on le sait tous, est au niveau des réseaux et des compteurs. Un seul chiffre pour illustrer : 50% de l‘eau est perdue sur le réseau. Et si on ne fait pas un grand ménage, si on ne supprime pas un certain nombre de régies, si on ne limite pas la gabegie, si la gouvernance reste mauvaise… je ne pourrais, ni ne voudrais engager les bailleurs de fonds et l’Etat. Plus les années passent et plus la situation est catastrophique, malgré les subventions, et malgré le fait que la production d’eau reste supérieure aux besoins. Une seule solution : il faut tout nettoyer et repartir à zéro et c’est le travail des politiques. » Au delà de ce constat, il faut naturellement rétablir la confiance des consommateurs qui rechignent à payer un service qu’ils n’ont plus. C’est l’étape suivante. Pour le moment restons attentif à la manière dont concrètement les communautés de communes vont gérer ce problème.

Il sera toujours temps ensuite de passer à la gestion des déchets…

Un professeur influent

Dans la rubrique « Ce qui a changé ma vie »

Max Etna est né en 1950 à Marie-Galante, alors que son père est directeur de l’école communale de Capesterre. Deux ans plus tard, il rejoint Matouba, Saint-Claude.

Max va grandir au cœur d’une fratrie de 7 enfants et assumer son rôle d’ainé. Il se souvient de la dégustation du verre de lait, distribué aux enfants, à l’heure de la récréation sur décision nationale de Pierre Mandes France alors président du conseil. Il se souvient des grands voyages transatlantiques sur le paquebot Antilles à l’occasion des congés administratifs. Il se souvient aussi des parties de chasse à la tourterelle avec son père, de son adolescence à Saint- Robert dès 1966, et de la messe dominicale où il officiait comme enfant de coeur auprès du père Flauvert. Il n’oubliera pas sa scolarité rigide sous la férule d’un père qui imposait à ses propres enfants comme à ses élèves une discipline de fer, compensée par la tendresse d’une mère attentionnée. Et en 69, Max obtient son bac. Il intègre le centre d’étude supérieur littéraire (CESL) à Baimbridge puis l’année suivante s’inscrit à la faculté de lettres et sciences humaines à Rouen. Mais sa vocation pour l’histoire et la géographie est déjà bien ancrée. Elle s’est révélée en seconde, au contact de son professeur, M. Daillat qui a fait de lui un géographe en herbe. Et c’est tout naturellement, qu’il devient professeur d’histoire géographie en 1974. Il enseigne d’abord au lycée Gerville Réache puis à Lille. C’est alors que le président de région de l’époque, José Moustache l’appelle. Trois mois plus tard, José Moustache est battu et Félix Protot lui succède et intègre Max Etna à son cabinet politique. Selon le géographe, c’est bien cet homme qui va lui donner toutes ses chances de réussite en l’investissant de la responsabilité de nombreux dossiers d’importance, alors que se mettent en place la décentralisation et le pouvoir régional. Il s’est notamment agit de lancer la 1er plan de développement régional, les programmes européens, le contrat de plan (89/93) et le schéma d’aménagement régional (SAR).

Entre 92 et 98, il assure la fonction de chef de mission de la coopération régionale. Puis il demande et obtient sa réintégration dans son corps d’origine l’éducation nationale et devient chargé de mission auprès du recteur et géographe Jean-Pierre Chardon.

En 2004 après avoir mené bataille aux côtés de Victorin Lurel il est nommé directeur de cabinet adjoint jusqu’en 2010. Au delà de sa carrière professionnelle, le géographe s’intéresse aux lieux et aux hommes. Il est d’ailleurs l’auteur de très nombreux articles et ouvrages. « Mots et Parcours » sera publié en 91. Un abécédaire sur les lieux emblématiques, tel qu’il les a vécu. Quelques années plus tard, en 1998, il consigne son témoignage sur l’éruption de la Soufrière Hills à Montserrat. En 2004, « Le voyage en Guadeloupe » est, dit-il, l’ouvrage clef qui le fait entrer de plain pied dans l’univers de l’écriture vers le grand public. Il publiera à son retour de deux années en Thaïlande, « journal d’un créole en péninsule indochinoise » alors qu’il vient de coécrire une encyclopédie sur les climats de Guadeloupe. Bref, la géographie l’accompagne au quotidien même dans ses fonctions de directeur adjoint du parc national.

Gwo Kamo

Dans la rubrique Gwo kamo

Un départ … inattendu
Jean-Gabriel Quillin est l’emblématique directeur de Routes de Guadeloupe. Il arrive en 2007 comme directeur adjoint puis comme directeur à partir de 2010. Emblématique car depuis son arrivée à la tête de la structure, les choses roulent plutôt bien. Il dirige plus de 250 personnes réparties entre le siège, 5 Agences territoriales et 9 centres d’exploitation, qui oeuvrent à la gestion, l’exploitation et l’entretien des routes de Guadeloupe.

Alors est-il lassé, blasé, lui a-t-on demandé de quitter sa fonction, l’histoire ne le dit pas encore, mais il semblerait que Jean-Gabriel Quillin quitte très prochainement son poste pour rejoindre le service du développement numérique à la collectivité régionale.

Les vœux au personnel… Chacun son style
A la Région, à l’occasion de la présentation des vœux aux administratifs, les représentants du personnel ont la parole. Pas au département, c’est le directeur général qui parle en leur nom. Pas Top pour le dialogue social diront certains. D’autant que récemment l’exécutif a envoyé un courrier à l’ensemble des agents départementaux, dans lequel elle reproche aux syndicats de vouloir entraver le fonctionnement de la collectivité. Allez embrassez-vous !

Harcèlement sexuel en milieu sportif
L’initiative du club la Gauloise de Basse-Terre est certes en lien avec l’actualité mais ô combien importante car la Guadeloupe n’est certainement pas épargnée. Des entraineurs à la main baladeuse, il en existe sur tous les continents. Aussi le 2 février à 18h30 au siège du club, des intervenants spécialisés aborderont avec vous, sans tabous, le sujet!

Les communes contaminées

Dans la rubrique Gwo kamo

Le rapport d’expertise de l’ANSES donne la liste des communes classées en zone contaminée par la chlordécone en Guadeloupe : Gourbeyre

Trois Rivières

Saint Claude

Goyave

Capesterre-Belle-Eau

Baillif

Vieux Habitants

Petit Bourg

Baie-Mahault

Basse Terre

La fédération du bâtiment ne se fera pas « roulée dans la farine »

Dans la rubrique Analyse et décryptage

La construction du nouveau CHU (600 millions de travaux) a fait l’objet récemment d’une réunion en préfecture avec le représentant de l’Etat pour mettre les choses au clair et notamment sur la répartition des marchés, qui de prime abord semblait échapper aux entreprises locales.

Au cours de cette rencontre avec les professionnels, certains représentants syndicaux, les responsables des collectivités majeurs et autres acteurs incontournables, quelques idées ont été retenues voire actées.

Toutefois, la Fédération régionale du bâtiment et travaux publics (FRBTP) n’entend pas en rester là.  Et le 4 janvier dernier, son secrétaire général Jean-Luc Tros, a fait parvenir un courrier à Eric Maire, préfet de région, dans lequel il expliquait que « la FRBTP ne saurait se satisfaire des débats récents et de la mise en place d’un comité de pilotage qui comme chacun le sait n’a pas d’autorité et encore moins force de moi (…) il ne suffit pas d’allotir les prestations d’un marché public pour prétendre avoir respecté la réglementation du code des marchés sur l’allotissement. » Et l’auteur de préciser que le lot D qui regroupe 29 corps d’état aurait pu être divisé en 7 lots sur le plan technique. Et il met en doute que le maitre d’ouvrage au stade de l’appel d’offre soit en mesure de justifier que le regroupement de ces 29 prestations engendre une réduction significative du coût. La fédération considère que les prestations sont trop différentes pour les regrouper en un seul lot. Il dénonce aussi et surtout le chiffre d’affaire minimal de 200 millions d’euros, exigé pour l’entreprise qui aurait en charge le lot D.

Et de rassurer son correspondant que le but de sa démarche n’est pas de quereller cet appel d’offre (on aurait pourtant pu le croire). Non, l’objet de sa démarche c’est carrément de remettre en cause la réglementation nationale et européenne pour l’adapter au contexte local.

Il souhaite que soit possible de cumuler les C.A. de toutes les entreprises qui se regrouperaient dans chacun des lots, après dislocation du lot D, pour atteindre les 200 millions non pas sur un an mais sur 4 ans, tout en évitant qu’un même titulaire ait plusieurs lots en même temps.

Dernier point qui fait bondir, à juste titre, l’auteur de la lettre, il s’agit d’une clause qui précise « l’hôpital s’autorise par la suite à construire un nouvel hôpital sans publicité et sans mise en concurrence pour des prestations similaires » Il y a effectivement de quoi réagir

Syracuse

Une décennie pour résoudre l’indivision

Dans la rubrique Ce qui va changer en 2018

Lorsqu’une personne meurt, ses biens (maison, terrain) sont alors placés sous le régime de l’indivision et pour les vendre, cela implique l’accord unanime de tous les héritiers qui exercent collectivement les droits de propriété sur ces biens.

Ce régime qui en principe n’a pas vocation à se prolonger est d’abord destiné à protéger les droits de chacun tant que le partage n’est pas devenu effectif et cela peut durer longtemps très, très longtemps. A Saint-Claude, par exemple, entre 21 et 25% du centre-ville est en indivision et c’est le cas dans de nombreuses communes de Guadeloupe et de Martinique, où 40% des propriétés privées sont en indivision. Probablement davantage que dans l’Hexagone, du fait de l’explosion des familles dont certains membres ne se sentent plus toujours attachés à leur île. Des maisons qui s’écroulent et servent de repères aux délinquants.

Aussi, Serge Letchimy, député martiniquais et urbaniste de profession, a demandé que l’indivision ne soit plus réglée par un vote à l’unanimité des héritiers mais à la majorité simple. Il suffirait d’avoir l’accord de 51% des héritiers et non plus de 100% pour procéder à la vente. Un dispositif transitoire et unique pour l’outre-mer, testé sur une période de dix ans pour voir si ça marche. Le député a fait sa proposition à l’assemblée nationale qui va l’examiner. Mais d’ores et déjà, la commission des lois a voté la proposition à l’unanimité et elle semble bien avoir l’aval du gouvernement. En attendant, l’indivision provoque le gel d’un foncier rare et cher sur les îles. Les marges de manoeuvre des communes, qui sont dans une dynamique de réappropriation des biens privés pour la construction ou l’amélioration de l’habitat sont très faibles. » Cette nouvelle loi permettrait notamment aux collectivités de sortir de cette impasse foncière.

Marie-France Grugeaux-Etna 

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